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Économie - Essence

Flou sur l’avenir des subventions sur le carburant


Flou sur l’avenir des subventions sur le carburant

Le mécanisme de subvention sur le carburant, instauré et financé par la Banque du Liban, pourrait bientôt être modifié. Photo P.H.B.

Ces deux derniers jours ont été marqués par des déclarations contradictoires concernant l’avenir des subventions, notamment sur le carburant. Le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, a affirmé jeudi que « ceux qui ne peuvent pas payer 200 000 livres pour 20 litres d’essence devront trouver d’autres moyens » de transport, alors que le Liban en crise ne bénéficie que d’un réseau de transports publics vétuste. Des propos qui ont suscité un tollé sur les réseaux sociaux. Ce prix « réel », comme il l’a qualifié, ne se réfère pas au prix sans inflation mais au coût non subventionné de la part de la Banque du Liban (BDL), qui fournit depuis octobre 2019 au taux officiel près de 90 % des devises nécessaires aux importateurs de carburant, le reste étant payé au taux du marché parallèle qui tourne depuis une semaine autour des 15 000 livres libanaises pour un dollar.

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Dans son discours, M. Ghajar a également précisé que « lorsque la carte d’approvisionnement sera approuvée dans un, deux ou trois mois par le Parlement, la BDL sera alors disposée à continuer (le système de) subventions, mais dans une moindre mesure. C’est pour cela que nous avons proposé le taux de 3 900 livres ». Il n’a toutefois pas indiqué quel sera le pourcentage de couverture de la BDL – si elle restera à 90 % ou si elle sera modifiée. Contacté, le ministère n’a pas donné suite à notre demande d’entretien, alors que le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, a indiqué à L’Orient-Le Jour « avoir compris qu’il s’agirait d’une subvention totale à 3 900 livres ». M. Brax n’a pas pu se prononcer sur l’évolution des prix des carburants, à la hausse ou à la baisse, si cette mesure était adoptée, en raison de la forte dépréciation de la livre de près de 90 %. Jeudi, le ministre avait indiqué sa volonté d’augmenter les prix, espérant que cette mesure puisse réduire le stockage d’essence, par peur d’une levée des subventions, et la contrebande vers la Syrie.

Carte d’approvisionnement

Le syndicaliste a aussi salué, dans un communiqué, la disposition d’une subvention du carburant au taux de 3 900 livres, considérant cette étape comme nécessaire pour se diriger vers une levée des subventions sur le carburant, en raison de la baisse des réserves en devises de la BDL, dont le niveau se rapproche de plus en plus des réserves obligatoires, théoriquement inutilisables. Georges Brax avait d’ailleurs proposé, en début de mois, un plan progressif de levée des subventions, afin d’éviter les retards d’ouverture de lignes de crédit de la part de la BDL et de réduire la pression sur les stations-service. Le but affiché du syndicaliste est d’encourager les expatriés et les touristes à visiter le Liban en été pour qu’il y ait une entrée de devises dans le pays.Le représentant des distributeurs de carburant, Fadi Abou Chakra, a, pour sa part, démenti hier des rumeurs concernant une réunion entre leur filière et la BDL à propos de cette nouvelle couverture de la banque centrale au taux de 3 900 livres.

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Une mise au point confirmant que cette proposition n’en est encore qu’à ses balbutiements théoriques. En sus du flou sur le pourcentage de couverture fourni par la BDL sur la subvention du carburant, Georges Brax et Raymond Ghajar ne semblent pas non plus s’accorder sur le calendrier de la mise en œuvre d’une telle mesure. En effet, Georges Brax a indiqué que cette modification du mécanisme de subvention sur le carburant sera appliquée « jusqu’à la mise en place de la carte d’approvisionnement », tandis que le ministre a, lui, plutôt parlé d’une décision de la BDL après la mise en place de cette carte. Quant au projet de carte d’approvisionnement, il a fait l’objet d’une réunion d’une sous-commission créée mardi à cet effet par les commissions parlementaires. Chargée d’étudier et d’harmoniser les deux textes de loi relatifs à la distribution de cette carte aux familles défavorisées – l’un par le gouvernement sortant, l’autre par le groupe parlementaire aouniste –,

cette sous-commission n’a encore annoncé aucune avancée à ce propos.

