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Entre le Futur et les FL, des contacts ponctuels mais toujours pas de dialogue approfondi

Une rencontre entre Saad Hariri et Samir Geagea semble exclue, pour le moment.

Entre le Futur et les FL, des contacts ponctuels mais toujours pas de dialogue approfondi

Samir Geagea et Saad Hariri à la Maison du Centre en 2018. Photo d’archives Dalati et Nohra

Un contact pour calmer les esprits et maintenir le minimum de rapports, en attendant la formation du nouveau cabinet. C’est en ces termes très mesurés et soigneusement choisis qu’un conseiller du Premier ministre désigné Saad Hariri décrit pour L’Orient-Le Jour le tout dernier contact établi, il y a une dizaine de jours, entre M. Hariri et son ancien allié, le leader des Forces libanaises Samir Geagea.

S’agit-il d’une première étape sur la voie d’un retour à la normale entre les deux formations ? Aussi bien la Maison du Centre que Meerab évitent, du moins pour le moment, de s’aventurer dans ce genre de conclusions hâtives. Le conseiller précité de M. Hariri confie même qu’il n’y a pas de dialogue entre les deux partis à l’heure actuelle et que cela est tributaire des tractations gouvernementales.

Cette approche prudente n’occulte aucunement toutefois l’importance de la réouverture des voies de communications entre les haririens et les FL. D’autant que des sources concordantes confirment que c’est surtout pour tourner la page du tout dernier différend entre les deux partis que les contacts ont repris.

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Tout a commencé le 7 novembre, lorsque Ghassan Hasbani, ex-vice-président du Conseil et ancien ministre de la Santé (FL), avait dénoncé dans une interview accordée à la chaîne MTV le fait que les tractations gouvernementales pourraient déboucher sur un cabinet qui ne répondrait qu’à la logique de partage du gâteau, alors que le pays a besoin de former dans l’urgence ce que les Français appellent « un gouvernement de mission », qui opérerait les réformes économiques et structurelles exigées par la communauté internationale, s’il veut bénéficier des aides qui lui sont promises depuis plus de deux ans.

Les propos de M. Hasbani ont provoqué la colère du secrétaire général du Futur, Ahmad Hariri. Ce dernier a donc écrit une série de tweets dans lesquels il s’en est pris aux FL, rappelant que le Premier ministre désigné avait affirmé à plusieurs reprises sa détermination à mettre sur pied « un gouvernement de spécialistes non affiliés à des partis politiques ». « Mais vous insistez pour l’accuser d’obéir à un partage du gâteau et supposez que le blocage du processus ministériel mènera à la tenue de législatives anticipées », avait ajouté Ahmad Hariri à l’adresse des FL. Il leur faisait assumer ainsi la responsabilité du gel des négociations, sachant que Samir Geagea avait fait part à plusieurs reprises de sa volonté de rester en dehors de l’équipe ministérielle. Une façon pour lui de se montrer favorable à l’une des principales demandes du mouvement de contestation du 17 octobre 2019. « À la suite de l’attaque d’Ahmad Hariri, le contact a été rétabli entre les deux partis, dans la mesure où ils sont conscients qu’il n’est pas dans leur intérêt de maintenir une atmosphère tendue et qu’il ne faut pas que ce genre d’échanges se fasse dans les médias et sur les réseaux sociaux », explique un responsable FL, appelant à limiter le contact à cette dimension.

Accumulation de divergences

Cela prouve que les FL et le Futur sont conscients de l’ampleur de leurs désaccords et que ceux-ci ne se limitent pas aux échanges d’accusations dans le cadre de la seule politique politicienne. Il s’agit d’une accumulation de divergences depuis la mise en place du fameux compromis présidentiel de 2016. Bien au-delà de l’appui de Saad Hariri à la candidature de Michel Aoun à la présidentielle, les FL ont très mal vécu le partenariat ainsi consacré entre M. Hariri et le leader du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, gendre du chef de l’État.

