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Gouvernement

Une formule de 18 est prête, mais... priorité au règlement de comptes

Le CPL évoque sa possible participation au gouvernement, pour la première fois depuis le début des tractations.

Une formule de 18 est prête, mais... priorité au règlement de comptes

Saad Hariri à Baabda le 12 octobre 2020. Photo d’archives/Dalati et Nohra

Alors que la communauté internationale, à l’initiative de Paris, tient demain mercredi une visioconférence consacrée à la levée de fonds à l’intention des ONG et des Libanais sinistrés par la tragédie du 4 août dernier, dans un message clair aux autorités libanaises, les atermoiements au niveau de la formation du gouvernement persistent. Selon des sources concordantes, une mouture de 18 ministres spécialistes serait déjà prête, même si elle n’a pas encore été soumise par le Premier ministre désigné Saad Hariri au président de la République Michel Aoun. Mais les chefs de file politiques, notamment ceux concernés de près par la mise en place de la future équipe, accorderaient apparemment la priorité au règlement de comptes politique, aux dépens du pays et de son avenir.

C’est ainsi que l’on peut expliquer le surplace dans les tractations gouvernementales depuis la dernière rencontre entre le président de la République et le Premier ministre désigné, qui remonte au 9 novembre. Lors de cette réunion, M. Aoun aurait demandé à Saad Hariri de lui présenter une mouture complète de son équipe, à condition que soient respectés ce que les cercles de Baabda appellent « des critères unifiés ». Le chef de l’État (maronite) réagissait ainsi au fait que M. Hariri (sunnite) avait lui-même choisi certains ministrables chrétiens, alors que le tandem chiite s’était vu concéder les Finances pour le conserver dans le giron de cette communauté et avait pu dresser une liste de ministrables (chiites) dans laquelle le Premier ministre désigné piocherait pour son équipe.

Près d’un mois plus tard, la présidence de la République campe toujours sur sa position : elle attend encore une mouture complète de la part de M. Hariri, souligne à L’Orient-Le Jour un proche du palais présidentiel. Il semble en outre exclure une prochaine rencontre entre MM. Aoun et Hariri, révélant que le chef du gouvernement désigné ne s’est pas rendu à Baabda hier. Cette source réagissait aux informations circulant dans les médias ces derniers jours, selon lesquelles Saad Hariri serait attendu au palais présidentiel pour remettre à Michel Aoun une mouture gouvernementale de 18 ministres.

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Il n’en demeure pas moins que le Premier ministre désigné a déjà préparé ce projet d’équipe ministérielle, confirme à L’OLJ Moustapha Allouche, ancien député de Tripoli et tout récemment nommé vice-président du courant du Futur (présidé par M. Hariri). « Mais il s’abstient toujours de présenter cette mouture à Michel Aoun, craignant que celui-ci ne la refuse », explique M. Allouche. Le chef de l’État a en effet la prérogative de rejeter une mouture présentée par le Premier ministre désigné. Celui-ci se retrouverait, dans ce cas, dans l’obligation de se récuser, ce qui n’est apparemment pas dans les intentions de M. Hariri. « Nous sommes face à un bras de fer entre Saad Hariri et le tandem Aoun-Bassil », poursuit l’ancien parlementaire, en référence au député et gendre du président. Selon lui, le chef du Courant patriotique libre (CPL) « tente d’imposer ses conditions à M. Hariri, alors qu’il est parfaitement conscient que son retour au gouvernement à l’heure actuelle est impossible ».

« Toutes les options sont ouvertes »

Le point de vue exprimé par M. Allouche coïncide avec des analyses parues hier dans plusieurs articles de presse accusant le chef du CPL de s’ingérer dans les tractations gouvernementales entre Michel Aoun et Saad Hariri. Certains analystes politiques estiment même que le parti dirigé par Gebran Bassil chercherait à élargir le futur cabinet (en y incluant notamment un représentant de son protégé druze, Talal Arslane) afin d’obtenir le tiers de blocage. D’autant que le prochain gouvernement pourrait être appelé à diriger le pays à l’expiration du mandat de Michel Aoun (dans deux ans) en cas d’éventuelle vacance présidentielle, et que M. Bassil, toujours selon ces approches, voudrait y maintenir son influence.

