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Culture - Entretien

Reine Semaan, un film sous le signe de la première fois...

Sélectionné dans la section Panorama à la Berlinale, « Death of a Virgin, and the Sin of not Living », du jeune cinéaste George Peter Barbari, est produit par « Bee on set productions ». Reine Semaan, la cofondatrice de la boîte, parle de cette aventure exaltante.

Reine Semaan, un film sous le signe de la première fois...

L’affiche du film « Death of a Virgin, and the Sin of not Living ».

Quand avez-vous monté votre propre société de production ?

J’ai poursuivi mes études d’audiovisuel à Beyrouth alors que je suis née et que j’ai grandi à Dubaï. Je n’avais donc pour option, après mes études, que de retourner aux Émirats. Mais il me semblait, avec tout le respect que je dois à Dubaï, que le seul endroit pour faire du cinéma était le Liban avec son vivier de talents. Avec une amie, Chrystelle Younes, nous voulions affirmer notre indépendance et ne plus être des free lancers mais des productrices à part entière, pour avoir le loisir de choisir les films que nous aimerions produire : des films humanitaires qu’on avait laissés de côté. Nous avons donc créé, en 2017, notre propre boîte de production : Bee on set productions. Nous avons commencé à faire des courts métrages jusqu’à ce que ce script de long métrage nous tombe (presque du ciel) entre les mains. Nous nous sommes battues pour le produire.

Comment le scénario de George Peter Barbari a atterri sur votre bureau ?

George, un cinéaste qui n’a pas encore atteint la trentaine, était en train de faire un casting pour son court métrage et la directrice de casting, qui est une amie, l’a aidé dans cette tâche. Un jour, elle lui a demandé s’il avait un script de long métrage déjà prêt. Il lui a répondu par l’affirmative. Elle l’a donc invité à prendre un café avec nous. Six mois après, il était encore chez nous. Son script était déjà terminé et élaboré. Même ses acteurs étaient entraînés depuis trois ans (au moyen d’allers-retours qu’il accomplissait avec ses amis, les protagonistes du film en s’échangeant des idées). George a commencé à tourner lorsque nous avons pu obtenir des fonds de AFAC et d’Images francophones.

De quoi s’agit-il au juste dans le film ?

Le film part de la fois où un jeune homme de quinze ans perd sa virginité. Pour faire comme les autres et ne pas être raillé par ses amis ou pour devenir un vrai homme comme le dicte la société, il va devoir faire face à une expérience assez traumatisante : une visite chez les prostituées. En effet le film raconte ce par quoi est passé George, ses questionnements, ses craintes, ainsi que l’étrange regard qu’il a longtemps porté aux femmes.

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Cette expérience n’est pas seulement personnelle. Elle a une portée universelle et s’adresse à tous les jeunes qui veulent s’affirmer en société puisqu’elle traduit la mentalité orientale qui impose tellement de diktats à la fille ou au garçon selon son sexe. Des phrases qu’on entend souvent concernant les jeunes de sexe masculin telles que : « Il n’est pas permis aux garçons de pleurer » tandis qu’un papa ou une maman dira à sa fille, lorsqu’elle atteint l’âge de l’adolescence, de se méfier des garçons.

Et aujourd’hui, le film est sélectionné dans la section Panorama à la Berlinale !

En fin de compte, George, qui a toujours cru dans ce projet car il l’a travaillé avec passion, se dit aussi ravi de faire son premier festival avec Death of a Virgin, and the Sin of not Living. C’est donc le premier film à être produit par Bee on set productions, son premier film à lui ainsi que le premier festival auquel il participe et non des moindres puisqu’il s’agit de la Berlinale.


Quand avez-vous monté votre propre société de production ?J’ai poursuivi mes études d’audiovisuel à Beyrouth alors que je suis née et que j’ai grandi à Dubaï. Je n’avais donc pour option, après mes études, que de retourner aux Émirats. Mais il me semblait, avec tout le respect que je dois à Dubaï, que le seul endroit pour faire du cinéma était le Liban avec son vivier de...

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