Rechercher
Rechercher

Économie - Pénurie d'électricité

Ghajar signe à Bagdad l'accord pour l'importation d'un million de tonnes de pétrole

Le carburant devrait permettre d'approvisionner les centrales d'Electricité du Liban pendant quatre mois, à raison de neuf à dix heures de courant par jour, selon le ministre sortant de l'Energie.

Ghajar signe à Bagdad l'accord pour l'importation d'un million de tonnes de pétrole

Le Premier ministre irakien, Moustapha al-Kazimi, présidant la signature d'un accord entre le ministre libanais sortant de l'Energie, Raymond Ghajar, et le ministre irakien des Finances, Ali Abdelamir Allaoui, à Bagdad, le 24 juillet 2021. Photo tirée du compte Twitter du bureau de presse du PM irakien @IraqiPMO

Le ministre sortant de l'Energie Raymond Ghajar a signé samedi à Bagdad la mouture finale d'un accord avec les autorités irakiennes, qui prévoit l'importation d'un million de tonnes de pétrole, qui devraient alimenter les centrales électriques du Liban, pays en proie à de graves pénuries d'électricité. 

Le Liban est en proie depuis l'automne 2019 à une crise qualifiée par la Banque mondiale comme l'une des pires au monde depuis 1850. A court de devises, le pays peine à importer suffisamment de fuel pour faire fonctionner ses centrales électriques, provoquant des rationnements de courant pouvant atteindre 23 heures par jour. En temps normal, des générateurs privés prennent le relais lors du rationnement du courant fourni par l'Etat mais en raison de pénuries de mazout, les propriétaires de ces groupes électrogènes sont obligés de les éteindre plusieurs heures en journée et pendant la nuit, obligeant les habitants du Liban à vivre sans électricité. Ces derniers jours, plusieurs secteurs, et notamment les hôpitaux privés et la restauration, avaient mis en garde contre l'impact de ces pénuries sur la poursuite de leurs activités, les hôpitaux agitant la menace d'une "catastrophe sanitaire" en l'absence de solutions. 

La signature du contrat pétrolier a eu lieu en présence du Premier ministre irakien, Moustapha al-Kazimi, et du directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, selon des photos publiées sur Twitter par le bureau de presse de la présidence du Conseil à Bagdad. En échange du million de tonnes de pétrole lourd, payés par Beyrouth au "cours mondial", l'Irak recevra de la part du Liban "des biens et des services", dont la teneur n'est pas précisée. 

Quatre mois d'approvisionnement
Selon des informations du quotidien arabophone an-Nahar, en plus de M. Ghajar, le contrat a été signé par la directrice générale du pétrole au sein du ministère libanais de l'Energie Aurore Feghaly, et, côté irakien, par le ministre des Finances, Abdelamir Allaoui, et par le directeur général de la société en charge de la vente du pétrole, Ala' el-Yassri. 

A son retour à Beyrouth après la signature du contrat, M. Ghajar a souligné que le pétrole serait importé en échange de "services hospitaliers" fournis par le Liban à Bagdad et serait payé en livres libanaises via l'ouverture d'une ligne de crédit auprès de la Banque du Liban. Le système hospitalier et sanitaire du pays est pourtant sous forte pression, en raison notamment de l'exode de nombreux médecins et soignants fuyant la crise socio-économique et de pénuries de médicaments. L'Irak de son côté fournit du pétrole alors qu'il connaît aussi une grave crise énergétique et des coupures de courant incessantes. "Nous ne toucherons pas aux réserves obligatoires" des banques auprès de la BDL pour financer ces importations, a assuré le ministre.

M. Ghajar a souligné que les réserves de pétrole permettraient d'approvisionner pendant quatre mois les centrales d'Electricité du Liban (EDL), à raison de neuf à dix heures de courant par jour. L'institution publique "va s'efforcer de prolonger le plus longtemps possible son approvisionnement en courant avec ces quantités de pétrole", a-t-il indiqué. Le fuel irakien n'est pas directement utilisable dans les centrales électriques libanaises. Beyrouth continuera donc d'acheter auprès d'autres fournisseurs un autre type de carburant compatible, qui obtiendront en échange le fuel irakien, a expliqué le ministre, ce qui contredit un communiqué publié la veille par le bureau de Moustapha el-Kazimi qui précisait que le pétrole correspondait aux normes en vigueur dans les centrales d'EDL et ne devrait pas être raffiné. 

 "Nous n'irons ni vers l'Est, ni vers l'Ouest" pour importer du carburant, a-t-il souligné, alors que certaines formations politiques comme le Hezbollah prônent une coopération avec les pays de l'Est, et notamment l'Iran pourtant sous le coup de sanctions américaines, pour se fournir en fuel. "Si nous recevons une offre d'un autre Etat, nous y répondrons", a poursuivi M. Ghajar.


Le ministre sortant de l'Energie Raymond Ghajar a signé samedi à Bagdad la mouture finale d'un accord avec les autorités irakiennes, qui prévoit l'importation d'un million de tonnes de pétrole, qui devraient alimenter les centrales électriques du Liban, pays en proie à de graves pénuries d'électricité. Le Liban est en proie depuis l'automne 2019 à une crise qualifiée par la...

commentaires (6)

Pourquoi maintenant? Que se cache t-il derrière ce soudain élan de solidarité? C’est qu’avec cette bande de misérables on ne peut rien espérer de bon puisque derrière chaque action se cache un complot.

Sissi zayyat

11 h 40, le 25 juillet 2021

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • Pourquoi maintenant? Que se cache t-il derrière ce soudain élan de solidarité? C’est qu’avec cette bande de misérables on ne peut rien espérer de bon puisque derrière chaque action se cache un complot.

    Sissi zayyat

    11 h 40, le 25 juillet 2021

  • Note pour la rédaction : Erreur dans le nom du ministre Iraquien qui a signé l’accord. Le nom est Ali Allawi, fils de Abdel Amir Allawi. Ali est un camarade de classe et un ami.

    Aref El Yafi

    10 h 46, le 25 juillet 2021

  • Je doute !!!!!! Que ça soit de la propagande ….

    Ibrahim Takla

    09 h 03, le 25 juillet 2021

  • L.E. P.E.T.R.O.L.E. I.R.A.K.I.E.N. C.O.N.T.I.E.N.T. T.R.O.P. D.E. S.O.U.F.F.R.E. P.O.U.R. L.E.S. C.E.N.T.R.A.L.E.S. L.I.B.A.N.A.I.S.E.S. !!!

    Gros Gnon

    06 h 43, le 25 juillet 2021

  • Ce geste d'amitié de la part de l'Irak mérite l'estime,d'autant plus que cepays soffrent Ce geste d'amitié de la part de l'Irak mérite l'estime,d'autant plus que ce pays souffre lui-même de difficultés économiques.

    ZEDANE Mounir

    18 h 10, le 24 juillet 2021

  • L’axe des loosers se resserre..

    LeRougeEtLeNoir

    17 h 25, le 24 juillet 2021

Retour en haut