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Nos Lecteurs ont la Parole

Stratégie pour contenir le régime des mollahs

Les États-Unis savent parfaitement qu’il n’est pas simple de gérer le dossier iranien. L’Iran est un pays trop vaste pour être envahi ; le régime des mollahs est trop enraciné à l’intérieur du pays pour être renversé à partir de l’extérieur ; et les ambitions expansionnistes des mollahs sont trop dangereuses pour être ignorées. Les États-Unis savent aussi que les mollahs cultivent et célèbrent le conflit avec l’Amérique et Israël. Cela leur permet de s’agripper au pouvoir indéfiniment. L’Iran a organisé une élection présidentielle le 18 juin. Pour la presse occidentale, c’est une parodie de démocratie. Les Iraniens sont libres de voter pour n’importe lequel des candidats à la condition que ces présidentiables soient au préalable approuvées par le régime des mollahs.

Beaucoup d’encre coule dans la presse locale et internationale sur l’accord nucléaire entre les États-Unis et l’Iran avec un probable allègement des sanctions américaines à l’encontre de la République islamique. Nombreux sont les observateurs qui pensent que ce serait une chose éminemment dangereuse de lever lesdites sanctions. Souvenons-nous de la levée des sanctions américaines à l’encontre de l’Iran sous l’administration Obama en 2015. L’Iran en a profité pour non seulement améliorer son infrastructure nationale, mais aussi et surtout pour dynamiser, financer et armer l’axe dit de la résistance en Irak, au Liban, en Syrie et au Yémen. La capacité de nuisance du régime des mollahs est énorme. Dans son article paru dans L’Orient-Le Jour du 14 juin 2021, Toufic Hindi écrit la chose suivante : « Ceux qui connaissent la nature du régime iranien, sa résilience, son ancrage populaire, son jusqu’au-boutisme ne devraient pas s’étonner des dégâts qu’il pourrait occasionner. La foi ne déplace-t-elle pas les montagnes ? »

En ce qui concerne spécifiquement le pays du Cèdre, l’Iran veut affaiblir le Liban légitime et ainsi avoir une marge de manœuvre plus étendue contre son ennemi juré et éternel, en l’occurrence Israël. Les roquettes intelligentes à guidage de précision que l’Iran expédie régulièrement au parti de Dieu menacent directement l’État hébreu. Il est peu probable qu’Israël dorme tranquillement sur ses lauriers la nuit sachant que ses infrastructures vitales peuvent être intégralement détruites du jour au lendemain par des armes intelligentes ultrasophistiquées. Le Liban de même devrait aussi avoir des nuits blanches car une nouvelle guerre contre Israël serait synonyme d’une nouvelle et énième tragédie.L’administration de Biden peut toujours rassurer Israël en promettant qu’elle s’engage à freiner la menace des roquettes intelligentes dans la foulée de l’accord sur le nucléaire iranien. Il est fort probable que les Israéliens restent sceptiques sur l’efficacité d’une telle promesse. Une fois que les sanctions seraient levées, rien n’empêchera les mollahs iraniens de continuer à agir en toute liberté sans se préoccuper outre mesure des admonestations américaines. En d’autres termes, il est impossible de raisonner avec les mollahs. Quoique l’on fasse, rien ne changera en Iran tant que les mollahs resteront au pouvoir.

D’après Thomas Friedman, un moyen efficace d’affaiblir le régime des mollahs serait de briser le pont terrestre syrien que l’Iran utilise pour approvisionner le parti de Dieu en roquettes et autres ressources vitales. L’éradication de la présence iranienne sur le sol syrien changerait significativement la donne (ce que l’on appelle en anglais « a game changer »). Actuellement, l’ensemble du territoire syrien est effectivement contrôlé par trois puissances non arabes : la Russie, la Turquie et l’Iran. Mais c’est surtout la Russie qui joue un rôle prépondérant en Syrie. La Russie s’accommode de la présence iranienne en Syrie sans pour autant jubiler de la situation. La stratégie serait donc la suivante : l’administration Biden et les souverains arabes du Golfe pourraient négocier avec Poutine et Assad sur la base suivante : expulsez les forces iraniennes de la Syrie. En contrepartie, nous vous fournirons une aide financière substantielle. En outre, nous consentirons tacitement qu’Assad reste au pouvoir, du moins à court terme. Cette proposition serait alléchante pour les États-Unis, la Russie, les pays du Golfe, la Syrie, mais aussi et surtout pour Israël et le Liban. Les grands perdants seraient les ardents adhérents de l’expansionnisme chiite dans la région. Il faut se rendre à l’évidence : en ce qui concerne le dossier iranien, il n’y a pas de solution idéale. La perfection n’existe pas. Il faut s’accommoder d’une solution optimale.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Les États-Unis savent parfaitement qu’il n’est pas simple de gérer le dossier iranien. L’Iran est un pays trop vaste pour être envahi ; le régime des mollahs est trop enraciné à l’intérieur du pays pour être renversé à partir de l’extérieur ; et les ambitions expansionnistes des mollahs sont trop dangereuses pour être ignorées. Les États-Unis savent aussi que les mollahs...

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MAIS QUI DIT QUE LES US VEULENT VRAIMENT LES CONTENIR AUX MOULLAHS IRANIENS HEIN ?

gaby sioufi

11 h 56, le 21 juin 2021

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Commentaires (1)

  • MAIS QUI DIT QUE LES US VEULENT VRAIMENT LES CONTENIR AUX MOULLAHS IRANIENS HEIN ?

    gaby sioufi

    11 h 56, le 21 juin 2021

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