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Économie - Focus

Du houmous à la Tech ! Dans les pas de patrons partis vendre Israël aux Émirats

Du houmous à la Tech ! Dans les pas de patrons partis vendre Israël aux Émirats

Des membres de la délégation israélienne passant devant une photo du cheikh Mohammad ben Rashed al-Maktoum le 27 octobre. Karim Sahib/AFP

Si l’on avait demandé, début 2020, à l’Israélien Yehonatan Ben Hamozeg où il allait se rendre pour tenter de vendre sa technologie, il n’aurait jamais répondu les Émirats, pays arabe avec lequel l’État hébreu n’entretenait pas de relations officielles. Et pourtant le PDG aux cheveux grisonnants de la start-up Agrint, qui utilise des capteurs sismiques pour traquer de petits insectes dévorant des palmiers de l’intérieur, s’est bien rendu à Dubaï avec une délégation de treize entrepreneurs israéliens pour promouvoir le « Made in Israel » aux Émiratis. Un accord de normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis, annoncé en août et signé en septembre, a donné l’impulsion à ces premiers contacts commerciaux directs. Du 25 au 28 octobre, l’AFP a suivi, de Tel-Aviv à Dubaï, ces entrepreneurs emmenés par Erel Margalit, patron de la société d’investissements Jerusalem Venture Partners, partis rencontrer des Émiratis pour concrétiser avec eux cette normalisation.

Un homme d’affaires palestinien de Jérusalem, un ex-agent du Mossad – services secrets extérieurs israéliens – et un botaniste spécialisé dans les semences désertiques ont travaillé en coulisses pour organiser ces rendez-vous à Dubaï.

La diplomatie du houmous

La société israélienne InnovoPro a suscité un vif intérêt avec sa technique d’extraction des protéines de pois chiches en une poudre pouvant être réintroduite dans des aliments comme des yaourts ou des glaces. Ouvrir une usine de poudre de pois chiches aux Émirats permettrait à cette monarchie de « ne pas être seulement un centre d’affaires mais aussi de devenir un centre de production », affirme Taly Nechushtan, patronne d’InnovoPro, devant les investisseurs émiratis. Pour Mohammad Mandeel, chef des opérations de la société d’investissements Royal Strategic Partners à Abou Dhabi, cette technologie témoigne de la proximité entre deux pays condamnés à faire fleurir le désert pour réduire leurs importations alimentaires. « Si des gens d’une société néerlandaise débarquent ici et que je leur parle de houmous (purée de pois chiches, NDLR), ils vont me dire : “Mais qu’est-ce que c’est que ça ?” (Les Israéliens) ont une meilleure compréhension de notre culture, ils ont aussi un environnement agricole plus proche du nôtre », souligne-t-il.

Souk des algorithmes

Mais le houmous a ses limites. Et les Israéliens misent aussi sur des sociétés de technologie financière ou de cybersécurité comme Morphisec, qui offre des services pour contrer des attaques informatiques. Morphisec avait déjà vendu sa technologie aux Émirats avant la normalisation, via un pays tiers, mais dès que l’accord a été annoncé l’entreprise a vu les propositions directes d’affaires s’accumuler.

Dans ce souk des algorithmes, « la technologie de blockchain (protocole informatique réputé infalsifiable, popularisé par les cryptomonnaies, NDLR) développée en Israël nous sera très utile », relève auprès de l’AFP Arshi Ayub Zaveri, patronne de Trust with Trade, une société de négoce des Émirats. « Nous sommes traditionnellement une économie de ressources naturelles comme le pétrole (...) et nous tentons de savoir comment nous pouvons monétiser tout ça sur le meilleur support digital possible », explique-t-elle. Aux premières lueurs de la normalisation, les entrepreneurs israéliens ont parcouru Dubaï sans signer de contrats. Mme Nechushtan ne repart pas bredouille pour autant : « Nous sommes venus ici pour nous faire des amis, les affaires suivront, nous ne sommes pas inquiets. »

Jonah MANDEL/AFP


Si l’on avait demandé, début 2020, à l’Israélien Yehonatan Ben Hamozeg où il allait se rendre pour tenter de vendre sa technologie, il n’aurait jamais répondu les Émirats, pays arabe avec lequel l’État hébreu n’entretenait pas de relations officielles. Et pourtant le PDG aux cheveux grisonnants de la start-up Agrint, qui utilise des capteurs sismiques pour traquer de petits...

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