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Politique - Gouvernement

Une dynamique politique locale et internationale avant les consultations de lundi

Le bloc du Futur devrait prendre position dans les prochains jours.


Une dynamique politique locale et internationale avant les consultations de lundi

Reçue hier par le président de la Chambre, l’ambassadrice des États-Unis a insisté sur la formation rapide d’un nouveau gouvernement. Photo ANI

La présidence de la République a fixé au lundi 26 juillet la date des consultations parlementaires contraignantes pour la désignation d’un nouveau Premier ministre qui aura pour mission principale de lancer avec son équipe le chantier de réformes susceptible de freiner, avec le concours de la communauté internationale, l’effroyable effondrement structurel dans lequel le Liban est engagé.

La semaine qui nous sépare de cette échéance sera mise à profit pour accélérer les concertations politiques devant déboucher sur une hypothétique entente autour d’une personnalité qui ne devrait pas être « provocante », dans le sens où elle est supposée être plus ou moins agréée par les principales forces politiques, tout en inspirant suffisamment confiance à la communauté internationale.

Depuis que le chef du courant du Futur, Saad Hariri, a décidé de jeter l’éponge, jeudi, neuf mois après sa désignation pour former un cabinet de mission, les noms de plusieurs Premiers ministrables ont été avancés dans la presse locale comme autant de ballons d’essai associés de moult analyses : Nagib Mikati, Fayçal Karamé, Fouad Makhzoumi, Nawaf Salam, Jawad Adra...

De sources concordantes, on assure cependant que les pourparlers « sérieux » autour de la personnalité la plus à même de diriger la nouvelle équipe ministérielle n’ont pas encore commencé, même si elles reconnaissent que des chefs politiques, dont notamment le leader du Futur et le président de la Chambre Nabih Berry – parrain de l’ultime initiative politique de rapprochement Michel Aoun-Saad Hariri qui n’a pas réussi à briser le blocage gouvernemental – ont été indirectement sondés à ce sujet.

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M. Hariri assume un rôle pivot au niveau de ces pourparlers, les principales composantes politiques du camp du 8 Mars étant toujours favorables au choix d’une personnalité sunnite qu’il désignerait lui-même et qui bénéficierait ainsi de la couverture de sa communauté.

Ce que l’on sait pour le moment, c’est que Saad Hariri ne participera pas aux consultations d’usage et que son bloc parlementaire n’a pas l’intention – du moins jusqu’à présent – de lui désigner un successeur. Le courant du Futur n’a cependant pas encore décidé s’il doit ou non se rendre lundi à Baabda pour ce rendez-vous constitutionnel. « Nous n’avons pas encore décidé si nous allons boycotter les consultations, y participer ou envoyer un représentant du bloc », confie à L’OLJ le vice-président du Futur, Moustapha Allouche. Selon ses explications, le bloc compte examiner au cours des prochains jours l’opportunité de chacune de ces démarches, notamment avec le groupe des anciens ministres, dont Nagib Mikati qui préside un bloc parlementaire composé des députés Nicolas Nahas (grec-orthodoxe) et Ali Darwiche (alaouite), ainsi qu’avec ses alliés traditionnels, principalement le bloc du président de la Chambre, Nabih Berry, et le PSP de Walid Joumblatt.

Du côté de chacune de ces forces politiques, l’image reste floue. Toutes sont d’accord sur le fait qu’il ne faut plus tarder dans la mise en place d’un cabinet de mission, mais aucune ne s’avance sur le profil du futur Premier ministre. L’ambassadrice des États-Unis, Dorothy Shea, qui a été reçue hier par Nabih Berry, a insisté devant son interlocuteur sur la formation, sans tarder, d’un nouveau gouvernement, selon des sources proches de Aïn el-Tiné, qui n’excluent pas la naissance d’une nouvelle équipe ministérielle dans les prochaines semaines, si les deux dynamiques locales et internationales qui seront lancées pour défricher le terrain devant un candidat consensuel se rejoignent.