« Dans 48 heures, nos générateurs s’éteindront », préviennent les propriétaires
Le président du rassemblement des propriétaires de générateurs privés, Abdo Saadé, a indiqué hier à L’Orient-Le Jour être presque à court de carburant. « Notre stock ne suffit plus que pour 48 heures, après quoi nos générateurs s’éteindront », a-t-il indiqué, ajoutant que « nous ne trouvons pas de mazout au prix officiel », alors que « le prix des 20 litres de ce carburant sur le marché noir a atteint 50 000 livres libanaises. Or nous avions déjà affirmé que nous refusons de nous en approvisionner sur le marché noir ».
Il y a une semaine, c’est Ali Bawji, président du rassemblement des propriétaires de générateurs privés de Saïda (Liban-Sud), qui avait indiqué qu’ils seraient obligés d’éteindre leurs groupes électrogènes quelques jours plus tard, faute de carburant.
Contacté par L’Orient-Le Jour mardi dernier, jour durant lequel cette décision aurait dû être actée, M. Bawji avait indiqué que les autorités locales leur avaient finalement assuré un stock de mazout leur permettant de « tenir quelques jours encore ». « Nous ne pourrons pas continuer à opérer de la sorte », avait-il toutefois ajouté, soulignant qu’il est « impératif qu’EDL (Électricité du Liban) augmente son approvisionnement en courant électrique de quelques heures ».
Lundi, une source proche d’EDL avait confirmé à L’Orient-Le Jour que le fournisseur public serait en mesure d’assurer une moyenne de huit heures de courant par jour cette semaine, après que des tests ont été effectués sur des chargements de fuel oil cette semaine. En attendant, les rassemblements de propriétaires de générateurs privés affirment qu’EDL n’assure toujours que 3 à 4 heures de courant par jour, le reste leur incombant.

Ces deux derniers jours ont été marqués par des déclarations contradictoires concernant l’avenir des subventions, notamment sur le carburant. Le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, a affirmé jeudi que « ceux qui ne peuvent pas payer 200 000 livres pour 20 litres d’essence devront trouver d’autres moyens » de transport, alors que le Liban en...

commentaires (3)

Les bons de rationnement seront plus que nécessaires dans cette situation. Cela empêcherait les trafiquants de se servir plusieurs fois pour vendre le produit alors que les citoyens n’ont pas de quoi se déplacer jusqu’à leur boulot. En plus ça obligerait les gens à faire du covoiturage et à limiter leurs déplacements inutiles. Bien que je sois contre toute restriction, mais à la guerre c’est comme à la guerre et nous sommes en plein dedans grâce aux gouvernants voleurs et insatiables.

Sissi zayyat

11 h 20, le 21 juin 2021

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Commentaires (3)

  • Les bons de rationnement seront plus que nécessaires dans cette situation. Cela empêcherait les trafiquants de se servir plusieurs fois pour vendre le produit alors que les citoyens n’ont pas de quoi se déplacer jusqu’à leur boulot. En plus ça obligerait les gens à faire du covoiturage et à limiter leurs déplacements inutiles. Bien que je sois contre toute restriction, mais à la guerre c’est comme à la guerre et nous sommes en plein dedans grâce aux gouvernants voleurs et insatiables.

    Sissi zayyat

    11 h 20, le 21 juin 2021

  • Il est utile de faire le tarif de l'essence surtout, entre 2 à 3 fois la valeur actuelle. Ceci sera bénéfique pour éviter surtout le profit des mafieux, qui en font des bénéfices illégaux. Ça préserve les devises pour les projets sociaux, et, aussi stimule l'imagination pour les usagers de la route, pour ne faire que des trajets nécessaires en coopérant dans les déplacements de plusieurs personnes ensemble.

    Esber

    19 h 06, le 19 juin 2021

  • Si les conditions quotidiennes de vie comme l’électricité et l’essence ne s’améliorent pas, il y aura certainement moins d’expatriés ou qui resteront moins de temps au Liban cet été

    Censuré par l’OLJ

    07 h 48, le 19 juin 2021

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