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Coronavirus au Liban

Des chiffres toujours effrayants : 1.909 cas et 16 décès en 24 heures

Les Forces de sécurité intérieure ont dressé plus de 18.000 procès-verbaux depuis le début du confinement.


Des chiffres toujours effrayants : 1.909 cas et 16 décès en 24 heures

Des personnes déambulant dans un marché à Saïda au Liban-Sud, alors que le pays est reconfiné pour deux semaines, le 16 novembre 2020. Photo Reuters/Aziz Taher

Au sixième jour du reconfinement du pays, le Liban a enregistré de nouveaux chiffres effrayants jeudi : 1.909 cas de coronavirus et seize décès en 24 heures, selon le rapport quotidien du ministère de la Santé. Ces chiffres font grimper à 111.905 le nombre cumulé des contaminations depuis l'apparition du virus dans le pays en février, au nombre desquels 868 décès et 63.468 guérisons. Parmi les personnes actuellement contaminées, 876 sont hospitalisées, dont 328 aux soins intensifs.

Le virus a emporté jeudi le "géant de la publicité et des médias" Ramsay Najjar, une perte déplorée par de nombreux responsables politiques et du milieu des médias. Il a également provoqué la mort de l'écrivain libanais Fouad el-Rayess à l'âge de 83 ans, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Selon le bureau de l'Organisation mondiale de la santé au Caire
, qui couvre une vingtaine de pays de l'Afrique du Nord à l'Asie centrale, les pays ayant notifié la semaine dernière la plus forte augmentation du nombre de décès dus au coronavirus sont la Jordanie, la Tunisie et le Liban.

Un reconfinement généralisé du pays est entré en vigueur samedi dernier pour une durée de deux semaines jusqu'au 30 novembre, afin notamment de permettre aux hôpitaux de s'équiper, alors qu'ils frôlent la saturation. Cette mesure est assortie d'un couvre-feu, de 17h à 5h, ainsi que d'une circulation alternée des véhicules en semaine et d'une interdiction totale de circuler les dimanches. Les FSI, déployées sur tout le territoire pour contrôler le respect de ces mesures, ont annoncé jeudi matin avoir dressé 18.189 procès-verbaux depuis le début du confinement.

Nouvelle inquiétante
Le bouclage n'a pas permis pour l'instant de désengorger les hôpitaux. "La nouvelle inquiétante hier était le décès d'un patient âgé de 60 ans à domicile et qui ne souffrait pas de maladies chroniques. Il s'agissait du cinquième décès à domicile signalé ces derniers jours, dont l'un d'un patient de 51 ans. Les circonstances ne sont pas claires mais les hôpitaux fonctionnent presque à plein régime", a affirmé sur son compte Twitter le Dr Firas Abiad, directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri à Beyrouth, pour qui le bouclage du pays est "relativement bien respecté".

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Il a dans ce contexte salué l'accord conclu entre le ministère de la Santé et les hôpitaux privés, estimant que "les nouveaux tarifs convenus inciteront les hôpitaux privés à augmenter leur capacité en lits Covid-19". En effet, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a annoncé mercredi avoir enfin trouvé un accord avec les hôpitaux privés pour assurer la prise en charge des patients contaminés. Il règle ainsi un désaccord qui opposait depuis plusieurs semaines le ministère aux hôpitaux privés, sollicités pour participer à l’effort de lutte contre la pandémie, mais empêchés de le faire par une augmentation de leurs coûts de fonctionnement. Cet accord devrait permettre de doubler le nombre de lits disponibles pour les patients souffrant du Covid-19 et nécessitant une hospitalisation. Une mesure qui vise à donner un répit aux hôpitaux publics saturés et au personnel hospitalier surmené, un des objectifs justifiant le reconfinement du pays.

Jeudi, M. Hassan a indiqué que "durant les sept derniers jours, 80 lits supplémentaires ont été assurés dans les hôpitaux privés". "Deux-cent-cinquante-six lits supplémentaires pour les patients atteints du coronavirus seront également assurés au sein de ces hôpitaux dans les prochaines semaines", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion du comité scientifique du ministère en charge du suivi du coronavirus.

Sur le plan économique, et malgré le nombre de cas quotidiens toujours élevé, le ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, avait annoncé mardi envisager une réouverture de certains commerces après vendredi prochain. Cette annonce avait été faite pour tenter de calmer la grogne du secteur économique, déjà mis à rude épreuve par la crise économique et financière, et qui considère ce reconfinement comme un coup de grâce.
Lors de sa conférence de presse jeudi, le ministre sortant de la Santé a reconnu que le reconfinement généralisé du pays pour deux semaines seulement contrevient aux recommandations scientifiques, justifiant cela par "les circonstances exceptionnelles du pays". "En raison des circonstances exceptionnelles au pays, notamment politiques, économiques et sécuritaires, nous ne pouvons pas nous permettre d'observer un reconfinement de quatre à six semaines, malgré les recommandations des experts. C'est pourquoi nous avons privilégié un bouclage total de deux semaines", a-t-il dit.


Au sixième jour du reconfinement du pays, le Liban a enregistré de nouveaux chiffres effrayants jeudi : 1.909 cas de coronavirus et seize décès en 24 heures, selon le rapport quotidien du ministère de la Santé. Ces chiffres font grimper à 111.905 le nombre cumulé des contaminations depuis l'apparition du virus dans le pays en février, au nombre desquels...

commentaires (3)

Le ministre de la Santé nous avait annoncé que les résultats de ce reconfinement devraient apparaître dès mercredi. Nous sommes vendredi. et aucun progrès n'apparaît. Il semble donc que la méthode n'est pas la bonne. Il faut trouver autre chose.

Yves Prevost

07 h 03, le 20 novembre 2020

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Commentaires (3)

  • Le ministre de la Santé nous avait annoncé que les résultats de ce reconfinement devraient apparaître dès mercredi. Nous sommes vendredi. et aucun progrès n'apparaît. Il semble donc que la méthode n'est pas la bonne. Il faut trouver autre chose.

    Yves Prevost

    07 h 03, le 20 novembre 2020

  • Un détail en dehors du contexte de l'article: la photo à Saida montre entre autres une charrette de vendeur ambulant, où on note le prix du citron à 2500 livres, tandis qu'ailleurs, il est toujours vendu à un prix plus que le double avec alignement des prix hauts dans tous les petits magasins de légumes. L'esprit commerçant gourmand ne quitte jamais le libanais.

    Esber

    20 h 01, le 19 novembre 2020

  • annoncer les chiffres c est bien mais faire appliquer la loi c est encore mieux rien que sur la photo de l article les deux vendeurs n ont pas de masque pourquoi ?

    youssef barada

    19 h 46, le 19 novembre 2020