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Société - Covid-19

Un vaccin en novembre : les propos de Hassan interrogent au sein du corps médical

La Banque mondiale prête à aider au financement des vaccins « une fois qu’ils auront été cliniquement approuvés et reconnus par une entité internationale ».

Un vaccin en novembre : les propos de Hassan interrogent au sein du corps médical

Une femme se fait tester contre le Covid-19 à Antélias, au nord de Beyrouth. Photo « an-Nahar »

Le Liban pourrait se doter, dès novembre, d’un vaccin contre le Covid-19, a annoncé, dimanche dernier, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, sans toutefois donner plus de précisions sur sa provenance. Ces propos ont suscité de nombreuses interrogations, notamment au sein du corps médical, sachant qu’aucun vaccin n’a encore été autorisé, pour l’heure, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou par la Food and Drug Administration (FDA).

Seule la Russie a annoncé avoir enregistré deux vaccins contre le coronavirus, étape préalable en Russie à la phase finale des essais cliniques. Le géant pharmaceutique américain Pfizer prévoit pour sa part de demander une autorisation d’urgence pour son vaccin contre le Covid-19 auprès des autorités américaines lors de la troisième semaine de novembre.

Précédemment, M. Hassan avait également évoqué l’enregistrement du Liban sur la plateforme Covax, créée par l’OMS pour garantir l’accès au vaccin dès qu’il est mis sur le marché. Dans ce contexte, les interrogations sont de mise quant à l’origine du vaccin qui pourrait être proposé aux Libanais.

Le Hezbollah, dont le ministre de la Santé est proche, avait appelé à maintes reprises le Liban à se « tourner vers l’Est » au niveau des échanges économiques, après les sanctions imposées par les États-Unis au parti chiite. Dernièrement, la course au vaccin anti-Covid-19 s’est intensifiée entre la Russie et les États-Unis. Le Liban pourrait-il, dès lors, privilégier le vaccin russe à celui américain pour des raisons politiques, même si le vaccin russe est très controversé ? « Le ministère n’achètera le vaccin russe que s’il passe avec succès la 3e phase des essais cliniques et que ces données sont approuvées à l’international », assure Edmond Abboud, conseiller du ministre de la Santé, à L’Orient-Le Jour. Il indique par ailleurs que le ministère a pris contact avec Pfizer et l’ambassade de Russie à Beyrouth afin de s’assurer de l’obtention du vaccin dès sa mise en vente, qu’il provienne des États-Unis ou de la Russie.

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Dimanche dernier, Hamad Hassan a également évoqué la possibilité que l’achat de 20 % des besoins du pays en termes de vaccins soit financé par la Banque mondiale (BM). Une information confirmée par la BM à L’OLJ, à condition bien sûr que le vaccin en question ait été évalué et autorisé à l’international. « La BM est prête à examiner toute demande effectuée par le ministère de la Santé pour financer l’achat de vaccins contre le Covid-19 une fois que ces vaccins auront été cliniquement approuvés et reconnus par une entité internationale », explique une source de la BM.


Un médecin rassemble des tests PCR effectués sur des travailleurs migrants dans un hôtel dans la banlieue de Beyrouth. Mohamed Azakir/ Reuters


Risques d’effets indésirables

« Le vaccin russe n’est pas encore arrivé à la phase 3 des essais cliniques », souligne, elle aussi, Rima Moghniyeh, professeure en infectiologie à l’hôpital Makassed qui rappelle aussi que le ministre n’a pas spécifié quel vaccin il souhaitait acheter.

Concernant le processus pour l’élaboration d’un vaccin, le Dr Moghniyeh rappelle que la phase 1 est celle des essais en laboratoire. La phase 2 consiste à effectuer des tests limités sur des humains. Lors de la phase 3, le vaccin est testé à une plus large échelle pour voir s’il peut être commercialisé. « Une fois cette étape terminée, il faut attendre deux mois pour voir si le vaccin produit des effets indésirables, avant qu’il ne reçoive l’approbation de la FDA ou de l’OMS », explique l’infectiologue. « Pfizer demande à être exemptée de ces deux mois d’attente et à lancer son vaccin en urgence en novembre », ajoute-t-elle.

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Quels sont les dangers, pour un patient, de se voir administrer un vaccin qui n’a pas été testé en phase 3 ? « Recevoir un vaccin qui n’a pas été testé à une large échelle comporte le risque de faire face à des effets indésirables qui peuvent être dangereux pour la santé car ils ne sont pas connus », indique la Dr Moghniyeh. « Si un vaccin est mis sur le marché aussi tôt, ceux qui le prendront seraient comme dans une phase de test correspondant à la phase 3. Une telle démarche pourrait donner une fausse impression de sécurité puisque le vaccin peut être néfaste ou inefficace. Ce qui affectera la progression de la pandémie », estime la spécialiste. « Pour l’heure, les malades du Covid-19 au Liban sont traités avec des antiviraux, du plasma, de la cortisone et des anticoagulants, en fonction de la gravité de leur état », ajoute-t-elle.

