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Politique - Appel à une conférence internationale

A Bkerké, soutien druzo-chrétien en faveur de Raï

"Est-ce que quelqu'un a entendu le patriarche évoquer le Chapitre VII ?", se demande Ghazi Aridi, dans une réponse claire au chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a critiqué le prélat maronite sans le nommer.

A Bkerké, soutien druzo-chrétien en faveur de Raï

Des députés du groupe parlementaire des Forces libanaises, le 24 février 2021 à Bkerké lors d'une rencontre avec le patriarche maronite, Béchara Raï (c). Photo ANI

Après les critiques à peine voilées du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au patriarche maronite, Béchara Raï, pour son appel à la tenue d'une conférence internationale sous l'égide de l'ONU consacrée à la crise au Liban, des députés des Forces libanaises du dirigeant chrétien Samir Geagea et un ex-ministre du Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt se sont rendus mercredi à Bkerké pour exprimer leur solidarité au cardinal.

"Assassiner le peuple"
"La neutralité historique du Liban a accompagné la création de cette entité lorsque le gouvernement de l'Indépendance avait annoncé la neutralité face à l'Est et l'Ouest", a affirmé le député Antoine Habchi, au nom du groupe parlementaire La République forte, affilié aux FL, après un entretien avec le prélat maronite. "Se défaire de cette neutralité mènera le Liban aux conflits et menacera son unité", a-t-il prévenu. "Ceux qui attaquent les positions du patriarche sont ceux-là mêmes qui avaient accepté de tenir le Liban à l'écart de la politique des axes en soulignant la nécessité du respect de la légalité au Liban", a encore ajouté M. Habchi. Selon lui, "le pouvoir au Liban s'est transformé en un outil pour assassiner le peuple et a perdu sa popularité, après avoir failli à protéger les Libanais après le séisme du 4 août", en référence à la gigantesque explosion meurtrière au port de Beyrouth. Antoine Habchi a enfin estimé que "la solution serait d'obéir à la volonté des Libanais en produisant un nouveau pouvoir issu d'élections législatives anticipées", le scrutin étant prévu l'année prochaine.

Chapitre VII
Le 7 février, le patriarche Raï avait plaidé ouvertement, pour la première fois, en faveur d’une conférence internationale qui s’attellerait à une refondation de l’État libanais sur des bases institutionnelles, politiques et diplomatiques plus solides. Selon lui, cette conférence devrait discuter les lacunes constitutionnelles et les armes illégales, dans une critique claire à l'arsenal du Hezbollah. Dans son dernier discours, le 16 février, Hassan Nasrallah avait assimilé l’appel du patriarche, sans nommer ce dernier, à une "déclaration de guerre", en évoquant le chapitre VII de la Charte de l'ONU. Ce chapitre crée le cadre dans lequel le Conseil de sécurité des Nations unies peut prendre des mesures coercitives et recourir à des mesures militaires "pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales".

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"Est-ce que quelqu'un a entendu le patriarche évoquer le Chapitre VII ?", s'est interrogé depuis Bkerké l'ancien ministre Ghazi Aridi, représentant Walid Joumblatt. "Le but d'une telle conférence internationale est de réunir des pays en vue de soutenir le Liban, comme cela s'est déjà fait par le passé, notamment à La Celle-Saint-Cloud ou à Taëf", a rappelé l'ancien ministre. Plusieurs responsables et personnalités proches de Bkerké ont déjà affirmé que le patriarche n'a à aucun moment brandi la menace du Chapitre VII dans son appel.

"L'Etat est malade et sur le point de mourir"
Le député du Kesrouan Farid Haykal el-Khazen est allé dans le même sens, mercredi, en démentant toute référence au Chapitre VII. "Le patriarche n'a pas mentionné dans ses propos la question du Chapitre VII ni celle de l'internationalisation", a affirmé l'élu dans des propos accordés à la chaîne al-Jadeed. "Bkerké est un siège national et non un parti politique. Il est la première garantie des valeurs historiques et nationales et tient à renforcer l'union nationale et non le contraire", a-t-il soutenu. 

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"L'Etat est malade et sur le point de mourir. Les divergences entre le président de la République et le Premier ministre désigné pourraient s'aggraver, ce qui menace toute formation du gouvernement dans un avenir proche", a encore prévenu le député. Car en effet, le Premier ministre Saad Hariri, désigné le 22 octobre 2020 pour mettre sur pied son cabinet, n'a pas réussi à le faire six mois plus tard, en raison d'un bras de fer avec le président Michel Aoun et son camp, notamment autour de leurs prérogatives respectives et sur la répartition des portefeuilles entres les partis politiques. Cette grave crise politique est couplée par une crise économique et sociale aggravée par l'explosion au port de Beyrouth et la pandémie du coronavirus.

Le dernier responsable étranger en date à avoir relayé l'appel du patriarche maronite serait l’ancien coordinateur spécial de l’ONU pour le Liban, Jan Kubis. Dans un appel téléphonique au patriarche demeuré confidentiel, M. Kubis aurait affirmé avoir transmis cet appel au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lequel y aurait réagi avec compréhension. C’est du moins ce qu’avançait la chaîne MTV. L'Orient-Le Jour n'a pas été en mesure de confirmer cet appel de source indépendante. Toutefois, le siège patriarcal ne l’a pas démenti.


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