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Société - Épidémie de coronavirus

Un déconfinement progressif dès ce matin, les précautions restent de rigueur

Plus de circulation alternée, mais le couvre-feu sera appliqué de 23h à 5h tous les jours, jusqu’au lundi 7 décembre.

Un déconfinement progressif dès ce matin, les précautions restent de rigueur

Selon le ministre sortant de la Santé, la réouverture progressive du pays permettra à l’économie nationale de souffler. Photo al-Markaziya

Il est vrai que les résultats du bouclage total du pays, au cours des deux dernières semaines, n’apparaîtront que dans les prochains jours, mais le bilan qui en est aujourd’hui fait par les autorités sanitaires reste mitigé, dans la mesure où le confinement n’a pas été scrupuleusement respecté dans plusieurs régions. Il n’en demeure pas moins qu’à partir de ce matin, l’activité économique reprendra presque normalement dans le pays. À l’exception des bars et des boîtes de nuit, tout sera ouvert, dans le respect des gestes barrières, indispensables pour freiner la propagation du virus, qui a fait durant les dernières 24 heures 13 décès, selon le bilan quotidien du ministère de la Santé. Le bilan des contaminations reste également élevé, d’autant que le week-end, le nombre de tests effectués diminue sensiblement. Au cours des dernières 24 heures, 1 266 personnes ont été testées positives sur un total de près de 8 814 qui ont effectué le PCR.

« Une réouverture progressive responsable » a été ainsi décidée hier après-midi par le comité ministériel en charge du suivi du coronavirus, qui s’est réuni sous la présidence du Premier ministre sortant Hassane Diab. Le comité reconnaît que « le risque existe toujours et reste élevé », mais compte tenu de la crise économique dans le pays et de l’hostilité exprimée par les différents secteurs d’activité à l’égard d’une fermeture totale à l’approche des fêtes, il a été décidé de rouvrir le pays, d’alléger le couvre-feu, qui sera ainsi appliqué de 23h à 5h tous les jours, jusqu’au lundi 7 décembre, de supprimer la circulation alternée mais d’imposer de nouvelles mesures de précaution au niveau des déplacements. Dorénavant, tous les passagers d’un véhicule, quatre au maximum dans une voiture (quatorze dans les bus) doivent porter le masque, même s’ils sont membres d’une même famille. Les motards ne sont pas autorisés à transporter un deuxième passager, sauf à Saïda, selon la liste des restrictions annoncées en soirée par le ministère de l’Intérieur. Les célébrations de mariages et tous genres de rassemblements festifs ou soirées restent jusqu’à nouvel ordre interdits, tout comme les foules aux enterrements.

Conférence de presse de Majzoub aujourd’hui

Les restaurants, théâtres et salles de cinéma rouvriront toutefois « à hauteur de 50 % » de leur capacité tandis que les bars et les boîtes de nuit resteront fermés.

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Les écoles – dont la grande majorité dispensaient uniquement des cours en ligne depuis la rentrée – ouvriront leurs portes selon un régime hybride, alternant présentiel et distanciel, a confirmé le ministre de la Santé Hamad Hassan après une décision en ce sens prise vendredi par le ministère de l’Éducation. On apprenait en soirée que le ministre sortant de l’Éducation, Tarek Majzoub, tiendra aujourd’hui une conférence de presse à midi, pour expliquer le fonctionnement à venir dans les écoles, dont plusieurs garderont leurs portes fermées, notamment à Baalbeck-Hermel. Le mohafez Bachir Khodr a ainsi fait savoir sur son compte Twitter qu’après avoir appelé le ministère de l’Éducation et l’avoir informé de la situation sanitaire dans les différents villages du mohafazat, il a été décidé de garder les écoles fermées dans les localités de Baalbeck, Nabi Chit, Ras Baalbeck, Hermel, Jdeidet Fakeha, Taraya et Tawfiqiyé. En soirée, le comité des parents dans les écoles privées a contesté la décision de réouverture des écoles, en critiquant l’approche officielle de ce dossier. Il a proposé un ajournement de la reprise des cours jusqu’après le Nouvel An.