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Si elles ont pris part au cabinet issu de cette entente, les FL se sont plaintes d’une certaine marginalisation dont elles estimaient être la victime, au profit du partenariat Hariri-Bassil. Les FL ont donc dénoncé des nominations judiciaires et administratives « monochromes » dont profiterait le tandem Futur-CPL. Les rapports entre la Maison du Centre et Meerab se sont détériorés davantage à cause du veto des ministres de Samir Geagea au plan de production de l’électricité parrainé par César Abi Khalil, ex-ministre aouniste de l’Énergie. Tout comme le Hezbollah, le Parti socialiste progressiste et les Marada, le parti de Samir Geagea s’est opposé à ce projet le jugeant « corrompu » et inefficace, alors que les aounistes et les haririens le percevaient comme un moyen rapide d’assurer le courant électrique 24h/24.

Mais il reste que c’est surtout avec le fameux épisode de la démission surprise de Saad Hariri depuis Riyad, le 4 novembre 2017, que les rapports entre les deux partis ont atteint leur plus bas niveau. À l’heure où l’Arabie saoudite multipliait ses contacts avec les opposants au mandat Aoun, des haririens soupçonnaient le leader des FL de se tenir derrière le « piège tendu » à l’ancien chef de gouvernement. Un peu plus tard, un nouveau différend a éclaté entre les deux camps dans la foulée des tractations pour former le cabinet à l’issue des législatives de mai 2018. Voulant s’affirmer comme un des faucons de l’opposition, M. Geagea multipliait les critiques aux choix gouvernementaux. Il avait même appelé à la mise en place d’une équipe de spécialistes à même de sortir le pays de la crise économique qui le secoue depuis l’automne 2019. Mais ce n’est que le 19 octobre, soit deux jours après le début du mouvement de contestation, que Samir Geagea a choisi de claquer la porte du cabinet Hariri, lui portant ainsi un coup sévère.

Toujours à la faveur de la colère populaire contre la classe dirigeante dans son ensemble, les FL se sont abstenues de nommer Saad Hariri pour former un nouveau cabinet, le gouvernement Hariri III ayant démissionné sous l’effet de la pression populaire. Meerab avait alors appuyé la candidature de Nawaf Salam, ancien ambassadeur du Liban à l’ONU et juge au sein de la Cour internationale de justice. Une façon pour les FL de presser pour la mise en place d’un cabinet formé de spécialistes indépendants des partis politiques. D’autant que, selon M. Geagea, « Saad Hariri n’est pas la bonne personne pour former le cabinet », comme il l’avait déclaré à la LBCI à la veille des consultations parlementaires de décembre 2019. Cette prise de position est toujours de mise à Meerab, dont les représentants n’ont pas nommé M. Hariri lors des consultations qui se sont tenues le 22 octobre, le privant ainsi d’une couverture chrétienne dont il a besoin pour mener à bien sa mission. « Nous avons des divergences importantes et des agendas différents, dans la mesure où la priorité de Saad Hariri est un nouveau cabinet, alors que nous plaidons pour des législatives anticipées », reconnaît le responsable FL, excluant une rencontre entre MM. Hariri et Geagea dans un avenir proche.


Un contact pour calmer les esprits et maintenir le minimum de rapports, en attendant la formation du nouveau cabinet. C’est en ces termes très mesurés et soigneusement choisis qu’un conseiller du Premier ministre désigné Saad Hariri décrit pour L’Orient-Le Jour le tout dernier contact établi, il y a une dizaine de jours, entre M. Hariri et son ancien allié, le leader des Forces...

commentaires (7)

Si Hariri veut montrer sa bonne foi, il faut se rétracte et refuse toute implication de tous les partis en formant un gouvernement technocrate qui sauvera le pays sans l’approbation de tous y compris de Aoun. On verra ce que ce dernier aurait à dire une fois les noms de gens honnêtes et compétents seront publiés. Fini le foutage de gueule de Hariri et les autres et plus de concessions et de compromissions, ça sera à prendre ou à laisser. Ainsi il facilitera la tâche à son remplaçant qui serait de composer un gouvernement digne de ce nom pour clore le chapitre de pillage et des interventions étrangères dans notre pays. Pour cela il nous faut un homme, un vrai aux mains propres et irréprochable qui viendrait imposer la constitution comme seule condition et aille dans ce sens pour boucler le caquet à tous ces vendus.

