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Économie - Hydrocarbures

Carburant : pas de levée des subventions avant l’adoption de la carte de financement, selon Ghajar

Carburant : pas de levée des subventions avant l’adoption de la carte de financement, selon Ghajar

Des files d’attente sont de plus en plus fréquentes dans les stations-services en raison de la crise du carburant. Photo M.A.

Le Premier ministre sortant Hassane Diab et son ministre de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, ont discuté hier avec les principaux acteurs de la filière de la crise du carburant que traverse actuellement le pays.

Le ministre a ensuite indiqué à la presse que le principal problème du secteur était la contrebande de carburant vers la Syrie en raison de la différence des prix de vente entre les deux pays, les importations de carburant au Liban bénéficiant d’un mécanisme de subvention mis en place par la Banque du Liban (BDL) qui limite l’effet de la dépréciation de la livre libanaise sur l’inflation touchant cette catégorie de produits. Si le débat sur la levée de ces mécanismes fait désormais irruption tous les jours dans l’actualité, le ministre a assuré que cette étape ne sera pas franchie avant que l’alternative envisagée pour les remplacer, à savoir le déploiement d’un système de cartes de financement dédié, ne soit effectivement mise en place.

Comme celles de blé ou de médicaments, les importations d’essence bénéficient en effet depuis le début de la crise qui a démarré en 2019 d’un mécanisme de subvention de la Banque du Liban qui permet aux professionnels de la filière de lui acheter 90 % des dollars nécessaires au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar pour payer leurs fournisseurs. Ce dispositif permet en outre au ministère de plafonner les prix de l’essence – mais aussi du mazout et du gaz – à des prix moins élevés que s’ils étaient calculés en tenant compte du taux actuel sur le marché parallèle, beaucoup plus élevé.

Selon Raymond Ghajar, le prix d’un bidon de 20 litres est vendu environ 40 000 livres libanaises, soit 3,25 dollars au taux du marché parallèle qui s’est établi hier autour de 12 300 livres pour un dollar hier. Mais en Syrie, le même bidon est vendu par les pompistes agréés à 140 000 syriennes, soit 45,16 dollars au taux du marché noir dans ce pays (pour un taux de 3 100 livres syriennes pour un dollar), pour atteindre jusqu’à 240 000 livres syriennes (77,42 dollars) chez les distributeurs illégaux. Une marge plus qu’intéressante pour les contrebandiers, voire les particuliers qui arrivent à traverser la frontière avec du surplus d’essence, alors que les deux pays subissent, pour des raisons différentes, d’importantes crises économiques et sociales.

Face à cette situation, le ministère prévoit donc à terme « d’ajuster les prix » pour qu’il ne soit plus nécessaire de subventionner les importations de carburant, tout en mettant un système d’aides mensuelles distribué via des cartes électroniques à 75 % des 4 millions de Libanais vivant au Liban. Préparé par le ministre sortant de l’Économie et du Commerce, Raoul Nehmé, en coopération avec la Banque mondiale depuis l’été 2020, ce projet a été détaillé en décembre. Son adoption se heurte actuellement au blocage politique lié à la formation d’un gouvernement, depuis août dernier. Toutefois, le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, avait indiqué que la subvention du carburant allait bientôt passer de 90 % à 85 %, en raison de la faiblesse des réserves de la Banque centrale.La contrebande de carburant n’est pas la seule raison de la raréfaction de l’essence dans le pays. En effet, le retard dans l’ouverture de lignes de crédits de la part de la BDL en est également une, selon plusieurs professionnels de la filière.


Le Premier ministre sortant Hassane Diab et son ministre de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, ont discuté hier avec les principaux acteurs de la filière de la crise du carburant que traverse actuellement le pays.
Le ministre a ensuite indiqué à la presse que le principal problème du secteur était la contrebande de carburant vers la Syrie en raison de la différence des prix de...

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