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Nos Lecteurs ont la Parole

Combien faudra-t-il encore de « Marie » pour qu’ils réagissent enfin ?

11h. Le téléphone sonne. Marie, une femme que notre association « Tartine du matin » aide avec un malheureux colis alimentaire par mois pour nourrir sa famille, m’appelle en sanglotant. Son enfant de 20 jours n’arrive plus à se nourrir. Son corps se déshydrate. Il se meurt dans ses bras.

Pour le sauver, il faut opérer. Coût de l’opération, dans un petit hôpital privé de la région : 14 millions de livres libanaises ou... la mort de son bébé.

Il a fallu l’intervention du Dr Robert Sacy, qui n’a pas hésité à répondre à notre appel pour le faire admettre d’urgence à l’hôpital de la Quarantaine le jour-même. Il a fallu surtout assurer la bagatelle de... 2 600 000 LL pour opérer d’urgence ce petit et le rendre à sa maman. Il a fallu que le bon Dieu nous mette par hasard sur le chemin de cette femme pour sauver son petit et le garder vivant. Marie n’a pas 10 000 LL en poche pour nourrir ses enfants. Elle a dû vendre son salon et sa chambre à coucher pour nourrir ses deux petits, avant d’avoir accès à nos colis alimentaires. Et Marie n’est qu’un exemple parmi ces milliers de familles qui, aujourd’hui, peinent pour survivre et vivent dans la hantise de ne pouvoir avoir accès aux hôpitaux et soigner leurs enfants.

Et elles sont des milliers de mères comme Marie qui attendent que nos criminels de dirigeants terminent de se partager les parts de ce foutu gâteau qu’ils convoitent tant, terminent de régler leurs anciennes querelles pour sauver leur foutu honneur et leur exécrable ego, pour se tourner vers le peuple et écouter sa souffrance. Et des pères qui s’immoleront par le feu faute de pouvoir assurer une vie décente à leurs enfants, il y en aura encore des milliers.

Et des bébés qui crèveront faute d’avoir les 2 600 000 LL qui les sauveront, ou une main tendue pour les garder en vie, il y en aura encore, hélas, beaucoup.

Car n’est pas « humain » qui le veut. Et nos dirigeants en sont la preuve vivante. Sinon, ils auraient réagi depuis longtemps, auront eu honte face à tant de misères, auront fait taire leur ego face à la détresse de ces milliers de mères qui voient leurs enfants mourir dans leurs bras faute de pouvoir les soigner et auraient repris le pays en main, comme est supposée le faire toute personne qui se prétend leader, chef et président, pour soulager des Marie désespérées et sauver des pères éplorés !


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


11h. Le téléphone sonne. Marie, une femme que notre association « Tartine du matin » aide avec un malheureux colis alimentaire par mois pour nourrir sa famille, m’appelle en sanglotant. Son enfant de 20 jours n’arrive plus à se nourrir. Son corps se déshydrate. Il se meurt dans ses bras. Pour le sauver, il faut opérer. Coût de l’opération, dans un petit hôpital privé...

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