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PARCOURS

Un étudiant en médecine confronte les préjugés sociaux avec ses poèmes

Amoureux de science et de littérature, Karim Rhayem, jeune étudiant en médecine et auteur publié, use de sa plume pour sonder l’origine des émotions.

Un étudiant en médecine confronte les préjugés sociaux avec ses poèmes

Karim Rhayem : « Je suis tombé amoureux de cette possibilité de créer un monde entier grâce à l’imagination. » Photo Maria el-Hage

Karim Rhayem, 21 ans, étudiant en quatrième année de médecine à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), est également un auteur passionné de littérature. Il utilise sa plume pour comprendre l’origine des émotions humaines, combattre les différentes injustices sociales et exprimer ses pensées. Après avoir publié deux recueils de nouvelles et de poèmes, aux éditions Hachette/Antoine, en 2016 et en 2018, ce futur médecin travaille actuellement sur un nouvel opus de poèmes. Lorsqu’il a entamé ce projet d’écriture au printemps 2019, contrairement à ses deux premières expériences, le jeune homme ne voyait pas encore où il se dirigeait. « Je n’avais rien de déjà écrit, ni dans mon cahier ni sur mon ordinateur. Cependant, avec tous les évènements qui se sont déroulés dernièrement au niveau national et international, de nouvelles idées me sont venues à l’esprit. » Une inspiration qui émane également « de ce qui arrive dans (sa) vie courante, joyeux ou non », mais aussi de l’art auquel l’étudiant est exposé, tel que « les tableaux, les chansons ou les films ». Et d’ajouter : « J’ai appris que la créativité ne se fait pas sur commande. Quand on me demande d’écrire un poème sur commande, je suis complètement bloqué. »

Dans ce recueil en cours de rédaction, Karim Rhayem confie vouloir « explorer la racine de ses propres émotions ». S’il préfère pour le moment ne pas en dévoiler davantage, il revient sans hésitation sur sa toute première publication en 2016, alors qu’il avait dix-sept ans. « Mon premier livre est intitulé Amour et vengeance. C’est un ensemble de 9 nouvelles, toutes écrites en français, qui comportent des personnages et des cadres spatio-temporels différents, mais qui sont connectés. Le titre décrit bien l’essence du livre qui couvre non pas l’amour et la vengeance en tant que deux thèmes distincts, mais qui, plutôt, raconte une histoire dont les conséquences révèlent ce que sont l’amour et la vengeance », explique le jeune auteur.

Deux ans après la publication de son premier livre, quand il n’était qu’en première année de médecine, le jeune étudiant reprend la plume, « naturellement », comme il le décrit, pour poursuivre la rédaction de son deuxième ouvrage, Nyctophilia, dont il avait entamé l’écriture lors de la publication de son premier recueil. « J’ai réalisé que j’avais abordé les mêmes thèmes dans mes poèmes, tels que le racisme, le sexisme et la religion, mais cette fois, je les explorais plus en profondeur. C’est de là que le titre Nyctophilia m’est venu – ce mot-valise signifie “attraction envers la nuit” –, pour justement encourager mes lecteurs à sortir de la pénombre et parler de ces injustices. Les écrits suivent un ordre logique bien précis et le lecteur doit lire le livre d’une seule traite. »

Par ailleurs, Karim Rhayem confie aimer le surréalisme dans la littérature et s’intéresser à certains « concepts sociaux comme la hiérarchie sociale », ajoutant qu’il se retrouve dans l’écriture automatique, « celle qui encourage l’écrivain à écrire tout ce qui lui passe par la tête pour libérer ses idées ». « Et, même si je suis certaines règles de la poésie, je préfère les vers libres à travers lesquels je trouve ma voix », admet-il.

Toujours de nouveaux objectifs

« J’ai commencé à écrire à un très jeune âge. Mais ce n’est qu’en classe de quatrième, quand on a étudié les nouvelles de Guy de Maupassant, que j’ai vraiment débuté. Je suis tombé amoureux de cette possibilité de créer un monde entier grâce à l’imagination », raconte le jeune homme qui a été fortement encouragé par son entourage familial et scolaire. « Je montrais mes poèmes à ma tante, Mireille Issa, qui est professeure en langue et littérature à l’Université Saint-Esprit de Kaslik. Elle me donnait toujours son avis sur mes écrits et m’aidait à les améliorer. »

Revenant sur son choix de carrière, Karim Rhayem indique : « Les gens sont toujours étonnés d’apprendre que je poursuis des études scientifiques, ce qui contraste avec ma passion pour l’écriture. Ce n’est qu’une question d’équilibre entre la science et l’art que j’aime profondément. » « Si je trouve que j’investis énormément de temps dans l’écriture par exemple, j’ai automatiquement besoin de me concentrer sur la science », ajoute-t-il, avant de dénoncer la perception qu’ont souvent les Libanais des études en art. « Après grande réflexion, la médecine m’a attiré. Sans oublier que notre société encourage tellement la science que je me suis senti incapable d’échapper au préjugé qui considère les artistes incapables de gagner leur vie. »

Le jeune écrivain indique également qu’il a toujours de nouveaux objectifs à atteindre, même si ce n’est pas dans un futur proche. « Ma plus grande aspiration serait d’écrire un roman. Cependant, mon planning surchargé et mes engagements ne le permettent pas. Je vais attendre pour l’instant avant de m’embarquer dans un tel projet. »




Karim Rhayem, 21 ans, étudiant en quatrième année de médecine à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ), est également un auteur passionné de littérature. Il utilise sa plume pour comprendre l’origine des émotions humaines, combattre les différentes injustices sociales et exprimer ses pensées. Après avoir publié deux recueils de nouvelles et de poèmes, aux éditions...

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Médecine et littérature vont souvent de pair Jean Christophe Ruffin qui est neurologue , est un écrivain hors pair ,membre de l académie française , et détenteur entre autre du prix Goncourt Je vous encourage à ne pas être qu un médecin Robert Moumdjian md Professeur de Neurochirurgie Montreal , Canada

Robert Moumdjian

05 h 15, le 12 novembre 2020

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Commentaires (1)

  • Médecine et littérature vont souvent de pair Jean Christophe Ruffin qui est neurologue , est un écrivain hors pair ,membre de l académie française , et détenteur entre autre du prix Goncourt Je vous encourage à ne pas être qu un médecin Robert Moumdjian md Professeur de Neurochirurgie Montreal , Canada

    Robert Moumdjian

    05 h 15, le 12 novembre 2020