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« Elle habitait à Sandwich » : une Libanaise dans le Midwest américain

Le premier roman de notre collaboratrice Pauline Mouhanna Karroum* met en scène Thérèse, une Franco-Libanaise qui a le mal du pays. Il reflète le déchirement que ressentent souvent les émigrés.

« Elle habitait à Sandwich » : une Libanaise dans le Midwest américain

La couverture de l’ouvrage.

Les émigrés vivent parfois des moments durs dans leur pays d’adoption, au niveau notamment de l’adaptation et du développement personnel dans un environnement étranger. Le déchirement de ceux qui se retrouvent loin du pays qui les a vus naître et grandir ne peut cependant être compris que par ceux qui l’ont vécu.

Pauline Mouhanna Karroum, journaliste libanaise (qui a souvent contribué à cette page), est bien placée pour décrire le ressenti de tant d’émigrés libanais, elle qui vit aux États-Unis depuis plusieurs années avec sa famille. Le personnage qu’elle a imaginé est une mère de famille franco-libanaise qui vit dans une petite ville du Midwest américain, au nom évocateur de Sandwich.

L’auteur a passé plus de sept ans à travailler sur son premier roman. Elle s’est déplacée aux quatre coins de l’Amérique, munie de son ordinateur et de son carnet de notes, recueillant les témoignages de ses compatriotes émigrés comme elle.

Née en 1980 au Liban, la jeune femme a suivi des études en sciences politiques à l’Université Saint-

Joseph de Beyrouth et elle est diplômée en journalisme. Elle réside aux États-Unis depuis 2011 avec son mari et habite actuellement à Washington D.C.

C’est la naissance de son premier enfant qui l’a encouragée à se lancer dans l’écriture de son premier roman, dans lequel elle a tenté de casser l’image de l’émigration parfaite ancrée parfois au Liban. Elle a voulu aussi faire redécouvrir aux Libano-Américains, à travers une fiction proche de la réalité, la richesse culturelle de leur pays d’origine.

Hommage à Beyrouth

Thérèse, l’héroïne du roman, est une jeune femme de trente-sept ans, mariée et mère de quatre enfants. Un soir, sans crier gare, elle claque la porte de sa maison située à Sandwich (ville qui se trouve à une heure de Chicago) et se réfugie dans un hôtel. En fermant la porte, elle en ouvre une autre, celle de ses souvenirs et de ses rêves refoulés depuis son arrivée aux États-Unis, dix ans plus tôt, lorsqu’elle avait quitté Beyrouth pour s’installer dans le Midwest après une rencontre amoureuse. David, un richissime homme d’affaires libano-américain, l’avait convaincue de le suivre. À Sandwich, la jeune femme démarre une nouvelle vie, mais elle a du mal à s’intégrer, contrairement à son mari.

Dans son ouvrage, l’auteure s’identifie parfois à son héroïne avec qui elle partage quelques points communs, notamment une certaine marginalité. Aux États-Unis et bien que baignant dans un monde exclusivement anglophone, Pauline a continué à travailler en français. Comme Thérèse, elle ressent le mal du pays. Beyrouth, surtout, lui manque.

La ville, martyrisée par une double explosion destructrice le 4 août, occupe une place privilégiée dans le livre. L’auteure lui rend un hommage émouvant ainsi qu’à ses héros, à l’instar des journalistes Samir Kassir et Gebran Tuéni, tous deux assassinés en 2005.

* « Elle habitait à Sandwich » est paru en 2020 aux éditions du Panthéon, à Paris. Au Liban, le livre est distribué par Hachette et peut être commandé en ligne. Il est également disponible sur Amazon, et partout en Europe et aux États-Unis.

www.paulinemouhannakarroum.com


Les émigrés vivent parfois des moments durs dans leur pays d’adoption, au niveau notamment de l’adaptation et du développement personnel dans un environnement étranger. Le déchirement de ceux qui se retrouvent loin du pays qui les a vus naître et grandir ne peut cependant être compris que par ceux qui l’ont vécu. Pauline Mouhanna Karroum, journaliste libanaise (qui a souvent...