Rechercher
Rechercher

Société - Explosions du 4 août

Le barreau de Beyrouth prend sur lui de saisir la justice sur 1 333 dossiers

Le barreau de Beyrouth prend sur lui de saisir la justice sur 1 333 dossiers

Vue sur le port de Beyrouth et ses silos, détruits par la double explosion du 4 août, le 26 octobre 2020. Thomas Coex/AFP

L’ordre des avocats est revenu à la charge, samedi, dans un communiqué, sur la nécessité « d’aller jusqu’au bout » dans l’affaire de l’explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, pressant le procureur général près la Cour de justice, Fadi Sawan, de ne pas se contenter d’interroger, mais d’engager des poursuites contre les hauts responsables politiques (chefs de gouvernement ou ministres) s’il lui apparaît que leur responsabilité est engagée dans la catastrophe, serait-ce pour négligence dans l’accomplissement du devoir.

L’ordre précise que 1 333 personnes se sont portées parties civiles dans ce dossier et ont confié à une cellule de crise de l’ordre le soin de transmettre leurs dossiers au juge. 681 de ces dossiers ont été pleinement documentés et déjà transmis (rapports d’experts, attestations médicales, certificats d’hérédité, etc.). Dans son communiqué, l’ordre insiste sur le fait que la loi et la jurisprudence établissent sans la moindre équivoque que le procureur a le droit de mettre en examen des chefs de gouvernement, des ministres et des hauts fonctionnaires, et de ne pas se contenter de les interroger en qualité de témoins. Il insiste aussi pour que le magistrat en charge du dossier étende « verticalement » ses compétences et engage la responsabilité des institutions dont les administrateurs sont interrogés ou arrêtés. Ainsi, selon le président de l’ordre Melhem Khalaf, si M. Sawan a ordonné l’arrestation du directeur général de la Compagnie d’exploitation du port de Beyrouth, Hassan Koraytem, il devrait aussi engager la responsabilité de la compagnie dans le dédommagement des victimes.

Lire aussi

Le barreau de Beyrouth se mobilise pour les droits des personnes sinistrées


Me Khalaf souligne enfin combien l’initiative de l’ordre des avocats est sans précédent dans les annales du barreau. « C’est la première fois au monde qu’un barreau prend sur lui de saisir la justice sur 1 333 dossiers », dit-il.

Souci de transparence du CSM

Le communiqué de l’ordre des avocats a coïncidé avec la publication par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), « dans un souci de transparence », d’un autre communiqué dans lequel Fadi Sawan cherche à répondre à l’impatience des milieux qui souhaitent voir déterminées les circonstances et les responsabilités dans cette affaire, trois mois après l’explosion. Sachant que dans un premier temps, les autorités avaient promis de premiers résultats sous cinq jours.

Sur la détermination des causes de l’explosion, M. Sawan a indiqué que ce point exige « minutie et rigueur ». « Toutes les possibilités sont envisagées jusqu’à la fin des enquêtes », a-t-il précisé, ce qui signifie, implicitement, que l’enquête n’a pas encore exclu ni la possibilité d’une cause accidentelle due à une négligence criminelle ni l’hypothèse d’un acte intentionnel. Et de rappeler à cet égard que trois commissions rogatoires ont été adressées à la France, aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, dans lesquelles le Liban sollicitait, si elles existent, des images par satellite du port, au moment de l’explosion. « Pour le moment, nous n’avons réceptionné que le rapport technique du FBI américain, a dit M. Sawan. Le rapport de Scotland Yard devrait encore prendre “plusieurs semaines”, tandis qu’aucune réponse n’a encore été reçue de la part de la France. »

Le procureur est ensuite revenu, dans son communiqué, sur les différentes procédures lancées jusqu’à présent, notamment sur le parcours du Rhosus, le navire ayant transporté les 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium à l’origine de la déflagration. Et de souligner que plusieurs mandats d’arrêt ont été lancés contre des personnes liées à ce volet de l’affaire, notamment contre le propriétaire et le capitaine du navire à l’époque. Par ailleurs, 25 personnes ont été arrêtées dans le cadre de ce drame dont deux hauts fonctionnaires : le directeur des douanes Badri Daher, le directeur général des transports maritimes et terrestres, Abdel Hafiz el-Kaïssi, auxquels s’ajoute le directeur général du port Hassan Koraytem, a précisé M. Sawan. Sur les 681 plaignants dont les dossiers ont été jusqu’à présent transmis par le barreau de Beyrouth, 26 ont été entendus, a précisé le juge.

Beaucoup de responsables politiques au Liban et à l’étranger ont mis en doute la possibilité, voire la volonté, des enquêteurs libanais à faire la pleine vérité sur la catastrophe.

L’ordre des avocats est revenu à la charge, samedi, dans un communiqué, sur la nécessité « d’aller jusqu’au bout » dans l’affaire de l’explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, pressant le procureur général près la Cour de justice, Fadi Sawan, de ne pas se contenter d’interroger, mais d’engager des poursuites contre les hauts responsables politiques (chefs de...
commentaires (3)

LA JUSTICE ? EUHHHH....

LA LIBRE EXPRESSION

14 h 38, le 09 novembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • LA JUSTICE ? EUHHHH....

    LA LIBRE EXPRESSION

    14 h 38, le 09 novembre 2020

  • Ce procès rejoindra les autres plaintes sur les attentats sur des politiciens, journalistes et responsables honnêtes qui ont trouvé la mort pour avoir dénoncé ouvertement les vendus. Que du vent pour gagner du temps en faisant semblant de travailler pour faire avancer les choses. La vérité viendrait des pays civilisés s’ils veulent bien que justice soit faite pour toutes les victimes. Mais le veulent ils vraiment?

    Sissi zayyat

    12 h 59, le 09 novembre 2020

  • Résultat dans une dizaine d'années ?

    Esber

    08 h 07, le 09 novembre 2020

Retour en haut