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Économie - Transactions

Porte-monnaie électroniques : trois entreprises visent les Libanais non bancarisés

La Banque du Liban a autorisé en juin les services de porte-monnaie électronique pour toute la population libanaise, y compris sa moitié non bancarisée. Trois entreprises, dont Areeba et Pinpay, attendent désormais le feu vert de la banque centrale pour ouvrir leurs applications à ce nouveau marché.

Porte-monnaie électroniques : trois entreprises visent les Libanais non bancarisés

L’application Hawele a été lancée en juillet par le spécialiste du paiement mobile de factures de compte à compte Pinpay. Photo P.H.B.

C’est une petite révolution. Depuis la publication par la Banque du Liban (BDL) de la circulaire n° 588 en juin, toute la population libanaise, y compris sa moitié non bancarisée, peut désormais, en théorie du moins, avoir accès à un « porte-monnaie électronique ». Ce dispositif, déjà autorisé dans de nombreux autres pays, permet de stocker de la monnaie sur un support électronique – comme la puce d’un téléphone mobile, ou à distance sur un serveur, via un compte en ligne – et de réaliser des transactions sans utiliser de compte bancaire. Cet outil représente une alternative à l’utilisation d’espèces pour les achats auprès de commerçants, le paiement des factures ou les virements à des particuliers, quasi généralisée depuis l’instauration par les banques en octobre 2019 d’un contrôle des capitaux informel.

Cette nouvelle régulation fait suite à la circulaire intermédiaire n° 539 adoptée en janvier 2020, amendant la circulaire de base n° 69 publiée en 2000, qui avait pour la première fois autorisé ce type de dispositif, sans mentionner clairement le terme de « porte-monnaie électronique », mais limitait ces transactions aux détenteurs de comptes bancaires.

Retraits en espèces

La nouvelle circulaire autorise ainsi les détenteurs de porte-monnaie électroniques à les approvisionner ou à effectuer des retraits en espèces, via le réseau physique d’une entreprise partenaire comme une banque ou une société de transfert d’argent, en plus de la réalisation de ces opérations via leur compte ou une carte bancaire.

Ces porte-monnaie peuvent être libellés en livres libanaises ou en devises. Les plafonds autorisés pour les transactions en monnaie locale ont été relevés en juin, à un million de livres libanaises par jour pour les envois d’argent et deux millions pour la réception ; et 10 millions par mois pour les envois et 20 millions pour la réception. Concernant les devises, la circulaire n° 539 fixe les plafonds à 300 dollars par jour ou 3 000 dollars par mois, ou l’équivalent dans une autre monnaie. Les entreprises souhaitant bénéficier de plafonds plus élevés doivent en faire la demande auprès de la BDL.

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« La circulaire n° 588 va doper le nombre d’utilisateurs de porte-monnaie électroniques », se félicite Maher Mikati, PDG d’Areeba, filiale du groupe M1. Le spécialiste des technologies de paiement a été le premier à obtenir une licence en avril 2020 pour le lancement en septembre de son service Zaky. L'application prélève une commission de 0,5 % sur chaque montant abondé par carte sur le e-wallet. Les transactions entre e-wallles détenus par des particuliers sont ensuite, elles, gratuites. Les commerçants payent eux une commission variable d'environ 2 à 3% pour chaque montant touché, similaire à celle prélevée pour les paiements par carte. Zaky compte aujourd’hui 5 000 utilisateurs et en vise 20 000 d’ici à 2022.

 « Le principal défi est le manque de connaissance et de confiance de la population vis-à-vis de cette technologie nouvelle », ajoute Maher Mikati. Areeba attend désormais le feu vert de la BDL pour autoriser les rechargements et décaissements en espèces, via un partenariat avec LibanPost.

La nouvelle circulaire a également convaincu PinPay d’effectuer une demande de licence auprès de la banque centrale, avec comme partenaire Bank Audi. « Le rechargement et les retraits depuis le e-wallet pourront se faire directement depuis leur vaste réseau d’ATM », explique Omar Badr, son PDG. Le spécialiste du paiement mobile de factures de compte à compte a investi un demi-million de dollars dans ce projet qui a donné naissance en juillet à l’application Hawele. Ce service, disponible en livres ou en dollars, est pour l’instant uniquement accessible aux clients de Bank Audi, mais le sera prochainement pour d’autres banques, assure Omar Badr. « Le volume de nos transactions sur l’application Pinpay a chuté de 85 % ; la plupart des commerçants veulent désormais être payés en espèces plutôt que sur leur compte en banque », explique le chef d’entreprise. Les transactions sur Hawele sont gratuites sauf pour les commerçants, qui se voient prélever une commission de 0,5 %. L’application espère compter environ 400 000 utilisateurs dans deux ans.

Une troisième candidature pour une licence a également été déposée, selon une source à la BDL, qui ne souhaite pas révéler l’identité de l’entreprise concernée. « L’étude des dossiers par la banque centrale prend environ un mois », précise-t-elle.


*L'article a été modifié pour rectifier des informations concernant les commissions prélevées par Zaky.


C’est une petite révolution. Depuis la publication par la Banque du Liban (BDL) de la circulaire n° 588 en juin, toute la population libanaise, y compris sa moitié non bancarisée, peut désormais, en théorie du moins, avoir accès à un « porte-monnaie électronique ». Ce dispositif, déjà autorisé dans de nombreux autres pays, permet de stocker de la monnaie sur un support...

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