Des manifestants kurdes affrontent les forces anti-émeutes à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, le 7 octobre 2014. Photo Ilyas Akengin AFP
Un procès s'est ouvert lundi en Turquie contre des dirigeants du principal parti prokurde, dont son ancien leader Selahattin Demirtas, en lien avec des violentes manifestions en 2014 contre le siège de la ville syrienne de Kobané par des jihadistes.
Au total 108 personnes, dont de nombreux dirigeants ou ex-dirigeants du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), sont poursuivis dans le cadre de ce procès qui s'est ouvert à Ankara, ont rapporté les médias turcs.
Ils sont accusés d'avoir fomenté les violentes manifestations qui avaient éclaté en octobre 2014 contre le siège de Kobané, une ville syrienne en majorité kurde, par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Le parquet reproche aux élus qui faisaient partie du comité exécutif central du parti au moment des émeutes, dont les anciens coprésidents Selahattin Demirtas, incarcéré depuis 2016, et Figen Yuksekdag, d'avoir "provoqué" les violences, qui ont fait 37 morts dans le sud-est de la Turquie.
Des peines de prison pour "atteinte à l'intégrité de l'Etat", assassinat et tentative d'assassinat, ainsi que pour "vol et pillage" ont été requises par le parquet contre les prévenus.
Le HDP nie d'être à l'origine des émeutes et accuse les forces de l'ordre d'avoir provoqué les violences. "Le HDP a appelé les gens à manifester pour soutenir Kobane, qui était attaquée par l'Etat islamique. (...) Presque l'ensemble des personnes tuées étaient des sympathisants du HDP", a déclaré lundi le parti prokurde dans un communiqué. "C'est un procès politique vengeur. Il est motivé par la colère du gouvernement qui n'a pas pu digérer la défaite de l'EI à Kobane", a déclaré Mithat Sancar, le coprésident du parti, avant l'audience.
Le pouvoir turc accuse le HDP d'être la "vitrine politique" du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qualifié d'organisation "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.
Le HDP rejette cette accusation et se dit victime de répression en raison de sa farouche opposition au président turc. Un procureur a saisi la Cour constitutionnelle en mars pour réclamer la fermeture du HDP mais l'examen de ce dossier a été reporté en raison de "vices de procédure".
Ils sont accusés d'avoir fomenté les violentes manifestations qui avaient éclaté en octobre 2014 contre le siège de Kobané, une ville syrienne en majorité kurde, par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
Le parquet reproche aux élus qui faisaient partie du comité exécutif central du parti au moment des émeutes, dont les anciens coprésidents...


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