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Politique - Liban

Sanctions contre Bassil : Aoun demande des "preuves"

Le président libanais et beau-père du chef du Courant patriotique libre "insiste pour que ces documents soient fournis à la justice libanaise afin qu'elle prenne les mesures légales nécessaires en la matière".

Sanctions contre Bassil : Aoun demande des

Le président libanais Michel Aoun, le 21 octobre 2020 à Baabda. Photo AFP/HO/Dalati et Nohra

Le président libanais Michel Aoun a demandé samedi à obtenir les "preuves et documents" qui ont poussé Washington à sanctionner la veille son gendre, le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, pour corruption, abus de pouvoir et soutien au Hezbollah, une lourde mesure qui intervient en fin de mandat du président américain Donald Trump, après des mois de rumeurs sur de telles sanctions.

Le communiqué du palais

"Le président de la République, Michel Aoun, a demandé au ministre (sortant) des Affaires étrangères, Charbel Wehbé, d'effectuer les contacts nécessaires avec l'ambassade des États-Unis à Beyrouth et l'ambassade du Liban à Washington afin d'obtenir les preuves et les documents qui ont poussé le Trésor américain à formuler des accusations et imposer des sanctions contre le chef du Courant patriotique libre, l'ancien ministre et député Gebran Bassil", écrit le palais de Baabda dans un communiqué publié samedi matin. Le chef de l'État a ensuite "insisté pour que ces documents soient fournis à la justice libanaise afin qu'elle prenne les mesures légales nécessaires en la matière", ajoute le communiqué de Baabda. Le président a également fait savoir qu'il allait "suivre cette affaire de manière directe afin que les jugements convenables soient rendus au cas où des données sont collectées concernant ces accusations".

L'édito de Issa GORAIEB

Échecs et maths

Le chef du Courant patriotique libre, considéré comme l’un des principaux alliés chrétiens du Hezbollah, a été frappé par de lourdes sanctions imposées par le département américain du Trésor. Ces sanctions ont été prises sur la base du Magnitsky Act, qui vise tout responsable portant atteinte aux droits humains et ayant trempé dans des affaires de corruption. Conformément à ce texte de loi, les actifs de M. Bassil seront pour l'essentiel gelés aux États-Unis. Dans un communiqué distinct, le département d’État a annoncé que Gebran Bassil fait également l’objet de sanctions dans le cadre de la loi sur les opérations étrangères du département d’État (2020), qui cible les responsables de gouvernements étrangers impliqués dans des actes de corruption. Dans ce cadre, le chef du CPL est désormais interdit d’entrée aux États-Unis.

Lire

Sanctions contre Bassil : pourquoi Washington est passé à l’acte

Le département d'État a encore précisé que les actions prises contre Gebran Bassil s'inscrivent dans la continuité des sanctions lancées précédemment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme contre les anciens ministres libanais Youssef Fenianos et Ali Hassan Khalil. Dans ce cas aussi, le président Aoun avait demandé au chef de la diplomatie libanaise d'entrer en contact avec les autorités américaines afin d'obtenir les preuves et documents qui ont motivé leur décision. Les suites de cette requête ne sont toujours pas connues à ce jour.

"Briser une volonté libanaise libre"

Vendredi, Gebran Bassil avait vite réagi à l'annonce des sanctions, affirmant que celles-ci ne "l'effraient pas". Et samedi, le bureau politique du CPL a condamné les sanctions US qui visent son chef. Dans un communiqué, la formation a exprimé son "rejet total des sanctions américaines contre Gebran Bassil", estimant qu'elles constituent "une diffamation claire et une instrumentalisation de la justice américaine pour se venger d'un leader politique". Le bureau politique du CPL a également dit "regretter que l'administration américaine, en fin de mandat présidentiel, utilise son pouvoir afin de briser une volonté libanaise libre, en violation des valeurs de liberté démocratique qui ont toujours uni les Libanais et les Américains". La formation aouniste a ensuite appelé Washington à "revenir sur sa décision injuste", soulignant qu'elle "ne prend des directives de personne, ni sur le plan local, ni sur le plan international". Un peu plus tard, elle a appelé ses partisans à ne pas manifester près de l'ambassade américaine, à Awkar.