Gebran Bassil mais aussi la présidence de la République ont démenti hier ces informations. Dans un communiqué publié par son bureau de presse, le chef du CPL a insisté sur l’importance « d’adopter des critères unifiés » pour la formation du gouvernement. C’est à partir de ce critère que « le CPL définira sa position à son égard ». Il décidera alors « de participer au cabinet ou de ne pas le faire, (il pourra) le soutenir ou s’y opposer ». Il s’agit de la toute première fois (depuis la démission du gouvernement de Hassane Diab) que le courant aouniste exprime clairement sa volonté de prendre part à l’équipe ministérielle, ayant maintes fois affirmé qu’il ne s’ingérerait pas dans ce processus. D’autant qu’à la suite de la nomination de Saad Hariri à la présidence du Conseil, Gebran Bassil s’était engagé à lui faciliter la tâche et à ne formuler aucune demande. Cela dénote-t-il un nouveau développement dans la position aouniste ? À ce sujet, Alain Aoun, député CPL de Baabda, met les points sur les « i ». « La position qu’exprime le communiqué signifie que toutes nos options sont ouvertes et que notre position définitive, surtout en ce qui concerne le vote de confiance, est tributaire de la nature de la future équipe. Nous attendons donc de voir ce que présentera Saad Hariri », souligne-t-il à L’OLJ.



Alors que la communauté internationale, à l’initiative de Paris, tient demain mercredi une visioconférence consacrée à la levée de fonds à l’intention des ONG et des Libanais sinistrés par la tragédie du 4 août dernier, dans un message clair aux autorités libanaises, les atermoiements au niveau de la formation du gouvernement persistent. Selon des sources concordantes, une mouture...

commentaires (15)

Saad à fait 15 ans en politique, Berri et Aoun ont chacun à leurs actifs 30 ans. Ils ont tous échoués et doivent partir le plus tôt.

Esber

22 h 00, le 01 décembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (15)

  • Saad à fait 15 ans en politique, Berri et Aoun ont chacun à leurs actifs 30 ans. Ils ont tous échoués et doivent partir le plus tôt.

    Esber

    22 h 00, le 01 décembre 2020

  • CA SUFFIT COMME CELA QUE HARRIRI DONNE AU PRESIDENT UNE MOUTURE COMPLETE. SI ELLE EST REFUSEE QU'IL DONNE UNE DEUXIEME LE LENDEMAIN PUIS UNE TROISIEME PUIS UNE CENTIEMME IL Y AURA BIEN UNE QUI SERA ACCEPTE PAR AOUN AVEC DES PERSONNES NON AFFILIES AUX PARTIS ET SANS MINISTERE DES FINANCES A AMAL ON VERRA LORS QUI REFUSERA DE DONNER LA CONFIANCE A UN CABINET SIGNE PAR AOUN ET HARRII QUI AURA DE TOUTE FACON LA CONFIANCE LA VERITE C'EST CRIMINEL DE LA PART DE HARRIRI ET DE AOUN DE TARDER AUTANT A FAIRE CE GOUVERNEMENT ALORS QUE LE PAYS SOMBRE TOUS LES JOURS DANS LA MISERE ET QUE CHAQUE HEURE COMPTE C'EST CE QUE J'APPELLE NON AIDE A UNE PERSONNE EN DANGER D EMORT

    LA VERITE

    17 h 57, le 01 décembre 2020

  • Le hezbollah et ses copains à la finance. Adieu l'assainissement de l'état et la chasse à la corruption postérieure et à venir.

    Citoyen

    17 h 29, le 01 décembre 2020

  • Pourquoi pas une formule de : zéro...0...? Débarassé de tous ces incapables corrompus, le pays survivra bien comme il le fait actuellement ! Et, avantage non négligeable, plus de photos de ces inutiles nuisibles...ainsi que l'économie de lire chaque jour un nouveau prétexte-obstacle inventé par ces experts en maguilles ! - Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 23, le 01 décembre 2020

  • OLJ, N,OUBLIEZ PAS QU,EN JANVIER JE VAIS DECIDER DE RENOUVELER OU NON MON ABONNEMENT ET COMME EN VONT LES CHOSES AVEC VOS CENSURES J,EN DOUTE FORT DE LE FAIRE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 02, le 01 décembre 2020

  • MON COMMENTAIRE A ETE CENSURE PAR L,EQUIPE DEMOCRATIQUE DE L,OLJ QUI SE TARGUE DEFENSEUR DE LA LIBRE EXPRESSION PARCEQUE CA NE LEUR CONVIENT PAS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 54, le 01 décembre 2020

