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Économie - Crise

Des voix s’élèvent pour dénoncer "l'humiliation" subie par les Libanais aux stations-service

Brax appelle l'exécutif et la BDL à "prendre immédiatement des mesures".

Des voix s’élèvent pour dénoncer

Une scène devenue commune : de longues files d'attente, devant une station-service de Beyrouth, Photo Marc Fayad

"Même pendant la guerre civile, nous n'avons pas été humiliés de la sorte." Tels sont les propos que tenaient, ce jeudi matin, une dame d'un certain âge devant une station-service dans le quartier beyrouthin de Geitaoui, en longeant la file d'une cinquantaine de voitures attendant de pouvoir mettre quelques litres d'essence dans leur réservoir. A la sortie de la station, Georges, la trentaine, explique avoir attendu deux heures pour pouvoir mettre un peu moins de vingt litres d'essence dans son réservoir à sec. "Je vais tenter maintenant d'autres stations", dit-il. Deux heures plus tard, recontacté par L'Orient-Le Jour, il expliquera avoir abandonné. "On verra demain", lâche-t-il, dépité.

Déjà terrible depuis plusieurs semaines, la situation dans les stations-service s'est aggravée ces derniers jours. Ce qui a poussé le porte-parole du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, à appeler, jeudi matin, la Banque du Liban (BDL) et l'exécutif libanais, à savoir le gouvernement de Hassane Diab qui n'est normalement chargé que de l'expédition des affaires courantes, à "prendre immédiatement des décisions" pour assurer l'approvisionnement en carburant dans le pays, qui connaît une pénurie sévère. Dénonçant, lui aussi, "l'humiliation" subie tant par les citoyens qui font la file pendant des heures pour ne remplir qu'une partie de leur réservoir, que par des propriétaires de stations-service, M. Brax a exigé des "explications claires" concernant l'avenir des subventions sur les produits hydrocarbures.


Le rationnement du carburant est dû, selon les différents professionnels du secteur, à des modifications apportées par la Banque du Liban au mécanisme de subventions permettant aux importateurs d'obtenir des dollars au taux officiel de 1.507,5 livres pour un billet vert, ce qui ralentit, voire paralyse, le déchargement des navires de ravitaillement et donc l'approvisionnement des stations. A cela s'ajoutent les craintes des Libanais d'une levée de ces subventions sur le carburant.

"La Banque du Liban n'a toujours pas donné son autorisation préalable aux sociétés importatrices pour qu'elles permettent aux navires-citernes qui sont arrivés ou vont arriver dans les prochains jours au large du Liban de décharger leurs cargaisons de carburant", a confirmé M. Brax, qui a souligné que "des contacts sont actuellement menés pour tenter de trouver des solutions". "Pour quelles raisons veulent-ils continuer à humilier les citoyens et les propriétaires de stations-service ?", s'est interrogé le porte-parole, qui a déploré le timing de cette crise "avant un été prometteur au cours duquel on attend de nombreux expatriés" qui risquent d'annuler leur voyage. "Ceux qui ont dépensé des dizaines de milliards de dollars provenant de l'argent des déposants peuvent bien dépenser quelques millions pour sauver la saison estivale", a-t-il souligné.

Il a ajouté que sans ces nouveaux stocks à décharger des navires, "les quantités de carburant disponibles sur le territoire libanais sont limitées et ne tiendront pas longtemps". Georges Brax a dès lors exhorté les responsables concernés à "prendre immédiatement des décisions cruciales et à approuver l'ouverture des lignes de crédit demandées". "Mettre un terme aux importations et laisser le pays sans carburant est un crime dévastateur", a-t-il déclaré. "Que le gouvernement et la BDL expliquent clairement ce qu'ils veulent faire" sur la question des subventions, a-t-il ajouté, proposant un plan de levée de ce mécanisme à répartir sur quatre mois. "Et si l'exécutif veut conserver les subventions en l'état, qu'il prenne des mesures pour assurer les dollars nécessaires".

Des propos auxquels ont fait écho ceux du président du syndicat des ouvriers de compagnies pétrolières, Walid Dib, qui a appelé jeudi à une prise de décision ferme de part de l’État avant que le secteur "n'appartienne au passé". "Le secteur est paralysé et au bord de l'effondrement. Tout le monde est menacé, en faillite ou a fermé ses portes : les sociétés importatrices, les sociétés distributrices et les stations-service", a déploré le syndicaliste.

"Aucune décision n'est prise par ceux qui sont chargés de ce dossier, qu'il s'agisse des responsables ou des décideurs. Il est temps de dire aux politiques que l'humiliation des citoyens devant les stations-service suffit. Il est temps de prendre une décision politique qui exhorterait la BDL à ouvrir des crédits et faciliter le processus d'importation", a plaidé M. Dib. "Nous demandons une prise de décision ferme pour que le secteur n'appartienne pas au passé en début de semaine prochaine et que nous n'ayons pas épuisé les stocks des entreprises", a-t-il affirmé. "Le danger est réel et imminent", a encore averti le syndicaliste.

La BDL réagit

En fin de journée, la Banque du Liban a fait savoir qu'elle a tenu une réunion avec le ministre sortant de l'Énergie, Raymond Ghajar, durant laquelle ils ont abordé le dossier des carburants.

Le ministre a indiqué que les quantités d'hydrocarbures importées en 2021 sont en augmentation de 10% par rapport à 2019, malgré la pénurie en cours. M. Ghajar a également contredit les propos selon lesquels il y aurait une pénurie de carburants, affirmant que 66 millions de litres d'essence et 109 autres de mazout se trouvent dans les réservoirs des sociétés importatrices. "Ces quantités, ajoutées à celles présentes dans les stations-service, suffisent pour une semaine à dix jours", a estimé le ministre.