Ismaïl Souccariyyé, médecin et ancien député, affiche un certain scepticisme quant à l’annonce du ministre sortant de la Santé et met en garde contre le vaccin russe. « Je ne comprends pas cette annonce du ministre. Veut-il se donner en spectacle ? S’agit-il d’un conflit politico-économique ? Comment peut-on promettre un vaccin pour novembre ? C’est dangereux car aucun vaccin n’a été approuvé pour l’heure par des organismes de référence », lance le Dr Souccariyyé. « Je me demande s’il n’y a pas un message politique derrière cette annonce. Le ministre n’a pas dit de quel vaccin il s’agissait au juste. Se dirige-t-on vers l’adoption du vaccin russe ou même du vaccin chinois ? Le vaccin russe est entouré de flou. Et celui de Pfizer est encore en phase 2... » ajoute-t-il. La semaine dernière, la revue médicale The Lancet avait indiqué que selon une de ses études, l’un des potentiels vaccins développés en Chine contre le coronavirus s’est avéré sûr et a déclenché des réponses immunitaires lors des deux premières phases d’essais cliniques sur des volontaires humains. Ce vaccin a déjà été approuvé pour une campagne de vaccination en urgence en Chine concernant des centaines de milliers de travailleurs essentiels et d’employés d’autres groupes considérés à haut risque. Il faut toutefois attendre, là aussi, la troisième et ultime phase des essais cliniques.

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« Qui assumera la responsabilité d’importer sur le marché libanais des vaccins non approuvés par l’OMS ou la FDA ? Tout vaccin a des effets secondaires auxquels il faut faire attention. Il doit être testé sur des dizaines de milliers de personnes présentant des symptômes diversifiés », explique l’ancien député. Le Dr Souccarriyyé estime dans ce cadre qu’il faudra sans doute attendre jusqu’au printemps 2021 pour voir arriver sur le marché un vaccin fiable contre le Covid-19.


Le Liban pourrait se doter, dès novembre, d’un vaccin contre le Covid-19, a annoncé, dimanche dernier, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, sans toutefois donner plus de précisions sur sa provenance. Ces propos ont suscité de nombreuses interrogations, notamment au sein du corps médical, sachant qu’aucun vaccin n’a encore été autorisé, pour l’heure, par...

commentaires (7)

Si la chine peut se permettre d’inoculer son vaccin à des centaines de milliers d’ouvriers chez elle, cela ne lui pose aucun problème de conscience puisqu’ils seront comptabiliser dans les morts pour sauver la chine avec un régime dictatorial mais aussi grâce à la démographie chinoise cela passera dans le bilan des pertes et profits. Pendant que si cela arriverait au Liban il risque de décimer la population libanaise qui ne représente que 0,00001 % de la population chintoque. Alors Hassan peut se l’inoculer et l’inoculer à HN et toute leurs clique combattants inclus pour pouvoir se déplacer dans le monde sans risque mais pour les libanais ce sera NIET. Tant que les citoyens des pays civilisés ne seront pas vaccinés avec un vaccin sûr, les libanais devraient refuser de se faire vacciner avant que leurs politiciens n’auraient servi de cobayes et avoir attendu quelques mois pour vérifier l’innocuité et les effets secondaires des vaccins achetés par ces derniers. Lorsqu’ils n’arrivent pas à faire le plus grand nombre de morts avec leurs explosifs ils recourent aux vaccins. Aucune confiance dans ces meurtriers qui ne reculent devant rien pour cause d’intérêts personnels. Ils vont nous faire croire qu’ils se soucient maintenant de la santé des citoyens? A d’autres.

Sissi zayyat

12 h 01, le 20 octobre 2020

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Commentaires (7)

  • Si la chine peut se permettre d’inoculer son vaccin à des centaines de milliers d’ouvriers chez elle, cela ne lui pose aucun problème de conscience puisqu’ils seront comptabiliser dans les morts pour sauver la chine avec un régime dictatorial mais aussi grâce à la démographie chinoise cela passera dans le bilan des pertes et profits. Pendant que si cela arriverait au Liban il risque de décimer la population libanaise qui ne représente que 0,00001 % de la population chintoque. Alors Hassan peut se l’inoculer et l’inoculer à HN et toute leurs clique combattants inclus pour pouvoir se déplacer dans le monde sans risque mais pour les libanais ce sera NIET. Tant que les citoyens des pays civilisés ne seront pas vaccinés avec un vaccin sûr, les libanais devraient refuser de se faire vacciner avant que leurs politiciens n’auraient servi de cobayes et avoir attendu quelques mois pour vérifier l’innocuité et les effets secondaires des vaccins achetés par ces derniers. Lorsqu’ils n’arrivent pas à faire le plus grand nombre de morts avec leurs explosifs ils recourent aux vaccins. Aucune confiance dans ces meurtriers qui ne reculent devant rien pour cause d’intérêts personnels. Ils vont nous faire croire qu’ils se soucient maintenant de la santé des citoyens? A d’autres.

    Sissi zayyat

    12 h 01, le 20 octobre 2020

  • Bluff

    Alors...

    12 h 01, le 20 octobre 2020

  • Je suis entièrement d'accord avec vous. Il faut qu'il accepte de le tester sur lui et sur ses fidèles combattants, attendre 6mois et on verra après.

    Citoyen

    11 h 06, le 20 octobre 2020

  • AUCUN DE TOUS CES VACCINS N,EST FIABLE ET LA MAJORITE ECRASANTE DES GENS REFUSENT D,EN ETRE VACCINES DEJA.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 39, le 20 octobre 2020

  • Moi j'offre ma dose à qui veut.

    Je partage mon avis

    08 h 38, le 20 octobre 2020

  • Le vaccin Pfizer est américain. On n’en veut pas, car ça peut blesser sa Majesté le Sayed, infaillible dans tout ce qu’il entreprend.

    Georges Bitar

    02 h 42, le 20 octobre 2020

  • Il faudra d’abord le tester sur lui , son entourage et ses proches

    Liberté de Penser

    00 h 26, le 20 octobre 2020

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