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Société - Drame

L’enquête n’a toujours rien révélé sur la noyade des trois sœurs de Bziza

L’enquête n’a toujours rien révélé sur la noyade des trois sœurs de Bziza

La photo des trois sœurs, Carole, Aïda et Myrna, retrouvées mortes sur le littoral syrien samedi dernier. Photo publiée sur le compte Twitter de Hayat Mirshad, directrice de FeMale

Elles s’appelaient Carole, Aïda et Myrna Hajj Hassan. Ces trois sœurs vivaient avec leurs parents et leur large fratrie dans le village de Bziza, caza du Koura. L’aînée avait 25 ans et les deux autres étaient mineures. Elles ont quitté le domicile familial, dimanche 28 mars, en direction de Chekka. Leurs corps sans vie ont été retrouvés samedi dernier sur le rivage de la ville syrienne de Tartous.

Depuis, le pays est en émoi. Car une famille a perdu d’un coup trois de ses membres. Et la thèse du suicide collectif est privilégiée, à moins qu’il ne s’agisse d’une fugue qui s’est terminée tragiquement. Pour le moment, « l’enquête officielle n’a toujours rien révélé », rapporte une source sécuritaire à L’OLJ. « Rapatriés vers l’hôpital gouvernemental de Tripoli, les corps (identifiés par le père) attendaient hier d’être examinés par un médecin légiste. » Quelques jours plus tôt, les autorités syriennes avaient conclu à une mort par noyade.

Le drame a été révélé par notre consœur Jana Dhaybi, dans le média en ligne al-Modon. Les trois sœurs auraient, le dernier dimanche de mars, « après avoir quitté le domicile parental, contacté l’un des membres de la famille, lui faisant part de leur intention de se suicider ensemble », explique à L’OLJ la journaliste.

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« Elles auraient ensuite éteint leurs téléphones portables, avant de prendre la mer à bord d’une embarcation », ajoute Mme Dhaybi, qui rapporte que selon des villageois interrogés « les trois sœurs étaient victimes de violence familiale et n’avaient pas accès à l’éducation ». Une hypothèse rapidement reprise par la féministe Hayat Mirshad, fondatrice de l’association FeMale, qui dénonce sur Twitter la vie difficile des jeunes femmes « victimes de violence familiale à répétition » et « privées d’instruction ».

Selon le président du conseil municipal de Bziza, Pierre Obeid, la famille des malheureuses était originaire de la région Baalbeck-Hermel. « Le père, un chauffeur de taxi de confession chiite, s’était installé à Bziza il y a une vingtaine d’années, comme nombre de familles chiites, vu les opportunités d’emploi dans cette région agricole », explique-t-il à L’OLJ. « Tout ce que l’on peut dire de cette famille ordinaire de condition modeste, c’est qu’elle souffrait particulièrement de la crise économique actuelle, et qu’elle traversait une période difficile, comme la plupart des Libanais », ajoute-t-il. Quant à l’éventualité de violences familiales, l’élu dit n’en rien savoir. « Dans le message qu’elles ont adressé à leur famille, elles ont indiqué ne pas être heureuses et avoir l’intention de mettre fin à leurs jours », observe-t-il toutefois, précisant que « c’est le père des trois filles qui a rapporté leur disparition aux autorités ». Quoi qu’il en soit, « la population de Bziza est sous le choc ».

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L’Union pour la protection de l’enfance au Liban (UPEL) refuse, pour sa part, de se prononcer, dans l’attente des résultats des investigations.

« Nous suivons de près le dossier », souligne la présidente de l’organisme, Amira Sukkar. Toutes les thèses restent donc possibles : suicide, accident suite à une fugue, ou même meurtre.


Elles s’appelaient Carole, Aïda et Myrna Hajj Hassan. Ces trois sœurs vivaient avec leurs parents et leur large fratrie dans le village de Bziza, caza du Koura. L’aînée avait 25 ans et les deux autres étaient mineures. Elles ont quitté le domicile familial, dimanche 28 mars, en direction de Chekka. Leurs corps sans vie ont été retrouvés samedi dernier sur le rivage de la ville...

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Pour une fois, le titre promet moins que ce que révèle l'article

M.E

22 h 56, le 06 avril 2021

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Commentaires (1)

  • Pour une fois, le titre promet moins que ce que révèle l'article

    M.E

    22 h 56, le 06 avril 2021

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