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Société - Justice

La nouvelle vie de Carlos Ghosn au Liban, en rupture avec le passé

M. Ghosn a rendez-vous à Beyrouth du 18 au 22 janvier avec des juges d'instruction français dans le cadre de deux enquêtes judiciaires le concernant dans l'Hexagone, rapporte l'AFP.

Carlos Ghosn, alors patron de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, pose le 12 septembre 2018 au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt, près de Paris. Photo d'archives AFP

Depuis sa fuite il y a un an du Japon où il devait être jugé pour malversations financières présumées, Carlos Ghosn est bloqué au Liban où il mène une vie rangée, en rupture avec son ancien rythme effréné.

L'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, détenteur de trois nationalités (libanaise, française et brésilienne), reste hors d'atteinte des juges japonais car le Liban n'extrade pas ses ressortissants. Mais comme il fait l'objet d'une demande d'arrestation d'Interpol, la justice libanaise lui a rapidement interdit de quitter le pays.

"Rien ne me manque"

Alors qu'il passait auparavant une grande partie de son temps à sillonner la planète, une vie sédentaire dans cet Etat étriqué du Proche-Orient, plus petit que l'Ile-de-France, s'est ainsi imposée à lui. "De ma vie d'avant, rien ne me manque (...). Aujourd'hui, je me sens ancré et ça, c'est inestimable", a-t-il préféré souligner dans un entretien à notre journal, début novembre.

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M. Ghosn, 66 ans, mène une vie discrète et confortable à Beyrouth, où il a retrouvé son élégante villa rose (achetée et rénovée par Nissan quand il en était le chef), nichée dans le quartier chic d'Achrafieh, au coeur de la capitale libanaise. Il s'entoure d'un cercle restreint d'amis proches, passe beaucoup de temps en famille et avec son épouse Carole. Il s'accorde parfois quelques escapades dans les maisons d'hôte de la montagne libanaise.


Visite de juges français

M. Ghosn a raréfié ses prises de parole après une conférence de presse aussi survoltée que brouillonne début janvier à Beyrouth, où il avait de nouveau clamé son innocence sur toute la ligne et redit tout le mal qu'il pensait du système judiciaire japonais.

Une partie des cercles politiques et d'affaires du pays du Cèdre le considère toujours comme un exemple du "génie libanais" et du "self-made man" de la diaspora.  Mais il ne s'exprime jamais sur les affaires publiques du Liban, en plein effondrement économique: "Je ne suis pas un homme politique et je ne cherche pas à le devenir". En septembre, il avait fait sa première grande apparition publique depuis janvier, dévoilant un partenariat avec une université libanaise sur des programmes de formation pour cadres d'entreprises et entrepreneurs.

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Il a aussi publié en novembre "Le temps de la vérité", un livre co-écrit avec l'un de ses fidèles, le journaliste Philippe Riès, pour donner sa version longue - mais sans révélations ni la moindre autocritique - de sa propre saga. Le grand patron déchu a également participé à un documentaire en préparation sur son parcours, censé par ailleurs être adapté en une mini-série dont le tournage est prévu en 2021.

Mais avant cela, selon des sources proches du dossier interrogées par l'AFP, M. Ghosn a rendez-vous à Beyrouth du 18 au 22 janvier avec une escouade de juges d'instruction français, sous la bannière de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), dans le cadre de deux enquêtes judiciaires le concernant dans l'Hexagone. Au-delà de dépenses douteuses engagées de son temps par Renault et RNBV, la filiale néerlandaise de Renault-Nissan, les enquêteurs français s'intéressent aussi à sa domiciliation fiscale aux Pays-Bas quand il était patron de l'alliance.



Depuis sa fuite il y a un an du Japon où il devait être jugé pour malversations financières présumées, Carlos Ghosn est bloqué au Liban où il mène une vie rangée, en rupture avec son ancien rythme effréné.L'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, détenteur de trois nationalités (libanaise, française et brésilienne), reste hors d'atteinte des juges japonais...

commentaires (5)

On s’en fout un peu non ? Le peuple croule sous les dettes et nous on se soucie des rescapés de justice ? De grâce épargnez nous cela ... le Libanais moyen ne peut même plus vivre décemment ni même aller passer le week-end en maison d’hôte dans un pays transformé en maison d’otage !

MarcC

07 h 32, le 29 décembre 2020

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Commentaires (5)

  • On s’en fout un peu non ? Le peuple croule sous les dettes et nous on se soucie des rescapés de justice ? De grâce épargnez nous cela ... le Libanais moyen ne peut même plus vivre décemment ni même aller passer le week-end en maison d’hôte dans un pays transformé en maison d’otage !

    MarcC

    07 h 32, le 29 décembre 2020

  • J'aime cet homme, son esprit acéré et son courage; à tous les fâcheux, lorsque vous aurez atteint le dixième de sa trajectoire, vous pourrez alors le critiquer.

    Je partage mon avis

    15 h 44, le 28 décembre 2020

  • J'espère qu'il s'occupe aussi, un peu, du pays qui l'accueille

    F. Oscar

    11 h 50, le 28 décembre 2020

  • il a oublié de rester humble, envers lui meme et les autres...quant il a été au sommet...dommage.

    Jack Gardner

    11 h 47, le 28 décembre 2020

  • "... une escouade de juges d'instruction français, sous la bannière de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ..." - Wow! Voilà un office qu’on devrait introduire d’urgence au Liban... Par contre il faudrait pas mal agrandir Roumieh auparavant...

    Gros Gnon

    10 h 52, le 28 décembre 2020

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