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Économie - Électricité

L’appel d’offres pour le gasoil en suspens depuis plus d’une semaine

L’appel d’offres pour le gasoil en suspens depuis plus d’une semaine

La Direction des adjudications (DDA) a annoncé hier avoir réceptionné sept offres d’entreprises pour l’importation de 480 000 tonnes de fuel oil de grade A. Vue sur la centale de Zouk. Photo M.A.

Alors que les plis pour les appels d’offres d’importation de fuel oil de grade A et B destinés aux centrales qui produiront du courant pour le compte d’Électricité du Liban (BDL) seront respectivement ouverts lundi et mardi, celui du gasoil, prévu mercredi et destiné aux centrales de Zahrani (Liban-Sud) et Deir Ammar (Liban-Nord), est, lui, en suspens depuis jeudi 8 avril, selon une source proche du dossier. En cause : la société allemande Siemens à laquelle EDL a fait appel « s’est trompée dans une des méthodes de test pour le gasoil », indique la source. Or c’est elle qui a rédigé les caractéristiques que le carburant doit respecter, ainsi que les tests à entreprendre pour les vérifier, poussant alors le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, à suspendre les appels d’offres de type spot cargo (réservés aux commandes ponctuelles) prévu le 8 avril et celui de mercredi prochain, explique-t-elle. En effet, « si le cahier des charges n’est pas modifié, l’histoire risquera de se répéter, faisant perdre de l’argent au Liban, en raison du paiement des coûts d’amarrage des navires au port ».

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L’histoire à laquelle fait référence la source a débuté à la mi-mars lorsque le navire-citerne Histria Perla est arrivé dans les eaux libanaises. La partie libanaise a envoyé au laboratoire émirati Bureau Veritas un échantillon à analyser, mais il n’a pas pu vérifier une des 23 composantes du gasoil selon la méthode préconisée par Siemens. Il s’agissait d’évaluer la teneur en gomme – résidus des carburants qui ne peuvent pas s’évaporer – selon la méthode « ASTM D381 », alors que les normes internationales préconisent cette méthode uniquement pour les carburants destinés aux avions et aux voitures, selon l’entreprise autrichienne Anton Paar qui produit du matériel spécialisé pour les laboratoires. « Pour le gasoil destiné aux centrales de production d’électricité, il fallait donc suivre la méthode modified ASTM D381 », explique la source, qui indique que la partie libanaise a également sollicité l’avis de deux autres laboratoires d’analyses internationaux, dont le britannique Intertek.

Ainsi, pour le moment, les importations de gasoil sont suspendues au changement du cahier des charges par Siemens, demandé par EDL, mais la source n’a pas pu s’avancer sur un délai de réponse de leur part, ni sur l’impact sur la production d’électricité, indiquant toutefois que l’appel d’offres pourra être lancé aussitôt la modification reçue. L’approvisionnement en carburant (fuel oil grade A et B) des autres centrales n’est pas compromis, la Direction des adjudications (DDA) a d’ailleurs annoncé hier avoir réceptionné sept offres d’entreprises pour l’importation de 480 000 tonnes de fuel oil de grade A.

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Les contrats liant l’État libanais aux compagnies Sonatrach (Algérie) et Kuwait Petroleum Corporation (KPC) étaient arrivés à terme fin décembre 2020. Mais suite au scandale du fuel défectueux, celui du partenaire algérien n’a finalement pas été renouvelé, tandis que celui du koweïtien aurait été prolongé pour seulement quelques mois. Entre-temps, et pour éviter une grave pénurie de fuel, le ministère a eu recours à des appels d’offres de type spot cargo, réservés aux commandes ponctuelles, qui ont été marquées par plusieurs problèmes au cours des derniers mois, provoquant régulièrement des pénuries de carburant dans les centrales et donc un rationnement encore plus sévère de l’approvisionnement dans le pays.

Pour couvrir les besoins financiers d’EDL pour importer le carburant, le Parlement avait approuvé fin mars le versement d’une avance de 200 millions de dollars (300 milliards de livres au taux officiel de 1 500 livres) à EDL. Ce texte avait été approuvé par les commissions mixtes sur base de l’équation « avance du Trésor ou l’obscurité », mais les 1 500 milliards de livres réclamés par l’institution publique et le ministère de l’Énergie avaient été revus à la baisse, étant donné le peu de réserves en devises disponibles auprès de la Banque du Liban (BDL).

Le Liban, qui traverse une crise financière sans précédent, ne parvient pas à produire assez d’électricité pour répondre à la demande locale. Les Libanais sont donc privés de courant plusieurs heures par jour et doivent recourir à des générateurs privés pour combler leurs besoins.


Alors que les plis pour les appels d’offres d’importation de fuel oil de grade A et B destinés aux centrales qui produiront du courant pour le compte d’Électricité du Liban (BDL) seront respectivement ouverts lundi et mardi, celui du gasoil, prévu mercredi et destiné aux centrales de Zahrani (Liban-Sud) et Deir Ammar (Liban-Nord), est, lui, en suspens depuis jeudi 8 avril, selon une...

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