Rechercher
Rechercher

Liban-Brésil

À Foz do Iguaçu, l’engagement d’un jeune Brésilien d’origine libanaise pour la chose publique

Adnane el-Sayyed a récemment été élu au conseil municipal de la ville, où siègent également deux autres descendantes d’immigrés libanais.

À Foz do Iguaçu, l’engagement d’un jeune Brésilien d’origine libanaise pour la chose publique

Réunion du conseil municipal à Foz do Iguaçu.

La ville de Foz do Iguaçu dans l’État brésilien du Paraná, point de départ de la visite des célèbres chutes du même nom, compte désormais dans son conseil municipal un jeune Brésilien de la communauté libanaise. Adnane el-Sayyed réalise à travers cette élection un rêve d’enfance : pouvoir influer sur la vie de sa ville. « Je veux combattre l’injustice dans la société », affirme-t-il à L’Orient-Le Jour, dans un entretien téléphonique.

Adnane el-Sayyed, trentenaire et dont la famille est originaire de Qleyaa dans la Békaa-Ouest, n’est pas le seul à avoir été élu au conseil municipal de cette belle ville de 265 000 habitants : deux femmes d’origine libanaise sont désormais dans la même équipe, Yasmine Hachem, 25 ans, et Anisa Ghazzaoui, originaire du village de Lala dans la Békaa, qui en est à son troisième mandat.

Une histoire classique d’émigration

Adnane el-Sayyed est un émigré de la quatrième génération : naturellement intégré dans sa société brésilienne, il n’en est pas moins attaché au pays de ses ancêtres. Le parcours de sa famille est une histoire classique d’émigration du début du siècle dernier.

« Mon arrière-grand-père a quitté le Liban pour les États-Unis en 1900, raconte Adnane el-Sayyed à L’Orient-Le Jour. Il fuyait la guerre, comme tant d’autres, et était à la recherche de meilleures conditions socio-économiques. Aux États-Unis, il a travaillé dans le commerce, avant de se rendre au Brésil en 1920. Il a bientôt été suivi par son fils, mon grand-père, qui a également travaillé dans le commerce. Mon propre père les a rejoints quelques années plus tard, alors qu’il n’avait que 14 ans, pour se faire un avenir dans son pays d’adoption. »

Dans la même rubrique

Philippe Hitti, l’historien libano-américain à qui la culture arabe doit tant

Et c’est dans ce pays également que ses parents se sont rencontrés. « Ma mère est une native de São Paulo, de deux parents libanais, émigrés dans les années 60 pour tenter de réussir dans le commerce, poursuit-il. Elle est originaire du même village que mon père, Qleyaa. Ils se sont rencontrés à São Paolo, et ma mère a déménagé avec mon père à Foz do Iguaçu, cette ville frontalière qui leur offrait de meilleures opportunités dans leur domaine professionnel. »

Adnane est né quand ses parents vivaient encore à São Paolo, et il n’avait que deux ans quand ils ont décidé de se rendre à Foz do Iguaçu. « C’est donc dans cette ville que j’ai grandi, raconte-t-il. J’y ai fréquenté l’Université fédérale du Paranà, un établissement gouvernemental bien connu du chef-lieu de cet État, Curitiba. Je suis diplômé en sciences économiques. »

Adnane el-Sayyed, récemment élu au conseil municipal de sa ville brésilienne, Foz do Iguaçu. Photos DR

Faciliter l’obtention de la nationalité

Adnane el-Sayyed, aujourd’hui marié à une Brésilienne d’origine libanaise comme lui et père d’un enfant, aspirait depuis longtemps à s’engager dans le domaine public. « Depuis que je suis enfant, je rêve d’accéder à un poste qui me permettrait de lutter contre l’injustice sociale et de suivre plus particulièrement le dossier des enfants des rues privés d’éducation, dit-il. L’un de mes objectifs principaux est de rendre l’éducation disponible à tous gratuitement. J’ai commencé à travailler sur ce sujet quand j’étais étudiant à l’Université du Paranà où j’ai présidé, pendant deux ans, le mouvement estudiantin. » Il ajoute : « Le peuple m’a donné la chance de le représenter au conseil municipal. Je serai au service de toute la société et je profiterai naturellement de mes liens privilégiés avec la communauté libanaise et arabe qui constitue une partie non négligeable de ce tissu social. J’ai d’ailleurs gagné aux élections grâce aux votes de ces descendants d’immigrés tout comme d’autres Brésiliens, et je ressens une responsabilité envers tous les administrés. »

Dans la même rubrique

La vallée de Nahr el-Kalb décrite par un empereur brésilien au XIXe siècle

Adnane el-Sayyed invoque ses études en économie pour parler de ses projets. « L’un de mes principaux projets consistera à faciliter les formalités pour ceux qui veulent ouvrir de nouvelles affaires à Foz, dit-il. Je voudrais aider les petits entrepreneurs à bénéficier d’un soutien de l’État ». A-t-il des projets qui bénéficieraient plus particulièrement aux Libanais et autres ressortissants ? « Un autre de mes projets consiste à faciliter l’obtention de la nationalité brésilienne, souligne-t-il. Dans notre ville, il existe déjà une “Maison de l’émigré” que je compte développer afin qu’elle englobe des personnes parlant l’arabe, l’espagnol, le chinois et d’autres langues. L’objectif sera d’assurer à tout nouveau venu au Brésil un centre d’orientation, où il pourra apprendre le portugais et où il trouvera des directives sanitaires et des conseils en vue de postuler pour la nationalité. »


La ville de Foz do Iguaçu dans l’État brésilien du Paraná, point de départ de la visite des célèbres chutes du même nom, compte désormais dans son conseil municipal un jeune Brésilien de la communauté libanaise. Adnane el-Sayyed réalise à travers cette élection un rêve d’enfance : pouvoir influer sur la vie de sa ville. « Je veux combattre l’injustice dans la...