Le frontispice du ministère des Finances. Photo P.H.B.
Selon les chiffres du ministère des Finances, le déficit public a atteint 3 163,96 milliards de livres à fin juillet (soit 2,09 milliards de dollars au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar), donc une baisse de 12,91 % par rapport aux 3 632,79 milliards de livres atteintes sur la même période un an plus tôt (2,4 milliards de dollars).
Le déficit représente près de 27,64 % des dépenses publiques totales sur le même exercice, qui ont atteint de leur côté 11 448,61 milliards de livres (7,59 milliards de dollars). Ces dépenses sont en hausse de 2,69 % en un an. Les avances du Trésor à Électricité du Liban (EDL) ont augmenté de 23,42 % à fin juillet 2020 pour atteindre près de 806,76 milliards de livres (près de 535,2 millions de dollars). Elles représentent en outre 7,05 % des dépenses publiques sur les sept premiers mois de 2020.
Déficit primaire
Le budget pour 2020 a réservé 1 500 milliards de livres (environ 1 milliard de dollars) en tant qu’avances du Trésor à EDL, pour lui permettre de financer ses achats de carburant (les tarifs d’électricité étant gelés depuis le début des années 1990). Cette enveloppe est en nette baisse (-40 %) par rapport à celle incluse dans le budget pour 2019. La hausse des dépenses publiques est, cette fois encore, en partie liée à celle des « dépenses générales », qui incluent en principe les rémunérations du secteur public. Si celles-ci sont en baisse de 7,32 % à 7 908,01 milliards de livres (5,24 milliards de dollars), les recettes de l’État ont également diminué de 21,22 % sur la même période, à 8 284,65 milliards de livres (près de 5,49 milliards de dollars). Les recettes fiscales connaissent une baisse (27,43 % sur la même période à un peu plus de 6 075,33 milliards de livres ou 4,03 milliards de dollars), tandis que les revenus du secteur des télécoms affichent une diminution de 56,53 % par rapport à la même période l’an dernier pour atteindre 300 milliards de livres (soit 199 millions de dollars).
Le déficit primaire (sans compter le service de la dette) s’est élevé à 1 065,57 milliard de livres (soit 706,84 millions de dollars), alors que le pays avait dégagé un excédent primaire de 868,66 milliards de livres (576,2 millions de dollars) lors des sept premiers mois de 2019. En juillet 2020, le paiement des intérêts représentait 17,17 % des dépenses publiques alors que ce pourcentage était de 30,54 % à fin juillet 2019.
Le Liban traverse une crise sans précédent depuis plus d’un an, provoquée par plusieurs facteurs dont l’incapacité de ses dirigeants (hauts responsables et élus) à adopter des budgets moins déficitaires ou à respecter les objectifs fixés par les lois de finances en termes de ratio déficit/PIB. L’adoption dans les délais prévus par la Constitution d’un budget pour 2021 (donc d’ici à la fin de l’année) ainsi que d’une loi de finances rectificative qui ajuste celui de 2020 en tenant compte de la réalité des chiffres fait partie des engagements pris par les principales forces politiques du pays sous la pression de la France. Des promesses qui n’ont jusqu’à maintenant pas été tenues.



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