Par ailleurs, alors que quelques partisans de M. Bassil s'étaient réunis au bas de son domicile en signe de solidarité, il leur a affirmé devoir "se battre contre l'injustice", mais qu'il en sortirait "plus fort". Il a également mis en garde ses partisans, selon une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, contre toute tentative de "subversion" de ce mouvement de soutien à son égard, les appelant à ne pas manifester devant l'ambassade américaine.

C'est la première fois qu'un chef de parti chrétien libanais est la cible de sanctions américaines. Ces mesures interviennent à onze semaines de la fin du mandat du président Trump, qui risque de ne pas être réélu face au candidat démocrate Joe Biden, selon les derniers résultats. Elles interviennent alors que, trois mois après la démission de Hassane Diab, les tractations pour la formation du gouvernement libanais semblaient s'embourber, en raison notamment d'un bras de fer entre Gebran Bassil et le Premier ministre désigné, Saad Hariri.

Récit

La descente aux enfers de Bassil, l’homme fort de la République

Gebran Bassil est l'une des figures les plus conspuées dans la rue, depuis la révolte populaire du 17 octobre 2019, qui fustige toute la classe politique accusée de corruption et d'incompétence. Cette hostilité envers sa personne s'est accrue, de même que contre toute la classe dirigeante, après la double explosion du 4 août au port de Beyrouth, qui a tué 204 personnes, blessé 6.500 autres et ravagé des quartiers entiers de la capitale. La déflagration était due, selon la version officielle, à un incendie qui avait déclenché l'explosion de près de 3.000 tonnes de nitrate d'ammonium stockés sans mesures de sécurité dans le port depuis 2014.


Le président libanais Michel Aoun a demandé samedi à obtenir les "preuves et documents" qui ont poussé Washington à sanctionner la veille son gendre, le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, pour corruption, abus de pouvoir et soutien au Hezbollah, une lourde mesure qui intervient en fin de mandat du président américain Donald Trump, après des mois de rumeurs sur...

commentaires (25)

Devant ce brouhaha provoqué par les accusations de l'Administration Américaine accusant Gebran Bassil de corruptions et de détournements de fonds publics, je suggère que le Procureur Général M. Oueidate convoque Gebran Bassil selon la loi Raymond Eddé (d'où avez-vous ça ? "Min äin laka haza ?"). Le peuple libanais est en droit de connaître l'évolution de la fortune de Gebran Bassil depuis son entrée au Gouvernement jusqu'à aujourd'hui.

Honneur et Patrie

17 h 40, le 08 novembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (25)

  • Devant ce brouhaha provoqué par les accusations de l'Administration Américaine accusant Gebran Bassil de corruptions et de détournements de fonds publics, je suggère que le Procureur Général M. Oueidate convoque Gebran Bassil selon la loi Raymond Eddé (d'où avez-vous ça ? "Min äin laka haza ?"). Le peuple libanais est en droit de connaître l'évolution de la fortune de Gebran Bassil depuis son entrée au Gouvernement jusqu'à aujourd'hui.

    Honneur et Patrie

    17 h 40, le 08 novembre 2020

  • L’Emir du Khemed bien de chez nous à la rescousse de Abdallah, son rejeton préféré et héritier désherité. Comme la vie est injuste.

    Akote De Laplak

    11 h 57, le 08 novembre 2020

  • Les corrompus commencent a tomber. Le reste de la bande , deputes ,ministres, haut fonctionnaires et autres corrompus doivent faire dans leur froc maintenant en se demandant a qui le prochain tour ? ! Les Libanais esperent que cette affaire aura des suites. croisons les doigts

    Goraieb Nada

    08 h 33, le 08 novembre 2020

  • Le culot de demander aux Américains des preuves au lieu d'ordonner a la justice libanaise de les trouver.

    Saleh Tassabehji

    07 h 50, le 08 novembre 2020

  • Qui parle? Le Président dr la République libanaise, ou le beau-père?

