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École de voile à Batroun

Le président du club sommé par Oueidate d’« ouvrir un accès » au propriétaire voisin

Le président du club sommé par Oueidate d’« ouvrir un accès » au propriétaire voisin

Sur un espace de 24 mètres, le LYC devrait ouvrir un accès de 12 mètres au propriétaire du terrain voisin. Autant dire qu’il ne restera pas grand-chose du club de voile... Photo fournie par Rabih Salem

Alors que l’on croyait close l’affaire de l’école de voile du Lebanese Yacht Club (LYC) à Batroun, voilà qu’elle connaissait un rebondissement hier. Le président du club, Rabih Salem, a été convoqué hier par le procureur général près la Cour de cassation Ghassan Oueidate. Suivant l’information publiée par l’Agence nationale d’information, le juge Oueidate, « après s’être assuré qu’il y avait effectivement des empiétements sur le littoral, a ordonné que ceux-ci soient enlevés, et a donné au LYC quinze jours pour exécuter cette décision », alors que le club se défend de tout empiétement.

Pour rappel, le 17 novembre, le club, qui se trouve à Thoum exactement, avait été placé sous scellés par l’avocat général près la Cour de cassation, Ghassan Khoury, suite à une plainte déposée par une société propriétaire d’un terrain voisin, Azur Bleu, pour « occupation illégale d’un bien-fonds public maritime ». Ce dont le LYC s’est toujours défendu, étant donné que l’école est détentrice d’un permis du ministère des Travaux et des Transports depuis 2015, lui permettant d’utiliser ce terrain sur le littoral à condition de préserver l’environnement. Un permis renouvelé chaque année et valable jusqu’à novembre 2021, selon le club. Au lendemain de la mise sous scellés, le 18 novembre, le juge Khoury avait annulé sa précédente décision, demandant au LYC de « retirer les structures qui bloquent la vue du littoral et de s’éloigner de la limite des terrains avoisinants » (voir L’OLJ du 19 novembre).

Pour mémoire

Annulation de la mise sous scellés d’une école de voile à Batroun

Interrogé sur la convocation d’hier, Rabih Salem assure d’emblée à L’Orient-Le Jour avoir été « surpris ». Il précise aussi que le juge Oueidate ne lui a pas demandé de « lever les empiétements », comme il est écrit dans l’information de l’ANI, mais de « démanteler les installations », en d’autres termes ce qui est bâti. « Or il n’y a rien de bâti dans la portion du littoral que nous utilisons, rien que quelques lattes en bois que nous avions installées pour préserver l’environnement, même pour la mise à l’eau des bateaux », s’insurge-t-il.

Le militant écologiste raconte que face à ses protestations, le juge lui a demandé de déplacer les bateaux placés à la verticale, qui gênent les voisins, « sachant que leur terrain se trouve quatre mètres plus haut, et la route six mètres plus haut », précise-t-il. Mais ce qui l’a le plus étonné, c’est la demande « d’ouvrir un accès à la plage au propriétaire du terrain voisin, de douze mètres de large et trente de long, sachant que son propre terrain ne fait pas plus de sept mètres de large ». « Suivant quelle logique demande-t-on à un club d’utilité publique d’ouvrir l’accès à la plage à un propriétaire privé, sachant que c’est supposé être le contraire, et que ce sont les propriétaires privés à qui l’on demande généralement d’ouvrir un accès au public ? poursuit-il. Et qu’est-ce qui restera aux membres du club si on les prive de 12 mètres de large, sachant que la plage entière fait 24 mètres de large? C’est comme si on nous poussait à la sortie sans le dire clairement. »

Quoi qu’il en soit, Rabih Salem a signé l’engagement qu’on lui a présenté au bureau du juge, sans quoi, assure-t-il, il se serait retrouvé détenu, d’autant plus qu’il s’était rendu à la séance sans être accompagné d’un avocat. « À partir de là, le club peut choisir de riposter, il a plusieurs cartes en main, assure-t-il. Pour ma part, je suis très découragé par ce système qui oblige des personnes ayant fondé un yacht-club à se retrouver en butte à l’hostilité. » À la question de savoir ce qui explique cette volte-face, alors que l’on croyait l’affaire classée après le retrait de la mise sous scellés, il évoque de probables « interventions de personnages influents », sans s’apesantir sur la question ni mettre en cause la justice.

Le LYC compte, selon son président, quelque 460 membres, dont 60 % d’étrangers, qui apprécient particulièrement cette initiative.


Alors que l’on croyait close l’affaire de l’école de voile du Lebanese Yacht Club (LYC) à Batroun, voilà qu’elle connaissait un rebondissement hier. Le président du club, Rabih Salem, a été convoqué hier par le procureur général près la Cour de cassation Ghassan Oueidate. Suivant l’information publiée par l’Agence nationale d’information, le juge Oueidate,...

commentaires (3)

"... il évoque de probables « interventions de personnages influents » ..." - personnage influent? à Batroun? Hmmm. Mais qui ça pourrait-il bien être?...

Gros Gnon

13 h 51, le 25 novembre 2020

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Commentaires (3)

  • "... il évoque de probables « interventions de personnages influents » ..." - personnage influent? à Batroun? Hmmm. Mais qui ça pourrait-il bien être?...

    Gros Gnon

    13 h 51, le 25 novembre 2020

  • Pour que le procureur général de la cour de cassation s'occupe de cette affaire, elle doit être plus importante que les affaires de l'explosion du port des divers affaires de corruptions etc bien sur...

    Bashir Karim

    17 h 08, le 20 novembre 2020

  • on peut faire la meme chose avec le Lancaster??

    Elementaire

    07 h 49, le 20 novembre 2020