La Banque centrale a quant à elle affirmé qu'elle "suivrait" la question des autorisations nécessaires pour l'ouverture de crédits pour les importations "à condition de ne pas toucher aux réserves obligatoires" de la BDL. Elle a appelé les responsables à "prendre les mesures nécessaires", affirmant que cela ne relève pas de son ressort.


"Même pendant la guerre civile, nous n'avons pas été humiliés de la sorte." Tels sont les propos que tenaient, ce jeudi matin, une dame d'un certain âge devant une station-service dans le quartier beyrouthin de Geitaoui, en longeant la file d'une cinquantaine de voitures attendant de pouvoir mettre quelques litres d'essence dans leur réservoir. A la sortie de la station, Georges, la...

commentaires (6)

Dans l'un de ses discours récents le Bécile annonçait des métros, des trains des auto-déroutes et des té-nul, oh pardon, des tunnels, et peut être des voies de cyclistes et d'autres de joggeurs wet même des caniveaux (avec regards en plastique) pour la gente amphibienne etc... Alors la crise du bien-ziine est sûrement pour nous dégoûter des moteurs à explosions, nous programmer et nous mettre finalement sur le chemin du modernisme. Un p'tit incident électrique a retardé le tout c'est vrai mais l'évolution ne s'arrête jamais avec notre clique au pouxfoire, on aura bientôt chacun une massue et une peau d'ours à la dernière mode de l'âge de pierre, une grande évolution après tout par rapport au style 14 eme siècle, que d'autres nous proposent et ...insistent

Wlek Sanferlou

20 h 12, le 10 juin 2021

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Commentaires (6)

  • Dans l'un de ses discours récents le Bécile annonçait des métros, des trains des auto-déroutes et des té-nul, oh pardon, des tunnels, et peut être des voies de cyclistes et d'autres de joggeurs wet même des caniveaux (avec regards en plastique) pour la gente amphibienne etc... Alors la crise du bien-ziine est sûrement pour nous dégoûter des moteurs à explosions, nous programmer et nous mettre finalement sur le chemin du modernisme. Un p'tit incident électrique a retardé le tout c'est vrai mais l'évolution ne s'arrête jamais avec notre clique au pouxfoire, on aura bientôt chacun une massue et une peau d'ours à la dernière mode de l'âge de pierre, une grande évolution après tout par rapport au style 14 eme siècle, que d'autres nous proposent et ...insistent

    Wlek Sanferlou

    20 h 12, le 10 juin 2021

  • Notre seule arme est notre plume… Alors, prenez vos armes citoyens CrItiquez de façon extrêmement virulente tous les jours ces maudits politiciens qui ont détruit le pays et ruiné la population. N’hésitez pas à aller jusqu’à la limite de décence afin de ne pas être censurés Même si nos politiciens n’ont aucun amour propre, se savoir insultes et traines dans la m… tous les jours finira bien par les ébranler

    Liberté de Penser

    18 h 11, le 10 juin 2021

  • Nous ne sommes plus au stade de donner de la voix. Il faut sortir les griffes et les crocs et aller mettre en miettes tous ces voleurs qui se sont accaparés du pays. Ce pays nous appartient et ils l’ont massacré pour ne laisser aucune chance aux libanais patriotiques de le porter à bout de bras et d’épaules pour panser ses plaies et le sauver puisqu’ils ont pris le soin de les assommer avant en les dépouillant et les terrorisant. Il est temps d’agir car plus le temps passe et plus nous serons abîmés. C’est sur ça qu’ils misent, notre lassitude et notre résignation. Allez y les gars on va leur montrer de quel bois on se chauffe.

    Sissi zayyat

    17 h 42, le 10 juin 2021

  • Le régime fort actuel et le grand défenseur des droits des chrétiens vont figurer en première page du Guiness pour les humiliations qu’ils font subir aux libanais : 1) humiliation devant les guichets de banque pour mendier notre propre argent distillé au compte gouttes 2) humiliation en séquestrant nos devises durement acquises durant des années de labeur (et non pas volées des caisses de l’Etat) et 3n les transformant en monnaie de chimpanzé 3) humiliation dans les supermarchés où on ne trouve plus rien sauf à des prix astronomiques 4) humiliation devant les stations service pour avoir quelques litres d’essence 5) humiliation pour supplier notre fournisseur habituel pour quelques litres de mazout pour le groupe électrogène, l’EdL ne distribuant que 2 heures de courant par jour 6) humiliation de ne plus pouvoir acheter quelque équipement neuf et ne pouvoir le réparer qu’en sacrifiant des années d’épargne Nous n’avons jamais été autant humiliés de notre vie Maudits soient tous les politiciens du Liban TOUS sans exception aucune Qu’ils soient maudits eux et leur descendance Libanais réveillez vous, il doit bien exister un Commandante Che Guevara parmi vous

    Liberté de Penser

    17 h 34, le 10 juin 2021

  • Il semblerait, effectivement, que les annulations de voyages vers le Liban sont en forte augmentation, ce qui est parfaitement compréhensible, compte tenu du climat ambiant, incertain qui se dégage chaque jour davantage. Comment pourrait on, décemment, inciter des expatriés, dans ces conditions, à venir passer des vacances au Liban ... où acheter 10litres d'essence relève de la gageure...

    c...

    14 h 45, le 10 juin 2021

  • ET LES ABONNES DE L,OLJ DOIVENT TOUS ELEVER LA VOIX POUR L,HUMILIATION SUBIE PAR LA CENSURE DE LEURS LIBRES EXPRESSIONS.

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    14 h 05, le 10 juin 2021

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