Le BN souhaite donner la primauté aux questions économiques avant de plancher sur les dossiers plus épineux comme les armes du Hezbollah. Photo DR
Le Bloc national (BN) a annoncé son programme politique jeudi dernier, lors d’une brève conférence de presse organisée dans son quartier général à Gemmayzé et retransmise sur sa page Facebook. Les programmes politiques sont une denrée rare au Liban, où les partis ont l’habitude de capitaliser sur la mobilisation confessionnelle et le clientélisme pour se maintenir au pouvoir, se contentant de quelques slogans généraux pour donner l’impression d’une vie politique. Le BN, pourtant l’un des plus vieux partis au Liban, a été relancé et modernisé en 2018. Dans la pléthore des groupes d’opposition ayant participé au mouvement de contestation du 17 octobre 2019, le parti est plutôt situé au centre de l’échiquier.
« C’est pour prouver qu’il y a une alternative qu’on s’est lancés dans cet exercice », explique à L’Orient-Le Jour Paula Ghantous, membre du comité de politique publique au sein du parti. « Nous travaillons dessus depuis un an et demi, en espérant rediriger le débat vers les questions qui importent vraiment aux citoyens, en préparation des législatives qui pourraient avoir lieu l’année prochaine », note-t-elle.
L’économie, une priorité
Au sommet de la hiérarchie de ses priorités, et contrairement à certains de ses partenaires de la thaoura, le BN place l’économie. Le parti propose un plan de sortie de crise basé sur la « juste répartition » des pertes. « Nous devons commencer par identifier le montant définitif des pertes », explique-t-on au BN, pour justifier le fait que la proposition n’est pas chiffrée. En effet, si le gouvernement avait estimé ces pertes, il y a plus d’un an, à près de 68 milliards de dollars, ce chiffre reste contesté en l’absence d’un véritable audit. « La restructuration du secteur bancaire passe nécessairement par la recapitalisation des banques (injection de nouveaux fonds, recapitalisation des bénéfices des années précédentes) et la consolidation du secteur, la protection des dépôts en devises d’une majorité des déposants et un bail-in pour compenser les plus grands déposants », fait savoir la responsable au sein du BN.
Le parti reprend donc les grandes lignes du plan que le gouvernement de Hassane Diab avait annoncé en avril 2020 et qui n’a jamais été concrétisé. Ce dernier prévoyait en effet de faire porter les pertes d’abord aux actionnaires des banques, et ensuite de répartir ce qui reste sur les déposants. « L’État est déterminé à protéger la grande majorité des déposants, voire tous si possible », pouvait-on lire dans le plan.
Le programme du BN inclut également un projet de modernisation économique. « Il faut que le Liban se dirige vers un nouveau modèle économique basé sur l’innovation et la compétitivité », explique Paula Ghantous. Pour ce faire, le programme préconise d’encourager l’investissement dans des secteurs comme la technologie ou l’agroalimentaire. « Nous proposons d’offrir aux investisseurs potentiels dans ces secteurs des avantages fiscaux, voire de créer des fonds d’investissement qui pourraient être alimentés par des fonds frais de la diaspora ou des dépôts en lollars (surnom donné sur les réseaux sociaux aux devises bloquées sur des comptes de déposants en raison des restrictions imposées par le système bancaire depuis le début de la crise, NDLR) », rajoute-t-elle. Le BN appelle aussi à moderniser le cadre institutionnel de l’économie libanaise, en passant de nouvelles lois qui encadrent la faillite, abolissent les agences exclusives et les monopoles et établissent un véritable marché financier où les entreprises pourront lever des fonds. Ces idées ont pourtant déjà été brandies à maintes reprises par les partis politiques traditionnels, certains députés allant même jusqu’à en faire des projets de loi, condamnés au tiroir.
Réimaginer le système politique
Après l’économie, le parti souhaite s’attaquer aux questions politiques. D’abord, le BN souhaite réimaginer le système politique, pour que « la confession des Libanais soit le Liban ». Pour ce faire, il propose la mise en place d’un Sénat où seront représentés les groupes confessionnels et dont les prérogatives seront limitées aux dossiers régaliens, au côté d’un Parlement non confessionnel. Si ce projet semble être inspiré par les accords de Taëf, qui prévoyait également la création d’un Sénat. Le BN ne mentionne pas le mode du scrutin pour l’élection de cette nouvelle chambre haute du Parlement.
