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Société - Explosions au port

Les parents de victimes donnent trois semaines au juge Bitar pour dévoiler les premiers résultats

D’ici 7 à 8 jours ouvrés, l’armée aura distribué en tout 150 milliards de livres libanaises en guise de dédommagement à une partie des foyers sinistrés.

Les parents de victimes donnent trois semaines au juge Bitar pour dévoiler les premiers résultats

Des proches des victimes des explosions du port, lors d’une conférence de presse hier, au Club de la presse. Photo ANI

Les familles des victimes de la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, ont donné trois semaines au nouveau juge chargé de l’enquête, Tarek Bitar, nommé le 19 février pour succéder à Fadi Sawan, pour dévoiler les premiers résultats du dossier. Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Ordre des rédacteur de presse, ces familles ont par ailleurs dénoncé plusieurs manquements des services publics après le drame, notamment en ce qui concerne les soins de santé pour les blessés nécessitant un suivi de longue durée. « Le juge Bitar nous a demandé deux semaines pour étudier le dossier, nous lui en avons accordé trois. Nous lui avons également assuré que nous ne permettrons pas que se reproduise ce qu’il s’est passé avec le juge Fadi Sawan », a affirmé le porte-parole du comité des familles des victimes, Ibrahim Hoteit, qui a perdu son frère dans la catastrophe. M. Hoteit a appelé la Cour de cassation, dont la chambre pénale avait pris la décision de dessaisir M. Sawan, à « bien réfléchir » avant de prendre toute décision éventuelle concernant les suites de l’enquête « pour ne pas être considérée comme responsable de la ruine du pays ». « Arrêtez vos petits calculs étroits, sinon vous deviendrez la cible de notre révolution », a-t-il menacé, annonçant qu’en cas de nouvelle ingérence politique dans l’enquête, les proches de victimes se rendront directement chez les responsables qui feraient obstacle à l’instruction. La mise à l’écart du juge Sawan avait attisé la colère des proches des victimes qui craignent que l’enquête ne soit tout simplement enterrée.

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Le porte-parole des proches des victimes a également dénoncé la mauvaise gestion de l’État dans le traitement des personnes blessées. Il a notamment critiqué le fait que le ministère de la Santé n’a pas diffusé à tous les hôpitaux du pays la liste complète des blessés. En conséquence, les personnes qui nécessitent encore de recevoir des soins à long terme se voient obligées de se rendre dans les hôpitaux où elles ont été prises en charge lors de la double explosion, pour que leurs frais soient couverts par le ministère ou la Caisse nationale de la Sécurité sociale (CNSS). Il a également pointé du doigt les ministères de la Défense et des Finances pour leur mauvaise gestion des dossiers des compensations dont devraient bénéficier les familles des victimes, dans le cadre de la loi adoptée fin novembre 2020, en vertu de laquelle les victimes du port ont été assimilées à des « martyrs » de l’armée. Entre autres reproches évoqués par M. Hoteit, le fait que des documents présentés pour bénéficier du statut de « martyr de l’armée » aient été refusés, sous prétexte que l’heure du décès de la victime n’est pas indiquée de manière précise et que la Défense et les Finances se rejetaient la responsabilité de cette procédure. « Nous leur demandons d’arrêter immédiatement cette farce », a-t-il lancé. Il a entre autres regretté que cette loi ne prenne pas en compte les droits des personnes qui se sont retrouvées handicapées après la déflagration.

150 milliards distribués par l’armée

Le drame du 4 août a également laissé des centaines de milliers de familles sans logement, dont beaucoup attendent toujours le dédommagement. L’armée, chargée de la distribution des aides, a fait le point hier sur les compensations financières déjà versées par l’État aux personnes dont les logements ont été endommagés par la double déflagration. Un porte-parole militaire a rappelé que 150 milliards de livres libanaises avaient été alloués jusque-là par les autorités, lors d’une conférence de presse organisée au ministère de la Défense. Ces aides ont été octroyées en deux phases, a-t-il dit : 100 milliards de livres ont déjà été distribués entre le 26 octobre et le 3 novembre 2020. Par ailleurs, 50 milliards ont commencé à être distribués à la mi-février, cette étape devant se terminer en principe d’ici 7 à 8 jours ouvrés.

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« Jusqu’au 26 février, nous avons donné 31 des 50 milliards alloués par le gouvernement, à 4 635 habitations », a indiqué le porte-parole de l’armée qui précise que ces sommes serviront à dédommager des habitants des districts de Khandak el-Ghamik, Bachoura, Zokak el-Blatt, Aïn el-Mreissé, Mina el-Hosn, Basta, Sin el-Fil, Bauchrieh et Bourj Hammoud. Il a en outre rappelé que 12 472 habitations se trouvant dans un rayon de 2,5 km autour de l’explosion ont déjà profité de la première phase de paiements.Le militaire a indiqué que l’armée avait commencé à distribuer ces fonds pour la réparation des logements dits « normaux » et « moyens » (par opposition aux logements dits « luxueux » et « super luxueux » ) situés dans un rayon de 2,5 kilomètres du lieu de la déflagration, afin d’effectuer les réparations les plus importantes, comme l’installation de portes et fenêtres, précisant que cet ordre de priorité avait été établi étant donné que le montant de 100 milliards prévu au départ était insuffisant pour compenser tous les sinistrés. Quant aux personnes qui sont dédommagées en ce moment, leurs habitations se situent dans un rayon de 7,5 km et sont considérées comme étant moins endommagées que celles se trouvant à proximité du port.

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La distribution se poursuivra pour les personnes considérées comme prioritaires, avant que ne puissent en bénéficier les logements considérés comme luxueux et les bâtiments historiques. Lorsque ces versements auront tous été effectués, l’armée entreprendra la distribution de fonds pour compenser les propriétaires de voitures, entreprises et commerces endommagés.

Selon l’institution militaire, le montant de 150 milliards de livres jusqu’à présent alloué couvre 10 % seulement des 1 500 milliards de compensations prévus par la loi adoptée mi-octobre 2020 sur la protection et la reconstruction des quartiers sinistrés.

Le porte-parole de l’armée a par ailleurs rappelé que 87 519 bâtiments avaient été endommagés par les explosions du port, dont 20 institutions gouvernementales, 14 848 commerces, 5 251 sociétés commerciales, 4 100 espaces publics, 991 restaurants et bars, 92 écoles, 14 hôpitaux, 25 hôtels, 91 bâtiments religieux et 62 087 habitations.


Les familles des victimes de la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, ont donné trois semaines au nouveau juge chargé de l’enquête, Tarek Bitar, nommé le 19 février pour succéder à Fadi Sawan, pour dévoiler les premiers résultats du dossier. Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Ordre des rédacteur de presse, ces familles ont par ailleurs...

commentaires (1)

QUI UTILISAIT ET RETIRAIT DES QUANTITES DE NITRATE DU DEPOT DU PORT CAD LE PROPRIETAIRE EST TRES FACILE A CONNAITRE DES DOCUMENTS PORTUAIRES ET D,AILLEURS EST CONNU. QUE LE JUGE COMMENCE DONC PAR LA TETE ET NON PAR LA QUEUE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

09 h 53, le 02 mars 2021

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Commentaires (1)

  • QUI UTILISAIT ET RETIRAIT DES QUANTITES DE NITRATE DU DEPOT DU PORT CAD LE PROPRIETAIRE EST TRES FACILE A CONNAITRE DES DOCUMENTS PORTUAIRES ET D,AILLEURS EST CONNU. QUE LE JUGE COMMENCE DONC PAR LA TETE ET NON PAR LA QUEUE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 53, le 02 mars 2021

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