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Oncologie

Le cancer de la prostate, une maladie encore sous-diagnostiquée

Cette tumeur est la plus fréquente chez les hommes, mais pas la plus mortelle. Selon les recommandations, le dépistage doit débuter à partir de 50 ans et à 40 ans en cas d’antécédent familial.

Le cancer de la prostate, une maladie encore sous-diagnostiquée

Dans 30 % des cas, l’hypertrophie de la prostate évoluera vers un cancer, qui mettra plusieurs années à se développer et restera dans la majorité des cas localisé, ne nécessitant pas de traitements. Photo d’illustration Bigstock

Le cancer de la prostate est la tumeur la plus fréquente chez l’homme après l’âge de 50 ans et la plus méconnue aussi, pour de multiples raisons d’ordre social, puisque la gente masculine est moins apte à en parler ou à se faire diagnostiquer d’autant que la maladie touche à sa sexualité, mais aussi pour des raisons médicales. Pendant plusieurs années en effet, « lorsque la moyenne d’âge oscillait aux alentours de 65 ans, cette tumeur ne constituait pas une priorité médicale puisqu’elle survenait dans la majorité des cas après la soixantaine et qu’on mourait d’autres maladies », explique le Dr Joseph Kattan, président du département d’hématologie-oncologie à l’Hôtel-Dieu de France (HDF). « Maintenant que l’espérance de vie est de plus de 75 ans, la sensibilisation à la tumeur prostatique et son dépistage précoce deviennent de mise, d’autant qu’il peut être prévenu dans la grande majorité des cas », poursuit-il, au cours d’une conférence de presse virtuelle organisée récemment par le département d’hématologie-oncologie de l’HDF pour mettre l’accent sur l’importance du dépistage précoce.

Cette tumeur n’est toutefois pas la plus mortelle chez l’homme. « En effet, elle évolue généralement très lentement, sur plusieurs années, assure le Dr Kattan. Le patient finira par mourir d’autres pathologies, comme les maladies cardiaques. Il n’en reste pas moins que le dépistage précoce reste important pour surveiller l’évolution de la tumeur, d’autant que les symptômes du cancer de la prostate sont les mêmes que ceux observés chez un homme présentant une hypertrophie de cette glande. Il s’agit principalement des envies fréquentes d’uriner ou des brûlures lors de la miction. »

Dépistage à partir de 50 ans

Deux examens permettent de diagnostiquer une tumeur de la prostate : le dosage du PSA (taux d’antigène prostatique, NDLR) dans le sang et l’examen de la prostate par toucher rectal chez l’urologue. « Ces tests de dépistage doivent être effectués de manière routinière, une fois par an ou une fois tous les deux ans selon les cas, à partir de l’âge de 50 ans, insiste le Dr Kattan. En cas d’histoire familiale de cancer de la prostate, c’est-à-dire si un parent au premier degré (père ou frère) a été diagnostiqué avec une tumeur prostatique avant l’âge de 65 ans, il est recommandé de se faire dépister à partir de l’âge de 40 ans. Cela est vrai aussi si l’homme est apparenté à une femme ayant un cancer héréditaire du sein. En effet, les gènes BRCA1 et BRCA2 qui prédisposent à la forme héréditaire du cancer du sein ont été décrits dans le cancer de la prostate. »

« Si le toucher rectal est suspect et que le taux du PSA est élevé (au-dessus de 4ng/ml), d’autres examens sont recommandés, sachant que le PSA n’est pas un indicateur de la tumeur, mais de la prostate, note l’oncologue. Il s’agit d’une IRM et d’une biopsie de la prostate. » Il ajoute : « Avec l’âge, l’hypertrophie de la prostate est inévitable. Dans 30 % des cas, cette hypertrophie évoluera vers un cancer. Néanmoins, celui-ci mettra plusieurs années à se développer et dans la majorité des cas il restera localisé, ne nécessitant pas de traitements. »

Si la présence d’une tumeur est confirmée, son stade d’agressivité est défini par le score de Gleason. « Si celui-ci est au-dessous de 7, la tumeur évolue lentement et ne nécessite aucun traitement dans de nombreux cas, rassure le Dr Kattan. Si par contre ce score est supérieur à 7, il faut intervenir. La prostatectomie ou ablation de la prostate reste le traitement idéal. La chirurgie est de moins en moins invasive et de plus en plus précise, ce qui permet de diminuer les complications postopératoires comme les risques d’infections et la perte du contrôle urinaire, et de préserver l’érection. Toutefois, une radiothérapie, qui pourrait être associée à une hormonothérapie, peut, selon les cas, remplacer la chirurgie. Dans les cas avancés, les traitements hormonaux seuls suffisent pour contrôler la maladie pendant plusieurs années, suivis, si besoin, par la chimiothérapie. »

Et le Dr Kattan de conclure : « S’il est diagnostiqué à un stade précoce, le cancer de la prostate est guérissable dans la majorité des cas, d’où, une fois encore, l’importance de vérifier le PSA et de se plier au toucher rectal à partir de 50 ans. »

N. M.


Le cancer de la prostate est la tumeur la plus fréquente chez l’homme après l’âge de 50 ans et la plus méconnue aussi, pour de multiples raisons d’ordre social, puisque la gente masculine est moins apte à en parler ou à se faire diagnostiquer d’autant que la maladie touche à sa sexualité, mais aussi pour des raisons médicales. Pendant plusieurs années en effet, « lorsque...

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