Le parti souhaite également la mise en place d’un code civil du statut personnel obligatoire et unifié basé sur « la charte des droits de l’homme et du citoyen ». « Je sais que beaucoup de jeunes veulent l’égalité que ce projet amène, et nous continuerons bien sûr à garantir la liberté de conscience », explique Paula Ghantous. Or, dans un pays où les hommes de religion ne veulent même pas entendre parler de mariage civil optionnel et où le divorce est un véritable parcours du combattant pour les femmes, la mission que le BN s’est fixée n’est pas une mince affaire.
Pour le BN, ce « nouveau Liban » sera « capable de protéger tous ses citoyens, sans distinction confessionnelle ou régionale. Cela nous permettra de lancer un dialogue national qui vise à imposer le monopole des armes aux mains de l’État », dit Paula Ghantous. « Ce ne sera pas facile. Il faudra que le Hezbollah se rende à l’évidence que la résistance ne peut être l’exclusivité d’une seule confession et qu’elle ne doit pas servir les projets régionaux au détriment des intérêts du Liban », poursuit-elle. Dans le passé, des tentatives pour intégrer le Hezbollah dans le giron des forces armées libanaises à travers une stratégie nationale de défense ont eu lieu, sans grand succès. Certains analystes se demandent en effet pourquoi le Hezbollah, en position de force, voudrait abandonner ses armes au profit de l’État au Liban.
Un État que le BN veut le plus distancié possible des conflits régionaux et internationaux. « Nous ne devons pas oublier que nous partageons des frontières avec Israël, un État ennemi avec lequel nous ne pouvons pas normaliser nos relations. Le parti, dans la lignée de sa position historique, continue également de soutenir la cause palestinienne, cette cause juste humainement et politiquement, cependant dans les limites de la préservation de la souveraineté du Liban », explique la responsable au sein du BN.
Pour cette dernière, le Liban doit avant tout réfléchir à ses intérêts nationaux et stratégiques. « Notre pays ne doit pas être prisonnier d’un camp géopolitique. On devrait pouvoir s’armer librement sur les marchés internationaux et discuter d’État à État avec tout le monde des sujets qui nous touchent, comme celui du retour des réfugiés syriens », ajoute-t-elle, faisant allusion au régime de Damas.
« C’est pour prouver qu’il y a une alternative qu’on s’est lancés dans cet...


Le point à 20h : L'Iran se dit prêt à une « guerre asymétrique » ; Aoun craint une « escalade » ; le siège d'Aramco évacué
Le BN fait aujourd'hui la même erreur faite dans les années 70 qui ont faillit conduire le pays a l'extinction. Aujourd'hui encore, bien qu’honnête et sincère, ce parti se cache, une fois de plus derrière son doigt, et l'auriculaire de surcroît, ne voulant pas voir que pour régler TOUS les problèmes du pays, avec le Hezbollah arme jusqu'aux dents, entre les jambes, cela ne se fera pas. Le Hezbollah ne lâchera ses armes que sous deux conditions: 1- Il transforme le pays en une république islamique soumise a l'Iran 2- Il se bute a une autre force militaire dans le pays qui soit les lui prendra par la force, soit arrivera a un compromis après l'avoir mis dans une situation de défaite presque totale et il lui faudra sauver ce qui lui reste de meubles. De toute manière, le BN ne propose rien de nouveau qui n'ai été déjà proposé mais impossible a réalisé justement parce que le Hezbollah, Joumblatt ou même Hariri, ne le veulent pas . Si ces gens la le voulaient vraiment, après les événements de 2008, ils seraient restés ferme sur leur position et le Hezbollah aurait été obligé de coopérer. Ils ont lâché, lâches comme ils sont et depuis ce fut la descente en enfer que Aoun nous avait si bien promis. La il a tenu sa promesse.
10 h 19, le 02 juillet 2021