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Confinement vôtre

Depuis que la livre ne vaut même plus son pesant de papier, rien ne remplace le confinement décidé par un gouvernement lui-même dans le coma. Ne serait-ce que pour se planquer les poumons face au coronavirus et soulager ainsi les hôpitaux en détresse respiratoire. Diable, à force d’économies, ces derniers risquaient de remplacer le gel hydroalcoolique par de l’huile de vidange usagée et utiliser une seule et même sonde pour l’endoscopie et la colonoscopie…

Avec près d’un mois de calfeutrage forcé, les Libanais, en bons gobeurs gloutons des fanfaronnades de leurs vieux canassons politiques, auront maintenant tout le loisir d’avaler les anacondas (Eunectes murinus, 9 m, 200 kg) que leur servent à chaque début d’année les voyants et autres marabouts marchands de visions virtuelles. Et vas-y que je t’entrebâille les portes de l’enfer, et vas-y que je te promette les sept châtiments du jugement dernier ! Avec un druide sévèrement disjoncté, une fée Carabosse collectionnant les bides et les râteaux, et sa collègue astro-hallucinée toute ruisselante de marc de café, le baltringue de base n’aura qu’à picorer entre le dollar à 1 million de livres, une dérouillée israélienne mémorable au Liban-Sud, la ruine boursière d’Istiz Nabeuh, et le vers solitaire du Basileus… À moins qu’il ne trouve son bien-être dans les giclées d’hémoglobine au milieu des contestataires ou la flambée en mer des réserves de gaz. À ce stade, ce n’est plus de la voyance, mais du voyeurisme… Bref, sur les 365 jours de l’année, pas un dixième de seconde de bonheur.

Comme dans tout pays arriéré qui se respecte, les prophéties tournent inévitablement autour des lampions de la politique. Forcément, puisque ce sont les seules stars disponibles. Interroger en revanche sa boule de cristal sur le devenir d’artistes, d’écrivains, de philosophes ou de musiciens, n’est pas le genre de beauté de nos oracles maison. Il n’y en a que pour les ahuris des « problèmes-de-l’heure-à-la-lumière-des-derniers-événements », comme ils ont l’habitude de l’ânonner quand ils veulent jeter un os aux journalistes indigènes.

En fait, depuis le temps que le Liban est dans la mouise, il n’y a plus qu’un seul problème à la lumière d’un événement unique : l’accident de la nature du 22 novembre 1943.

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Depuis que la livre ne vaut même plus son pesant de papier, rien ne remplace le confinement décidé par un gouvernement lui-même dans le coma. Ne serait-ce que pour se planquer les poumons face au coronavirus et soulager ainsi les hôpitaux en détresse respiratoire. Diable, à force d’économies, ces derniers risquaient de remplacer le gel hydroalcoolique par de l’huile de vidange...

commentaires (1)

""l’accident de la nature du 22 novembre 1943"", OH QUE C'EST BIEN TROUVE ! ajouterais-je l'autre accident aussi mortel precedent celui-ci : 1920 et le soit disant Grand Liban ?

gaby sioufi

09 h 50, le 08 janvier 2021

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Commentaires (1)

  • ""l’accident de la nature du 22 novembre 1943"", OH QUE C'EST BIEN TROUVE ! ajouterais-je l'autre accident aussi mortel precedent celui-ci : 1920 et le soit disant Grand Liban ?

    gaby sioufi

    09 h 50, le 08 janvier 2021