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Campus - RECONNAISSANCE DES FORMATIONS

LEBPASS, un ePortfolio pour rendre plus visibles les expériences et le savoir-faire des étudiants libanais

Un passeport en ligne, qui sera fonctionnel dans un proche avenir, aidera les étudiants à faire reconnaître leur parcours de formation initiale, continue et professionnelle. Il permettra également à tout organisme ou recruteur de mieux cerner l’ensemble des compétences et savoirs des jeunes candidats.

LEBPASS, un ePortfolio pour rendre plus visibles les expériences et le savoir-faire des étudiants libanais

Les participants à l’atelier, réunis il y a plus d’un an à l’Université de Chypre, devront se pencher sur la finalisation du formulaire relatif au supplément au diplôme et discuter de points précis et techniques. Crédit photo USEK

Organisé virtuellement le 17 mai, l’atelier de travail codirigé et animé par l’Agence d’accréditation et de l’assurance qualité allemande Evalag aura pour objectif principal de discuter de l’implémentation des principes et formes d’un supplément au diplôme libanais comparable à ceux adoptés en Europe. Les participants à cette rencontre, réunis il y a plus d’un an à l’Université de Chypre, se pencheront sur la finalisation du formulaire relatif au supplément au diplôme et discuteront de points précis et techniques. Ce projet s’articule autour de quatre grands chantiers : établir des objectifs et résultats d’apprentissages clairs et durables, définir les principes pour générer le supplément au diplôme, instaurer un Centre national d’information qui supervise et contrôle la délivrance du supplément au diplôme et sensibilise les étudiants libanais et réfugiés sur ses avantages et mettre en place la plateforme LEBPASS qui intègre le module du supplément ainsi que d’autres modules similaires.

Étalé sur cinq jours, cet atelier s’inscrit dans le cadre du Work Package 3 « Renforcement des capacités, adaptation et implémentation » du projet Erasmus+ LEBPASS. Financé par la Commission européenne et coordonné par l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), il vise à créer un cadre pour délivrer un supplément au diplôme par les universités libanaises, et regroupe en sus de l’USEK, 11 autres partenaires, à savoir la Direction générale de l’enseignement supérieur au Liban, l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), l’Université libanaise (UL), l’Université libano-américaine (LAU), l’Université libano-canadienne (LCU), l’Université arabe de Beyrouth (UAB), l’Université de Chypre (UCY), l’Espace Mendès France (EMF), l’Université Bretagne-Sud (UBS), Evaluationsagentur Baden Würtemberg (evalag), ainsi que Friedrich-Alexander University Erlangen-Nürnberg (FAU).

« LEBPASS est un projet assez long. Cependant, nous trouverons un moyen pour le concrétiser, avance Randa Chidiac, directrice exécutive de l’Unité de subventions et de projets à l’USEK. Son but est de nous permettre de faciliter la lisibilité du diplôme de sorte qu’un tiers parti, quel qu’il soit, puisse comprendre clairement l’ensemble des compétences et qualifications acquises par les étudiants et jeunes diplômés, libanais ou réfugiés en provenance des universités libanaises, et ce tant à l’échelle locale que celle internationale. »

Mais que signifie au juste un supplément au diplôme ? Et qu’apporte-t-il aux universités et étudiants libanais ? « Il s’agit d’un document supplémentaire standardisé, explique-t-elle, une sorte d’annexe descriptive détaillant les connaissances, les aptitudes et les qualifications des étudiants détenteurs d’un diplôme d’enseignement supérieur et donnant des indications sur leur parcours académique, notamment l’offre de formation, ses composantes, la nature et le niveau du diplôme, le contexte des études accomplies… » Concrètement, ce supplément, une fois mis en place, offrirait moult avantages. D’abord, il contribuerait à favoriser la mobilité internationale des étudiants et jeunes diplômés sur le double plan, académique et professionnel. Il aiderait également à promouvoir la transparence non seulement au sein des universités mais aussi entre elles, tout en leur octroyant la possibilité de communiquer nettement sur le contenu de leurs programmes, à valoriser leur formation aux niveaux national et international, et à mettre en évidence les compétences de leurs diplômes. Par ailleurs, il permettrait de se renseigner avec précision sur le système d’enseignement supérieur libanais. Et faciliterait la collecte de données exactes et actualisées sur les compétences d’un étudiant. Enfin, il aiderait à la reconnaissance professionnelle et académique, renforçant ainsi la transparence des compétences.

