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Politique - Explosion au port

Geagea déconstruit l’argumentation de Nasrallah décrédibilisant Tarek Bitar

Selon le chef des FL, des cadres du Hezbollah avaient demandé aux personnalités poursuivies par le juge de ne pas comparaître devant lui.

Geagea déconstruit l’argumentation de Nasrallah décrédibilisant Tarek Bitar

Le chef des FL a mis au défi le leader du Hezbollah de donner des preuves concrètes de ses accusations contre Tarek Bitar. Photo Aldo Ayoub

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est attelé hier à déconstruire l’argumentation qu’a développée samedi le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, pour décrédibiliser l’enquête menée par Tarek Bitar, le juge chargé d’instruire l’affaire de l’explosion dévastatrice d’un stock de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth, le 4 août 2020, lorsque le chef chiite avait pointé du doigt une politisation du dossier.

Au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée en fin de matinée à Meerab, le leader chrétien a repris une par une les idées formulées par Hassan Nasrallah pour lui renvoyer les accusations de politisation, alors que l’enquête piétine à cause d’une levée de boucliers politique contre les poursuites engagées par M. Bitar contre des anciens ministres, aujourd’hui députés, et des chefs de services de sécurité.

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Si Samir Geagea a démontré l’absence de tout fondement concret aux accusations lancées par le chef du Hezbollah contre le magistrat, il a évité d’analyser, voire d’aborder même superficiellement les motifs qui expliquent l’attaque du leader chiite contre Tarek Bitar. En ce faisant, le chef des FL a sans doute voulu esquiver ce qu’il a reproché à Hassan Nasrallah, tout au long de son intervention qu’il a voulue technique : le procès d’intention et l’immixtion dans une affaire aux mains de la justice, même s’il a fait état d’une intervention directe du Hezb auprès des personnalités que le juge Bitar souhaite entendre pour leur demander de ne pas comparaître devant lui. Et par la même occasion, il a voulu mettre en relief la gravité des faux pas que la formation chiite a récemment multipliés puisqu’il a consacré une partie de sa conférence de presse à ce qu’il a appelé « l’axe Chouaya-Bkerké » en référence à l’incident provoqué par l’attaque aux roquettes, vendredi, du Hezbollah contre Israël à partir de ce village de Hasbaya, ainsi qu’à la campagne lancée par ses partisans contre le patriarche maronite Béchara Raï. Ce dernier avait plaidé pour le respect de l’accord d’armistice de 1949 entre le Liban et Israël et appelé l’armée et la Finul à empêcher les tirs de roquettes contre le territoire israélien (voir par ailleurs).

« Le Hezbollah a dépassé les limites »

D’emblée, le chef des FL a expliqué en substance que c’est parce que le Hezbollah a « dépassé toutes les limites en l’espace de quelques jours » qu’il a voulu s’exprimer alors qu’il s’était « promis de ne pas entrer dans des polémiques médiatiques, parce que les Libanais ont d’autres soucis » en ces temps de crise. « L’attaque contre le magistrat était d’une violence inouïe. Je ne veux pas sauter aux conclusions, mais certains points évoqués par sayyed Nasrallah doivent être décryptés dans le calme », a-t-il affirmé, avant de révéler que « des cadres du Hezbollah, et cela nous le savons parfaitement, ont pris contact avec un grand nombre de ceux qui ont été convoqués par le juge Bitar, surtout parmi les hauts fonctionnaires, pour leur demander de ne pas comparaître devant lui ».

Samir Geagea a disséqué plusieurs éléments sur lesquels le chef du Hezbollah avait bâti son réquisitoire, en commençant par le fait que Hassan Nasrallah avait mis Tarek Bitar au défi de révéler les conclusions du rapport technique et scientifique sur les causes de l’explosion au port. « (...) N’êtes-vous pas au courant du secret de l’instruction ? (…) Tout ce que vous réclamez aujourd’hui, vous allez l’avoir dans l’acte d’accusation qui devrait paraître dans deux ou trois mois », a-t-il dit à l’adresse de son adversaire politique.

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Une cabale qui en dit long

Il a ensuite reproché à Hassan Nasrallah d’avoir lui-même déduit que Tarek Bitar « ne voulait pas que la vérité soit connue » sur l’explosion au port parce qu’« il est de connivence avec les compagnies d’assurances qui devraient débloquer 1,6 milliard de livres aux sinistrés si le rapport technique est publié ». « Nous aimerions avoir une preuve concrète, même minime, sur ce point, sans compter que les compagnies d’assurances devront tôt ou tard payer. Je ne suis pas en mesure de vous contredire ni même d’être d’accord avec vous en l’absence de preuves », a-t-il martelé.