    Yves Prevost

    07 h 42, le 08 novembre 2020

  • Monsieur le Président de la République! Les malversations de nos chers élus doivent passer après les éclairages de la tragédie du port ! Nous devons savoir la vérité et dire à qui était destiné le nitrate d’ammonium et si bombardement Israelin a bien eu lieu. ! Or Monsieur le Président vous êtes le premier à vous opposer à une enquête internationale! Joe Biden arrive et la vérité ne pourra échapper à personne!

    PHENICIA

    19 h 23, le 07 novembre 2020

  • je trouve ca un peu bizarre que le président demande des preuves on dirait qu il ne vit pas au Liban et seul son protégé gendre est impliqué dans la corruption , il y a d autres avec preuves à l appui qu on ne poursuit pas , qu est ce qu il attend pour les poursuive? LA FIN DE SON MANDAT bientot j espère

    youssef barada

    18 h 58, le 07 novembre 2020

  • M. Aoun a tellement raison. Seule la justice libanaise est compétente pour statuer sur la matérialisation d'infractions imputables à Gebran Bassil et personne d'autre! De plus, nous savons tous que l'administration fiscale libanaise avait toutes les informations concernant les actifs américains de Bassil. Quel culot de porter des accusations sur la famille présidentielle... Et je trouve cela déplacé de la part de certains internautes de remettre en cause l'intégrité de M. Aoun qui a tant souffert en dépit de ses qualités qui sont à la hauteur de ses compétences

    Georges Olivier

    16 h 57, le 07 novembre 2020

  • IL NOUS PREND VRAIMENT POUR DES CORNIAUDS. LOLLLLLLLLL

    Jean Michael

    16 h 08, le 07 novembre 2020

  • Aoun se réfugie en France pour se protéger des troupe syriennes, puis des années après, se contente des exploits des délégués iraniens pour soi-disant chasser daéch du jurd malgré les exploits de l'armée libanaise, puis demande au français des images satellites pour éclaircir le mystère de l'explosion dévastatrice, au FBI pour élucider le mystère du port, au Srilankais du thé pour amadouer sa garde présidentielle, aux américains des preuves contre sont beau-fils... Décidément il ne connait aucune institution Made in Lebanon qui puisse le satisfaire...

    Wlek Sanferlou

    15 h 29, le 07 novembre 2020

  • Arrêtons de nous énerver, en acceptant le fait que nous n'avons pas un "chef d'Etat", mais uniquement le beau-papa du gendre ! Ce sera plus simple pour comprendre la suite du feuilleton ! - Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 15, le 07 novembre 2020

  • Merci Mr le President ,vous dites que vous ne suivez pas l'evolution de l enquete sur l'explosion du port qui a fait plus de 200 morts et plus de 7000 blesses car ce n est pas de votre ressort, en gros c est une affaire banale . Par contre vous etes drolement offusque, pour reclamer des preuves concernant la mise au ban de votre fils spirituel l.es deux autres sanctionnes avant lui par l administration americaine ne sont probablement pas des citoyens libanais.

    Jimmy Barakat

    14 h 31, le 07 novembre 2020

  • LA VERITE LE DIT. JE LE DIS AUSSI. METTEZ VOTRE PROMESSE A EXECUTION. APAISEZ VOTRE CONSCIENCE ET DELIVREZ LE PAYS DES DEMONS QUI LE MALMENENT.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 16, le 07 novembre 2020

  • SI UN SEUL DE MA FAMILLE EST CORROMPU JE DÉMISSIONNERAI SUR LE CHAMP QU’ATTENDEZ-VOUS VOUS MR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ( bananière) LIBANAISE? LA VÉRITÉ LES USA N’ONT JAMAIS REMIS LEURS PREUVES POUR NE PAS CAUSER DU TORT À CEUX QUI LES ONT FOURNIS ET LE PRÉSIDENT LE SAIT LE PRÉSIDENT A LUI MÊME DIT QUE LES HOMMES D’AFFAIRES QUI ACCUSAIENT LE MINISTRE DES FINANCES DE CORRUPTION POUR LES PAYER NE VOULAIENT PAS LUI DONNER LES PREUVES CAR ILS SAVAIENT OU CES PREUVES ALLAIENT ABOUTIR ET CONFIRMER LEUR MORT COMMERCIALE OU MÊME PHYSIQUE .LES ÉTATS UNIS NE DONNENT PAS CES. PREUVES POUR PROTÉGER LEURS SOURCES MONSIEUR LE PRÉSIDENT TENEZ PAROLE MAIS POUR LE BIEN DU LIBAN DISSOLVER LA CHAMBRE AVANT DE DÉMISSIONNER

    LA VERITE

    13 h 45, le 07 novembre 2020

  • ET SOUTIEN AU HEZBOLLAH... AH NON ! CE TRUMP EXAGERE. PAS DE SOUTIEN MAIS DE COMPLICITE !

