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Nos lecteurs ont la parole

Demain est un autre jour

La honte.

Al-aar, un an après… Al-aar !

Et ce film d’horreur qu’on ressasse consciemment ou inconsciemment, ces gestes d’automate, ces regards fiévreux, cette posture brisée, ces morceaux en nous, de nous, qu’on essaye vainement de recoller et qui se détachent à force d’être manipulés… et nous en sommes encore là un an après ?

Nos morts ne reposent pas en paix, leurs âmes errent sur le port, à la recherche de leurs restes, enfouis dans la conscience des coupables, ces meurtriers dégénérés qui nous gouvernent… Nos blessés gisent encore, comateux, dans des hôpitaux de fortune ; d’autres se cramponnent à cette triste vie, sacrifiés de leurs membres, en quête d’humanité, sans soutien psychologique, sans soutien matériel, l’oubli en devenir…

Et il reste nous, nous, coupables d’être vivants, mais survivants détruits dans nos âmes… Nous les survivants-fourmis qui nettoient, restaurent, reconstruisent avec dignité, bravoure et résilience pour honorer encore et encore ce Phénix, comme ces roseaux qui plient et ne rompent pas.

Nous les sacrifiés de quinze ans de guerre, valeureux bâtisseurs qui défient toutes les après-guerres et faux répits et qu’on taxe de flambeurs, veilleurs et bons vivants superficiels parce que nos veines lacérées abhorrent la défaite et honorent la vie.

Nous qui, aujourd’hui, à force de subir et de nous relever, arrivons à croire que c’est la norme et que le cauchemar pour nous est une fatalité.

Mais attention ! Attention, il n’y a de pire qu’une victime martyrisée qui se redresse, qu’un peuple meurtri qui se soulève, que la lionne qui cherche ses lionceaux dans la brume…

Demain est un autre jour.

Halla’, la wein ? Aal hourriyyé !

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

La honte.Al-aar, un an après… Al-aar ! Et ce film d’horreur qu’on ressasse consciemment ou inconsciemment, ces gestes d’automate, ces regards fiévreux, cette posture brisée, ces morceaux en nous, de nous, qu’on essaye vainement de recoller et qui se détachent à force d’être manipulés… et nous en sommes encore là un an après ? Nos morts ne reposent pas en paix, leurs âmes errent sur le port, à la recherche de leurs restes, enfouis dans la conscience des coupables, ces meurtriers dégénérés qui nous gouvernent… Nos blessés gisent encore, comateux, dans des hôpitaux de fortune ; d’autres se cramponnent à cette triste vie, sacrifiés de leurs membres, en quête d’humanité, sans soutien psychologique, sans soutien matériel, l’oubli en devenir…Et il reste nous, nous, coupables d’être vivants, mais...
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