Revenant sur les multiples réformes induites par le processus de Bologne dont, entre autres, l’adoption d’une architecture commune des systèmes d’enseignement supérieur dans l’espace européen, l’établissement d’un système lisible et comparable de diplômes et des formations construites sur des crédits ECTS transférables et capitalisables reposant sur les résultats des apprentissages et favorisant la reconnaissance des diplômes, ou encore le développement de la mobilité étudiante, Georg Seppman, représentant de l’Agence d’accréditation et de l’assurance qualité Evalag, souligne l’importance de « l’harmonisation et la standardisation » des qualifications et des compétences dans un contexte d’internationalisation et de compétition mondiale, d’autant que la création de référentiels communs aiderait les établissements d’enseignement supérieur libanais, selon ses termes, à « valider et donner plus de crédibilité à leurs programmes ».

Évoquant E-TALEB, un autre projet structurel visant à développer les normes professionnelles libanaises en matière d’enseignement et d’apprentissage et la coopération au niveau de l’innovation et de l’échange d’expériences menées dans des cadres similaires en Europe, il s’est également arrêté sur l’intérêt de la coopération et de la mutualisation des bonnes pratiques notamment avec les pays du voisinage.

« Ce qui est intéressant, remarque-il, c’est qu’au Liban, à l’inverse de l’Europe, y compris l’Allemagne où presque 80 % des établissements d’enseignement supérieur sont financés par les deniers publics, les universités relèvent beaucoup du secteur privé. Il s’agit donc de les convaincre toutes des avantages de cette grande opportunité et de l’utilité de mettre en place des politiques communes tout en restant toujours compétitives. »

Destiné à devenir un outil de référence fiable, le LEBPASS représente, d’après lui, un E-portfolio, un profil en ligne conçu en quelque sorte sur le principe de LinkedIn. Celui-ci permettrait à tout un chacun, à l’ère du numérique, de compiler et de stocker ses formations et expériences professionnelles et les compétences qui y sont associées afin de faciliter la compréhension des études accomplies et la reconnaissance des qualifications académiques et professionnelles pour l’employeur ou un organisme de formation. Donc moins de paperasse et plus de flexibilité et d’accessibilité.Impliquée dans la dissémination des informations et la communication autour de ce projet dont les objectifs s’alignent parfaitement avec sa stratégie en termes de politique d’assurance qualité, l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), comme le précise Nathalie Bitar, responsable de projet à l’AUF, travaille depuis des années sur les thématiques des compétences via le projet ADIP (Apprentissage à distance et innovation pédagogique) qu’elle coordonne. Elle intervient dans le Work Package 5 axé sur la personnalisation de la plateforme LEBPASS, chargée de gérer l’accès au supplément au diplôme, et en l’instauration d’un nouveau concept au Liban, celui des « open badges ».

Semblable au ePortfolio, ce dernier est un dispositif technologique innovant décliné sous forme d’icône, une sorte d’image numérique dans laquelle sont captées des métadonnées comme par exemple l’identité du récepteur du badge, celle de l’émetteur, les critères d’attribution du badge, et les preuves justifiant son attribution. Il a pour vocation de créer et gérer un portefeuille de certifications et de reconnaissances en fonction de ce que l’on a appris tout au long de sa vie aussi bien dans un cadre formel d’enseignement que dans la vie de tous les jours, via ses loisirs et activités sociales, associatives, etc.

Si à l’heure actuelle, il est encore trop tôt de parler des « open badges » au Liban, selon M. Seppmann, d’autant que le concept implique plusieurs démarches avant de le mettre en œuvre, il n’empêche que les travaux initiés jusque-là devront paver la voie à des changements indispensables pour faire avancer et améliorer le système d’enseignement supérieur au Liban. Privilégiant la continuité, Randa Chidiac mise, quant à elle, sur l’adoption du supplément au diplôme par la Direction générale de l’enseignement supérieur au Liban, et les universités partenaires, avant d’inclure progressivement les autres établissements. Elle espère par ailleurs pouvoir un jour impliquer les syndicats dans le processus et, pourquoi pas, étendre l’expérience aux pays de la région.




Organisé virtuellement le 17 mai, l’atelier de travail codirigé et animé par l’Agence d’accréditation et de l’assurance qualité allemande Evalag aura pour objectif principal de discuter de l’implémentation des principes et formes d’un supplément au diplôme libanais comparable à ceux adoptés en Europe. Les participants à cette rencontre, réunis il y a plus d’un an à...

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