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Nos lecteurs ont la parole

Le chiffre sept, le phénix de cette ville

Sept. Ce chiffre pourrait vous rappeler plein de choses : il pourrait refléter le nombre de pays que vous avez visités, le nombre de buts marqués par l’Allemagne dans les filets brésiliens, une note obtenue durant votre parcours académique, etc.

Pour les Libanais, ce chiffre désigne le nombre de mois depuis la funeste double explosion du 4 août 2020, dans le port de Beyrouth. Sept mois de blessures physiques mais surtout morales, avec une pincée de crise économique, un morceau de crise sanitaire et une cuillère de crise gouvernementale et politique. Une parfaite recette pour résumer la situation ; du jamais-vu dans l’histoire du Liban.

Il y a 7 mois, on disait toujours que Beyrouth symbolise le phénix. En effet, cette ville a été détruite et reconstruite 7 fois : « Il y a 7 Beyrouth en dessous de Beyrouth. » À présent, il y en a 8 : la double explosion de Beyrouth a permis à une 8e Beyrouth de régner, dans les ténèbres, sur les 7 précédentes.

D’habitude, le chemin de sa résurrection est très court. Aujourd’hui, avec une triple crise, économique, sanitaire et politique, mais aussi avec le traumatisme subi par le peuple, le phénix n’arrive pas à se lever.

Même s’il est difficile de comprendre, les Libanais, et pour la première fois, ont du mal à accepter la reconstruction de leur capitale. Pourquoi ? C’est logique ! Revenons à la fin de la guerre civile libanaise, lorsque la ville s’est relevée. Je cite cet événement pour une simple raison que Beyrouth revoit toujours le jour, alors que la vie récompense ceux qui l’ont tuée et ont profité de sa résurrection. Le peuple insiste donc sur le fait que le 4 août reste une plaie ouverte causée par la barbarie des dirigeants.

N’est-il pas temps que la base de ce phénix soit fondée sur la justice ? N’est-il pas temps de le soulever ensemble, réunis, sans divisions, sans peur du lendemain, sans crainte de l’avenir, sans souci et enfin sans ses dirigeants, ceux qui ont géré en même temps sa mort et sa résurrection ?

N’est-il pas temps de vaincre la mort une bonne fois pour toutes ?

Le Liban vit la période la plus difficile de son histoire présidée par des politiciens qui ont géré une guerre civile, une occupation israélienne, une tutelle syrienne, une série d’assassinats, une crise économique et, enfin, une double explosion nucléaire.

Sont-ils capables de rétablir ce pays ? Si oui, en ont-ils le droit ? Et si oui, le rétablissement sera-t-il une guérison définitive ?

La réponse ? Elle se trouve sous vos yeux.

Mais y a-t-il encore des yeux après tout ce que l’on a vu ?

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Sept. Ce chiffre pourrait vous rappeler plein de choses : il pourrait refléter le nombre de pays que vous avez visités, le nombre de buts marqués par l’Allemagne dans les filets brésiliens, une note obtenue durant votre parcours académique, etc.
Pour les Libanais, ce chiffre désigne le nombre de mois depuis la funeste double explosion du 4 août 2020, dans le port de Beyrouth. Sept mois de blessures physiques mais surtout morales, avec une pincée de crise économique, un morceau de crise sanitaire et une cuillère de crise gouvernementale et politique. Une parfaite recette pour résumer la situation ; du jamais-vu dans l’histoire du Liban.
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