Le secrétaire général de l’ONU, Antonió Guterres. Hannibal Hanschke/File Photo/Reuters
Le secrétaire général de l’ONU, Antonió Guterres, a réaffirmé que l’État devrait « avoir le monopole des armes » au Liban, en insistant sur le fait qu’« un État ne peut pas être fonctionnel en présence de plusieurs forces armées en son sein ». C’est un message ferme que le chef de l’ONU a ainsi adressé de nouveau jeudi aux autorités libanaises, en faisant allusion à l’arsenal du Hezbollah qu’il n’a pas nommé. C’est aussi une réponse indirecte à une éventuelle attitude « plus réaliste » et plus souple à l’égard de la formation chiite, suggérée par Paris à Washington, pour sortir le pays du Cèdre de l’impasse politique et économique dans laquelle il se débat.
M. Guterres s’est exprimé au sujet du Liban lors de la première conférence de presse « hybride » de l’année qu’il a tenue jeudi au siège de l’ONU, au terme d’une réunion informelle avec les États membres des Nations unies. Au cours de cette réunion, M. Guterres a présenté ses dix priorités pour l’année 2021, exhortant ses interlocuteurs à passer en « 2021 à la vitesse supérieure et à remettre le monde sur la bonne voie ».
À la question de L’OLJ sur le point de savoir si l’ONU pourrait adopter une position « plus réaliste » à l’égard du Hezbollah pour aider le Liban à sortir de sa crise politique, économique et financière, notamment pour ce qui a trait à l’application des résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité, Antonió Guterres a répondu : « Je crois qu’il faut savoir quels sont les principes à appliquer, et ces principes sont clairs et essentiels. Un État doit avoir le monopole de l’utilisation des armes. Il sera toujours très difficile pour un État d’être fonctionnel en présence de plusieurs forces armées en son sein et en l’absence d’une unité qui est fondamentale. »
Et d’ajouter : « Nous avons toujours eu une approche en simultané de ce problème, de manière à œuvrer pour la concrétisation de ce principe, mais avec le pragmatisme nécessaire pour conduire des négociations et des discussions et pour prendre des mesures afin d’aider le Liban à régler ses problèmes. Non seulement nous voulons aider le Liban à vaincre la crise économique, mais aussi à réaliser toutes les réformes nécessaires au redressement du pays. » Selon M. Guterres, « dans le cadre de ces réformes, celle du système de sécurité et le monopole par l’État de l’exercice de la force, comme partout dans le monde, restent une question centrale ».
Ces propos interviennent alors qu’il y a quelques jours, un responsable de la présidence française, cité par l’agence Reuters, avait estimé, sous couvert d’anonymat, que sous la présidence de Joe Biden, les États-Unis devraient adopter une attitude « plus réaliste » à l’égard du Hezbollah pour aider à mettre fin à l’impasse politique et économique au Liban.
M. Guterres s’est exprimé au sujet du Liban lors de la première conférence de presse...



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
C’est quoi l’attitude plus réaliste? Peut-être placer les résolutions 1701 et 1559 sous le chapitre 7 de la charte des nations unies !
12 h 30, le 31 janvier 2021