« La situation sera évaluée chaque semaine » en vue d’un « renforcement ou d’un assouplissement » des mesures à quelques semaines des fêtes, a indiqué le ministre sortant de la Santé, d’autant que le nombre de malades aux soins intensifs est toujours élevé, même s’il a enregistré une baisse. Avant la fermeture, « le taux d’occupation des lits en soins intensifs dédiés au coronavirus variait entre 80 % et 90 %. Aujourd’hui, nous avons atteint 65 à 70 % », a indiqué Hamad Hassan. « Le danger est toujours présent. Les résultats du reconfinement apparaîtront la semaine prochaine et on espère qu’ils seront moins graves », a-t-il poursuivi.

Dans des déclarations accordées dimanche à une radio locale, Hamad Hassan avait plaidé pour le maintien de la fermeture de certaines régions pour 15 jours supplémentaires.

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Le bilan qu’il a fait des deux semaines de bouclage était plutôt négatif, compte tenu du fait que la courbe des contaminations est restée ascendante. À ce sujet, le Dr Abdel Rahman Bizri, médecin spécialiste en maladies infectieuses et membre de la Commission nationale pour les maladies infectieuses et contagieuses, s’inquiète de ce que sur la totalité des tests PCR effectués par jour, la proportion de résultats positifs oscille toujours entre 15 et 16 %.

Ce chiffre reste élevé, selon lui, et montre que la lutte menée contre le coronavirus est loin d’être gagnée, d’autant que les effets de la maladie peuvent persister chez certains patients, après leur guérison. À ce sujet, le Dr Bizri souligne que des malades admis aux soins intensifs continuent de souffrir de détresse respiratoire et d’avoir besoin d’une assistance à ce niveau, bien que testés négatifs.

Un véritable problème pour les hôpitaux qui font face à un manque au niveau du personnel soignant à cause de la crise économique et financière. Celle-ci a poussé plusieurs infirmières et médecins à quitter le pays, relève le spécialiste, en faisant état d’une nouvelle stratégie d’externalisation (outsourcing) grâce à laquelle des organisations internationales s’investissent pour soutenir les hôpitaux confrontés à un manque au niveau du personnel soignant.

Selon le Dr Bizri, le véritable défi pour le Liban sera maintenant de gérer le déconfinement pour freiner autant que faire se peut la propagation du virus en attendant l’arrivée des vaccins.


Il est vrai que les résultats du bouclage total du pays, au cours des deux dernières semaines, n’apparaîtront que dans les prochains jours, mais le bilan qui en est aujourd’hui fait par les autorités sanitaires reste mitigé, dans la mesure où le confinement n’a pas été scrupuleusement respecté dans plusieurs régions. Il n’en demeure pas moins qu’à partir de ce matin,...

commentaires (2)

Si la loi et des peines étaient appliquées , concernant les corrompus, l'auto confinement s'appliquerait de facto, les rues seraient vides et les prisons pleines...

C…

18 h 02, le 30 novembre 2020

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Commentaires (2)

  • Si la loi et des peines étaient appliquées , concernant les corrompus, l'auto confinement s'appliquerait de facto, les rues seraient vides et les prisons pleines...

    C…

    18 h 02, le 30 novembre 2020

  • Ça n’a ni queue ni tête leur déconfinement. On a jamais vu un pays procéder à un déconfinement aussi rapide alors que les résultats du confinement en cours n’ont pas été concluants. Pourquoi avoir fermé le pays si c’est pour l’ouvrir quelques jours après avec aucun constat positif dans les hôpitaux comme dans le nombre de contaminations et le nombre de morts ? Il y a certes des confinés qui ne sont pas contents, mais il y pour sur des cons finis qui prennent des décisions sans qu’aucune ne se révèle ni efficace ni bénéfique puisqu’elles sont prises en fonction de l’humeur des uns comme des autres. Tous les pays ont procédé à un déconfinement progressif en gardant tous les restaurants et bars fermés sauf le nôtre. Allez comprendre leur logique. Sans parler du couvre-feu qui prête à rire. Non sans déconner , ils ont mis longtemps à se concerter pour pondre ce genre de mesures à l’approche des fêtes? Les libanais n’ont plus les moyens de vivre décemment à cause de tous les pillages et se retrouvent obligés de choisir le risque de chopper le virus plutôt que de mourir de faim. C’est ça la réalité.

    Sissi zayyat

    12 h 35, le 30 novembre 2020

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