Dans les milieux du président de la Chambre, on n’écarte pas non plus la possibilité que le parti de Saad Hariri fasse preuve d’une certaine flexibilité pour faciliter la désignation d’un Premier ministre, qui pourrait être Nagib Mikati – lequel refuse jusqu’à présent d’assumer cette mission –, si le bloc du Futur donne le feu vert à sa désignation ou même Nawaf Salam, si les contacts qui seraient menés au niveau international avec l’Iran aboutissent. De sources politiques citées par notre correspondante à Baabda, Hoda Chédid, on souligne que c’est la mission du futur gouvernement qui déterminera le profil du prochain Premier ministre. Ainsi, si la nouvelle équipe ministérielle devra préparer les législatives de 2022, la désignation de Nagib Mikati, Fouad Makhzoumi ou Fayçal Karamé sera écartée au profit de personnalités comme Jawad Adra, Mohammad Fahmi, ministre sortant de l’Intérieur, ou encore de Samir Khatib, qui avait été pressenti pour diriger le gouvernement après la démission de celui de Saad Hariri en novembre 2019, mais qui n’avait pas poursuivi le chemin, faute de couverture sunnite adéquate.

Quoi qu’il en soit, la position du courant du Futur étant centrale, c’est le bloc parlementaire de ce parti qui sera reçu en premier lundi par le président, après les anciens Premiers ministres, sauf si Baabda décide d’en reporter la date où cas des concertations supplémentaires s’avéreraient nécessaires.

Le bloc du CPL et ses alliés, le Tachnag et le bloc de Talal Arslane seront reçus les derniers, en fin d’après-midi. Histoire de voir la tendance des autres blocs si jamais une entente n’est pas dégagée, ce qu’on exclut de sources concordantes, compte tenu notamment de la menace de sanctions internationales qui pèsent sur des responsables libanais.

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À ce sujet, il convient de noter qu’une délégation du bureau chargé des questions de financement du terrorisme et des crimes financiers (TFFC) du département du Trésor américain se trouve depuis hier à Beyrouth, a annoncé l’ambassade des États-Unis dans un communiqué. La délégation, dont la visite s’achèvera demain mercredi, doit s’entretenir avec des responsables du domaine des Finances ainsi qu’avec des représentants de groupes de la société civile, selon le texte qui précise que les discussions porteront sur des questions liées à la corruption, aux financements illicites (sans plus de détails) et à la lutte contre le terrorisme.

Selon notre chroniqueur politique, Mounir Rabih, cette visite était prévue depuis un certain temps et est principalement liée à la coordination souhaitée notamment par la France avec les États-Unis dans la perspective de sanctions communes qui devraient être infligées à des responsables libanais.


La présidence de la République a fixé au lundi 26 juillet la date des consultations parlementaires contraignantes pour la désignation d’un nouveau Premier ministre qui aura pour mission principale de lancer avec son équipe le chantier de réformes susceptible de freiner, avec le concours de la communauté internationale, l’effroyable effondrement structurel dans lequel le Liban est...

commentaires (5)

Les seules consultations utiles devraient converger vers la démission du chef de l'Etat qui est en fait lui-même la cause profonde de la crise sous tous ses aspects. La démission des députés aussi, car leur majorité ne représente plus la volonté populaire surtout avec les déboires concernant le crime du 4 Août 2020.

Esber

09 h 33, le 21 juillet 2021

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Commentaires (5)

  • Les seules consultations utiles devraient converger vers la démission du chef de l'Etat qui est en fait lui-même la cause profonde de la crise sous tous ses aspects. La démission des députés aussi, car leur majorité ne représente plus la volonté populaire surtout avec les déboires concernant le crime du 4 Août 2020.

    Esber

    09 h 33, le 21 juillet 2021

  • Je vous en prie, nommez même mon épicier en tant que premier ministre mais surtout pas Monsieur Fahmi actuel ministre démissionnaire du dedans

    Censuré par l’OLJ

    07 h 23, le 21 juillet 2021

  • Trouver le plus petit dénominateur commun, déjà que Saad Hariri n'était pas à la hauteur...Maintenant qui ?

    TrucMuche

    18 h 10, le 20 juillet 2021

  • Tant que Aoun est président, il ne faut espérer aucune réforme ou même un projet de réforme, car son parrain redoute l'intervention du FMI dans ce qu'il considère comme sa propriété.

    Esber

    14 h 53, le 20 juillet 2021

  • QUAND AU BAZAR LE MULET S,ENTETE ET ILS SONT SI TETUS QU,ILS NE BOUGENT PLUS ON FAIT VITE DE L,ALLEGER DE SES CHARGES ET DE LE CHANGER PAR UN ANE MOINS TETU QUE L,HYBRIDE QUI SE PREND POUR UN CHEVAL.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    14 h 22, le 20 juillet 2021

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