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Politique - Grève

Timide mobilisation syndicale pour réclamer un « gouvernement de sauvetage »

« Nous avons besoin de réactiver les relations avec la communauté internationale et les pays arabes », indique Béchara el-Asmar, chef de la CGTL.

Timide mobilisation syndicale pour réclamer un « gouvernement de sauvetage »

Béchara el-Asmar, chef de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), la centrale syndicale à l’origine du mouvement de grève. Photo Mohammad Yassine

L’appel à la grève et à des manifestations lancé par la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL) puis rejoint par de nombreux syndicats et certaines formations politiques a été inégalement suivi jeudi. Seules des coupures sporadiques de routes ont été relevées en matinée et de nombreux établissements ont malgré tout ouvert leurs portes. Ce mouvement visait à réclamer la formation d’un « gouvernement de sauvetage » et à protester contre la crise économique, mais aussi politique, dans laquelle le pays est embourbé depuis plusieurs mois. La centrale syndicale, accusée par ses détracteurs d’être inféodée à des partis au pouvoir, avait déjà initié une grève générale le 26 mai dernier, qui avait aussi été inégalement suivie dans le pays. « Nous n’avons qu’une seule grande revendication : la formation d’un gouvernement de sauvetage », a déclaré le chef de la CGTL, Béchara el-Asmar, présent au siège de la centrale syndicale, à L’Orient-Le Jour. « La formation d’un tel gouvernement permettrait d’avancer sur le reste de nos revendications, à savoir des alternatives aux subventions, via la distribution d’une carte d’approvisionnement ou d’autres projets, la restructuration du secteur bancaire et la redynamisation du secteur de production et de l’industrie libanaise », a-t-il dit. « Nous avons besoin de réactiver les relations avec la communauté internationale et les pays arabes », a ajouté M. Asmar. Lors d’un discours prononcé peu avant, M. Asmar avait exhorté les responsables politiques à « arrêter de se lancer des accusations

concernant le blocage » et les avaient accusés de « vouloir se partager le gâteau ». « Ce qui se passe actuellement est contraire à la raison », a-t-il martelé, réclamant des « concessions » aux dirigeants.

La route de Corniche Mazraa a été brièvement bloquée avec des bennes à ordures. Photos Mohammad Yassine

« Seul Hariri peut arranger la situation »

Sur le terrain, des contestataires ont fermé, dès le matin, plusieurs grands axes routiers du pays, tandis que l’appel à la grève a été inégalement respecté selon les régions et les secteurs. Si les banques commerciales ont bien fermé leurs portes, tout comme les administrations publiques et offices indépendants, peu de commerçants ont été mobilisés.

Comme ils l’avaient annoncé, les employés et ouvriers de la Middle East Airlines ont observé un sit-in d’une heure devant le siège de la compagnie aérienne nationale à Beyrouth. La route de la Cité sportive et le rond-point de Dora, à la sortie nord de la capitale, ont également été fermés, ce qui a donné lieu à des embouteillages monstres.

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Dans la capitale, la route de Corniche Mazraa a été brièvement fermée par des manifestants, dans les deux sens de la circulation. Dans ce quartier, les commerces et différentes institutions ont respecté l’appel à la grève et ont fermé leurs portes. « Je manifeste parce que le dollar a passé la barre des 15 000 livres libanaises et qu’il n’y a plus de lait infantile dans les pharmacies », a déclaré à L’OLJ Salwa, venue protester sur la route de la corniche Mazraa. Le Premier ministre désigné Saad Hariri « doit présider le futur cabinet parce que lui seul peut arranger la situation dans le pays », a-t-elle ajouté. « Lui seul peut assurer que des aides financières arrivent de l’étranger et que le taux de la livre libanaise remonte », a-t-elle encore estimé.

Certains grévistes ont brûlé des pneus dans la capitale, pour protester contre la détérioration de la situation. Joseph Eid/AFP

Respect partiel de la grève dans les régions

Des manifestants ont par ailleurs fermé pendant plusieurs heures, au moyen d’un barrage de pneus enflammés, l’autoroute reliant Beyrouth au Liban-Sud, dans les deux sens de la circulation, au niveau de Khaldé. Des incidents ponctuels ont éclaté entre les contestataires et des automobilistes coincés dans le trafic.

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Dans le Sud, à Saïda, la grève n’a été en revanche respectée que partiellement dans les rues commerçantes, selon notre correspondant local Mountasser Abdallah. Si les banques et les différents offices publics indépendants ont bien fermé leurs portes, les magasins et industries ont ouvert et accueillaient des clients dans la matinée. Vers midi, un sit-in a été organisé sur la place du marché aux poissons, dans le port de cette grande ville du Sud. Quelques dizaines de participants, des ouvriers et syndicalistes selon notre correspondant, ont déploré la situation « qui continue de se détériorer » aux niveaux économique et politique.

Au Nord, des manifestants ont brièvement fermé le rond-point Azmi, à Tripoli, tandis que d’autres ont tenu un sit-in devant le siège de la municipalité. La route principale reliant Halba à Abdé, dans le Akkar, a été aussi fermée à la circulation.

Dans la Békaa, des protestataires se sont réunis sur la place de Chtaura et à l’entrée de Baalbeck, selon notre correspondante Sarah Abdallah.


L’appel à la grève et à des manifestations lancé par la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL) puis rejoint par de nombreux syndicats et certaines formations politiques a été inégalement suivi jeudi. Seules des coupures sporadiques de routes ont été relevées en matinée et de nombreux établissements ont malgré tout ouvert leurs portes. Ce mouvement visait à...

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