Sissi zayyat

12 h 26, le 21 novembre 2020

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Commentaires (7)

  • Si Hariri veut montrer sa bonne foi, il faut se rétracte et refuse toute implication de tous les partis en formant un gouvernement technocrate qui sauvera le pays sans l’approbation de tous y compris de Aoun. On verra ce que ce dernier aurait à dire une fois les noms de gens honnêtes et compétents seront publiés. Fini le foutage de gueule de Hariri et les autres et plus de concessions et de compromissions, ça sera à prendre ou à laisser. Ainsi il facilitera la tâche à son remplaçant qui serait de composer un gouvernement digne de ce nom pour clore le chapitre de pillage et des interventions étrangères dans notre pays. Pour cela il nous faut un homme, un vrai aux mains propres et irréprochable qui viendrait imposer la constitution comme seule condition et aille dans ce sens pour boucler le caquet à tous ces vendus.

    Sissi zayyat

    12 h 26, le 21 novembre 2020

  • LE LIBAN EST L'OTAGE DU HEZBOLLAH EN PREMIER GRÂCE À LA FAIBLESSE EXTRÊME DE HARIRI. ET CE MÊME HARIR ESSAYE GE GOUVERNER À NOUVEAU ! L'IRAN EST DEVENU CE QU'IL EST AUJOURD'HUI L'OTAGE DES MOULLAH ET LE LIBAN N'ÉCHAPPERA PLUS, IL VA DEVENIR BIENTÔT COMME L'IRAN À 100 POUR 100.

    Gebran Eid

    11 h 32, le 20 novembre 2020

  • "vous insistez pour l’accuser d’obéir à un partage du gâteau". C'est pourtant bien ce à quoi on assiste ! Sinon pourquoi poursuivre des " tractations " avec les différents responsables de partis ? Comment expliquer autrement la non-formation du gouvernement ? Les FL avaient parfaitement raison. Hariri a trahi sa mission et ses promesses.

    Yves Prevost

    10 h 54, le 20 novembre 2020

  • DOMMAGE QU,ON LAISSE LE CHAMP LIBRE AUX CPL, HEZBOLLAH ET AMAL. TRES DOMMAGE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 50, le 20 novembre 2020

  • En fait, ces soi-disant responsables politiques ne sont que de très mauvais cuisiniers qui remuent inlassablement cette soupe gouvernementale, n'ayant toujours pas compris quels ingrédients essentiels devraient la composer. Le promblème est que bientôt...il n'y aura même plus les ingrédients indispensables sur le marché: l'intelligence, le courage, le patriotisme et l'honnêteté, ainsi qu'un minimum de décence ! - Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 37, le 20 novembre 2020

  • Sans vouloir faire de peine a Hariri et compagnie, mais les FL ont eu tout bon depuis longtemps et si le Hariri voulait réussir enfin dans quelque chose il ferait mieux de les écouter un peu. Alors juste pour remettre les points sur les "i" c'est Hariri qui a lâché les FL lors des élections Présidentielles. C'est son clan et camps qui est accusé de corruption et détournement de fond, pas les FL. C'est son clan et camps qui est responsable de l'accumulation de la dette publique. C'est son clan et camps qui est responsable des concessions continues en faveur du Hezbollah et du CPL dans les instances publiques ayant mis en otage le pays. C'est son clan et camps qui est responsables qu'il n'y a plus d'électricité 24h sur 24 en optant pour des solutions illégales. Et j'en passe ... ! Pour finir, la constitution stipule que le peuple est la source de tous les pouvoirs. Le peuple a parlé en Octobre 2019 et Hariri ne respecte pas leur choix, les FL le font!

    Pierre Hadjigeorgiou

    08 h 55, le 20 novembre 2020

  • Allez balance leur mouture à la figure. A prendre ou à laisser ! Ça passe ou ça casse... S’ils pensent protéger leurs arrières en prenant le pays-meme , son devenir, pour bouclier , ils se trompent . C’est gagner juste un peu de temps.. ils vont tous passer à la casserole , tot ou tard.

    LeRougeEtLeNoir

    08 h 10, le 20 novembre 2020