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Coolitude

Le premier musée du bonheur est danois

Depuis 1973, les Danois sont en tête du classement des peuples les plus heureux du monde et, aujourd’hui, alors que la planète entière baigne dans l’angoisse, un musée du bonheur vient d’être ouvert à Copenhague.

Le premier musée du bonheur est danois

Comment sourit Monna Lisa ? Photo The Happpiness Museum

Le Happiness Museum, ou le musée du bonheur, le premier au monde, qui vient d’ouvrir ses portes à Copenhague n’est pas né d’une génération spontanée. Il est la parfaite illustration du hygge, une philosophie danoise de l’optimisme au quotidien, un concept non matérialiste du bonheur. Il s’agit là d’apprécier pleinement les petits moments et d’apprendre à les privilégier, dans un contexte mondial particulièrement morose. Le curateur de ce musée n’est autre que le Happiness Reasearch Institute, un think tank local indépendant ciblant le bien-être, le bonheur et la qualité de vie. Son directeur, Meik Wiking, rappelle que, dans le « World Happiness Report (le rapport mondial sur le bonheur) publié par les Nations unies, le Danemark a été mentionné à plusieurs reprises comme l’un des pays les plus capables de diffuser bonheur et qualité de vie. C’est pour cette raison que nous avons pensé lancer un musée qui illustrerait un cadre de vie idéal qu’il ne faut pas aller chercher trop loin ».


L’enseigne du musée dans un grand sourire. Photo The Happpiness Museum


Dans cet esprit et la philosophie qui prêche qu’être heureux est à portée de main, le musée se compose de huit salles explorant, sur un mode interactif, le bonheur (et son mode d’emploi) qui se trouve dans tous les aspects de notre existence. Sans avoir à se précipiter, par exemple, sur cette machine expérimentale exposée qui procure d’agréables sensations, mais toutes illusoires, des façons de penser et de se comporter sont proposées. Ainsi, un porte-monnaie posé sur une banquette semble avoir été oublié par quelqu’un. Au lieu de le remettre aux responsables, on est prié de consulter une étude, avec carte géographique à l’appui, sur des porte-monnaie contenant de l’argent, trouvés dans les rues de par le monde et qui ont été restitués en grande partie à leurs propriétaires, faisant ainsi beaucoup d’heureux. Ou, un regard optimiste sur la nature humaine.


La puissance ne fait pas le bonheur. Photo The Happpiness Museum


Qu’est-ce qui a fait sourire Monna Lisa ?

Suite de la visite du musée, à la recherche de joies simples, avec arrêt sur les différentes sections : La géographie du bonheur dévoile l’art de construire un environnement dédié au bien-être des sociétés, concept adopté par 153 pays, selon le World Happiness Report de 2020. La politique et le bonheur mettent en relief le rôle que les dirigeants peuvent jouer pour améliorer la qualité de vie de la société, une préoccupation que le président John F. Kennedy avait évoquée dans l’un de ses discours, et dont l’audio est disponible pour les visiteurs. De même, une corrélation a été établie entre Richesse et bonheur dans divers pays. Il est ainsi conseillé de ne pas se fier au pouvoir matériel pour être au septième ciel. Dans ce contexte, on est revenu sur une réaction américaine à l’élection du président Trump qui avait été exprimée en ces termes : « Le jour le plus malheureux », accompagné d’un poster caricatural des plus explicites : une casquette rouge portant le slogan de Donald, Make America Great Again, surmonté de cette exclamation, It’s happiness, stupid (c’est ça le bonheur, imbécile). Par ailleurs, comme on le sait, Les sciences du bonheur sont vastes, quand il s’agit de choisir. Il faut opter pour les facteurs considérés par chacun, comme les plus importants, dans trois domaines essentiels : l’argent, l’éducation et la santé. Pour rappel de l’adage, « Souriez à la vie et la vie vous sourira », le musée invite les visiteurs à trouver, à travers un miroir, quelle partie du visage de Monna Lisa a provoqué son célèbre sourire. Et, si l’on est immunisé contre le rire contagieux, on se branche à un casque écoute qui distille des rires en boucle enregistrés par le musée pour voir si cela fait rire ou sourire.

Telle la rosée des petites choses de Gebran Khalil Gebran

Le musée a bien évidemment tracé les grandes lignes de l’historique du bonheur, notamment de la période des Lumières aux moult ouvrages et supports qui aident à atteindre ce stade en passant par les campagnes publicitaires qui vendent du bonheur. Viennent s’y ajouter, sur des petites feuilles jaunes post-it tapissant les murs du musée, les définitions personnelles du bonheur inscrites par les visiteurs, de même que leur souvenir le plus heureux. « Incontestablement, tout le monde est à la recherche du bonheur, peut-on lire dans une présentation du musée, mais peut-être essaie-t-on de le trouver là où il n’existe pas. Nos sociétés se sont enrichies, mais nous n’en sommes pas plus heureux. C’est pour cette raison que le Happiness Research Institute a décidé de créer un musée qui aide à atteindre ce sentiment. » Il est clair que ce souci prévaut sous toutes les latitudes.

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Rappelons que bien loin du Grand Nord, et plus précisément aux Émirats arabes unis, un ministère d’État du Bonheur avait été créé en 2016. Deux ans plus tard, le royaume de Sa Gracieuse Majesté s’est doté d’un ministère britannique de la Solitude pour, en quelque sorte, rassurer les citoyens. Néanmoins, c’est semble-t-il, au Happiness Museum de Copenhague que coule de source l’essence de l’art d’être heureux. Pour preuve, cette exposition d’objets provenant des quatre coins du monde, ayant fait le bonheur de ceux qui les ont possédés. Et l’on constate qu’il ne faut pas plus qu’une harmonica, une raquette de badminton et même un inhalateur d’asthme pour se sentir pousser des ailes. À chacun sa recette du bonheur. Gebran Khalil Gebran l’avait bien dit : « C’est dans la rosée des petites choses que le cœur trouve son matin et se rafraîchit. »


Le Happiness Museum, ou le musée du bonheur, le premier au monde, qui vient d’ouvrir ses portes à Copenhague n’est pas né d’une génération spontanée. Il est la parfaite illustration du hygge, une philosophie danoise de l’optimisme au quotidien, un concept non matérialiste du bonheur. Il s’agit là d’apprécier pleinement les petits moments et d’apprendre à les...

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