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 34, le 07 novembre 2020

  • LLOOOOOOLL Et il transmettra le dossier à Ghada Aoun qui va trouver de nombreuses failles et va décider que le "gendre" n'est pas corrompu :). HAHAHA le foutage de gueule ...AOUN et cie c'est comme TRUMP: Il estime que le pays c'est lui. Ca lui appartient.

    radiosatellite.online

    13 h 34, le 07 novembre 2020

  • Hahaha. Ne me faites pas rire Monsieur le PRÉSIDENT FORT j’ai les lèvres gercées. Les preuves suivront le même étouffement que pour le Fenianos et Le Khalil. Ils continuent à la ramener comme s’ils avaient œuvré pour le salut du pays. Et dimanche on aura une provocation de plus sur les chaînes télévisées pour donner la parole à l’autre sauveur Gendron de son nom pour nous expliquer comment on l’a obligé à voler et trahir et empêcher de servir son pays. Et on aura votre approbation derrière.

    Sissi zayyat

    13 h 28, le 07 novembre 2020

  • FALLAIT PAS OUVRIR LA BOUCHE COMME DANS LES CAS FENIANIOS ET HASSAN EL KHALIL ET LES AUTRES. LE SILENCE EST D,OR.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 21, le 07 novembre 2020

  • LA HAUTE JUSTICE A DECIDE ET S,EST PRONONCEE.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 13, le 07 novembre 2020

  • Il serait intéressant de savoir s'il a agit avec autant de célérité concernant les anciens ministres libanais Youssef Fenianos et Ali Hassan Khalil... ou même le hezbollah ? Pourquoi tant de précipitation ? Et si la justice américaine fournit les documents souhaités, serait il disposé à appliquer les dispositions légales ..

    C…

    13 h 09, le 07 novembre 2020

  • UNE BLAGUE CERTES QUE CETTE DEMANDE. EL RIHA KANET WASLE LA AMERIKA MIN ZAMEN. FAITES UN REFERUNDUM PARMI LES LIBANAIS, EXCLUS H.B. ET AMAL ET VOUS AUREZ LA REPONSE SUR LE VIF.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 07, le 07 novembre 2020

  • Oui bien sure, on demande les détails afin de leur assurer une meilleure protection. Comme pour leur protéger des douanes. On ne sait plus comment faite pour cacher la montagne. Nous n avons pas une justice, mais une milice qui nous gouverne. Yalla... la faucheuse commence.... et dès évènements d'une importance capitale attendent encore des têtes plus grosses.

    Aboumatta

    12 h 56, le 07 novembre 2020

  • Des détails ? Oui, très utiles pour la suite judiciaire. Mais qui ?

    Esber

    12 h 49, le 07 novembre 2020

  • RAPPEL EMINEMENT ESSENTIEL : BASSIL EST ACCUSE DE- JE CITE-"corruption systématique du système politique libanais, telle qu’elle est illustrée par les actes de M. Bassil, a contribué à éroder les fondations d’un gouvernement efficace au service des Libanais"" ET CECI EST MALHEUREUSEMENT POUR BAABDA&SON GENDRE IMPOSSIBLE A EN FOURNIR DES "PREUVES". la corruption financiere ne vient qu'a la 2e place de moindre importance .

    Gaby SIOUFI

    12 h 37, le 07 novembre 2020

  • Ces sanctions contre le gendrissime doivent servir d electrochoc pour le LIBAN ,constatant l immense misere morale de sa classe politique,sans doute la pire dans le monde.....

    HABIBI FRANCAIS

    12 h 26, le 07 novembre 2020

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