Samir Geagea s’est ensuite indigné de ce que le chef du Hezbollah a « monté les familles des victimes contre le juge pour l’amener à révéler le contenu du rapport technique et à expliquer les causes de l’explosion » et s’est offusqué de ce que le leader chiite a demandé à ce dernier de faire ces révélations « pour qu’on sache quoi faire avec les responsables de cet acte ». « Vous voulez faire quoi au juste ? Ces personnes devraient être jugées conformément aux lois devant la cour de justice », a-t-il commenté, avant de critiquer les propos de Hassan Nasrallah sur « l’unité des critères » sur base de laquelle Tarek Bitar « est supposé fonder son enquête, selon le leader chiite » et sur « les poursuites sélectives » engagées par le magistrat. Il lui a de nouveau demandé de fournir « des éléments de preuve crédibles ». « Faut-il poursuivre tous les anciens chefs de gouvernement et ministres ou tous les magistrats ? » a-t-il ironisé, en rejetant l’accusation d’« enquête politisée » lancée par Nasrallah contre Tarek Bitar « tant que l’acte d’accusation n’a pas été publié », et en soulignant qu’il ne défend personne, « du président de la République jusqu’au plus petit fonctionnaire ». « Tous doivent comparaître devant le juge si des soupçons pèsent sur eux », a-t-il fait remarquer en laissant entendre que Hassan Nasrallah donne l’impression de ne pas vouloir une enquête sérieuse sur l’explosion au port.

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M. Geagea a clôturé sa conférence de presse sur la tentative parlementaire de soustraire les trois députés poursuivis par le juge en leur qualité d’anciens ministres à l’époque des faits, Ali Hassan Khalil, Ghazi Zeaïter et Nouhad Machnouk, à la procédure judiciaire à travers la signature d’une pétition pour qu’ils soient jugés devant la Haute Cour ad hoc. Il a expliqué en substance que le seul objectif de cette initiative est de s’assurer qu’ils ne seront à aucun moment interrogés sur leur responsabilité au niveau de l’entrée ou du maintien du stock de nitrate d’ammonium au port.


Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, s’est attelé hier à déconstruire l’argumentation qu’a développée samedi le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, pour décrédibiliser l’enquête menée par Tarek Bitar, le juge chargé d’instruire l’affaire de l’explosion dévastatrice d’un stock de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth, le 4 août 2020,...

commentaires (2)

Bravo hakim … vous avez été le seul à lui répondre exactement comme il le comprendrait .. où sont les fameux soi-disant révolutionnaire (Samy gemayel et yacoubian) et où sont les fameux défenseurs des chretiens? Hakim continuer vous avez toute une population derrière vous !!! ÇA SUFFIT

Bery tus

14 h 23, le 11 août 2021

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Commentaires (2)

  • Bravo hakim … vous avez été le seul à lui répondre exactement comme il le comprendrait .. où sont les fameux soi-disant révolutionnaire (Samy gemayel et yacoubian) et où sont les fameux défenseurs des chretiens? Hakim continuer vous avez toute une population derrière vous !!! ÇA SUFFIT

    Bery tus

    14 h 23, le 11 août 2021

  • Malheureusement chez toute personne, DE la nécessité politique , souvent naît la nécessité du CHARLATANISME , seule et unique principe du FÉLON qui agit par PERFIDIE et par NUISANCE continu. A vouloir prendre les armes les uns contre les autres est une politique d’impotent : elle sera marquée par la CONTINUATION de l’instabilité politique, du système juridique faible, de la corruption endémique et d’une faiblesse généralisée des capacités administratives . A long terme, c’ est un principe PERDANT . Toute politique d'ILLUSIONS est une politique fatale, qui conduit à la décadence. Plutôt que de s’insulter nous devons APPRENDRE / SE COMPRENDRE et vivre ensemble ( est ce qu’on a un autre choix ???). Dire UN jour, tout sera bien, faire RÊVER les hommes c’est le moyen le plus sûr de les tenir ENDORMIS : le rêve les maintient RÉVEILLÉS et leur donne l'illusion d'être ÉVEILLÉS , tandis que les désillusions c’est le DÉSESPOIR . On ne regarde pas devant soi dans un RÉTROVISEUR.

    aliosha

    11 h 21, le 11 août 2021

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