  • UN CLASSIQUE DE LA LITTÉRATURE D'ÉTIENNE DE LA BOÉTIE, NOUS PERMET DE BIEN SAISIR LES ENJEUX DE NOTRE ÉPOQUE. DANS CET OUVRAGE PUBLIÉ EN 1576, LA BOÉTIE AFFIRME QUE S LES TYRANS QUI NOUS ASSERVISSENT NOUS PARAISSENT SI PUISSANTS, SI FORTS, SI INDESTRUCTIBLES, C'EST QUE NOUS SOMMES À GENOUX DEVANT EUX. C'EST NOTRE PETITESSE QUI LES REND SI GRANDS. NOTRE INCAPACITÉ À NOUS TENIR DEBOUT. COMME IL L'ÉCRIT: " CE MAÎTRE N'A POURTANT QUE DEUX YEUX, DEUX MAINS, UN CORPS, ET RIEN DE PLUS QUE N'A LE DERNIER DES HABITANTS DU NOMBRE INFINI DE NOS VILLES. CE QU'IL A DE PLUS, CE SONT LES MOYENS QUE VOUS LUI FOURNISSEZ POUR VOUS DÉTRUIRE. " AUSSI: " SOYEZ RÉSOLUS À NE PLUS SERVIR ET VOUS SEREZ LIBRES. "

    Gebran Eid

    14 h 19, le 01 décembre 2020

  • La tragi-comédie continue, le peuple se voit être dupé, les politiciens se vante de la duperie et les jeunes volent vers de nouveaux horizons loin très loin de la Patrie! 18, 30, 4 ou 100, ministres c'est tout simplement équivalent, dans tout les cas, à 0 et même pire moins un milliard! Car les résultats de ce monstre frankenstein-nien re-né tout les quelques temps après de pénibles tractations juste pour nous enfoncer encore plus loin vers l'enfer... Merci les illusiomistes politiciens qui détruisent notre univers à coup de miel toxique...

    Wlek Sanferlou

    14 h 11, le 01 décembre 2020

  • En tout cas il y a du progrès. On est passé de 30 à 24, et maintenant à 18 ministres. Il y a donc mathématiquement de moins en moins de corrompus au gouvernement. Positivons...

    Gros Gnon

    12 h 41, le 01 décembre 2020

  • Si hariri persiste à accepter les conditions du HB en leur accordant des ministères à la carte, il n’y aura pas de gouvernement ni de sauvetage. Il faut qu’il se ressaisisse et qu’il présente un gouvernement vierge de tout parti pour boucler le caquet de tous les hypocrites. On verra leur réaction à tous. C’est la seule issue à son problème. Se conformer aux lois de la constitution et les appliquer à tout le monde. Ainsi les masques tomberont et le nom des traitres sera dévoilé au grand jour. Fini les messes basses et le combines, il faut frapper un grand coup pour signifier la fin de la partie et des partis par la même occasion.

    Sissi zayyat

    11 h 23, le 01 décembre 2020

  • C'est pathétique. Un Premier ministre désigné qui n'est autre que celui que la rue a chassé il y a un an et qui n'a prouvé qu'une seule chose : sa dépendance et son incompétence à tous les points de vue. Des nominations de ministres qui, semble-t-il, représenteraient les mêmes milices et partis de tous bords dont les représentants sont bannis par le peuple qui réclame justice. Un président, symbole de la traîtrise de la nation, qui, pieds et poings liés, n'a pas les capacités mentales pour diriger. Et toujours ces mêmes noms nauséeux qui reviennent, des bandits qui ont coulé le pays et qui ne s'en soucient guère s'étant mis à l'abri du besoin au détriment d'une population qui s'appauvrit d'heure en heure. On nous promet un cabinet d'experts indépendants, éternelle utopie tant que tout le monde dépend de quelqu'un au Liban. Puisque la dépendance est de mise, faisons lui honneur une bonne fois pour toutes en présentant la seule solution valable pour le pays : une période de transition de quelques années sous l'égide d'une organisation internationale pour refondre complètement le système politique et social du pays. Mais tant que les mercenaires iraniens feront la loi, les dernières miettes du Liban seront bradées et rien ni personne ne pourra redresser la situation.

    Robert Malek

    11 h 04, le 01 décembre 2020

  • Les "critères unifiés" sont les critères du blocage et de l'irresponsabilité.

    Esber

    10 h 27, le 01 décembre 2020

  • République de bananes ;le liban n aurait jamais du avoir son indépendance. Car nous ne mettons pas un pays

    Robert Moumdjian

    08 h 49, le 01 décembre 2020

  • Où est donc ce cabinet d'experts indépendants qu'on nous avait promis?

    Yves Prevost

    07 h 42, le 01 décembre 2020

  • Ils ne renonceront jamais au "pourvoir". C’est leur gagne pain après tout...

    Gros Gnon

    07 h 27, le 01 décembre 2020