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Politique - Tracé des frontières maritimes

Les discussions lancées entre le Liban et Israël, prochain rendez-vous le 26 octobre

Le tandem Hezbollah-Amal critique l’insistance du président Aoun à maintenir deux civils dans la délégation libanaise.

Les discussions lancées entre le Liban et Israël, prochain rendez-vous le 26 octobre

À Naqoura, au siège de la Finul, la photo souvenir, sans les délégations, avec Jan Kubis, Davis Schenker, Johen Desrocher et Dorothy Shea (ambassadrice US). DR

Pour la première fois depuis plus de 37 ans, le Liban et Israël, officiellement en guerre, ont lancé hier, au siège de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) à Naqoura, des négociations qui portent sur le tracé de leur frontière maritime, sous l’égide de l’ONU et avec la médiation de Washington. Qualifiées « d’historiques » par leurs deux parrains, à trois semaines de l’élection présidentielle américaine, ces négociations sont présentées par la partie libanaise comme « techniques et indirectes ». Autrement dit, selon les responsables libanais, « les deux délégations ne se parlent pas », alors qu’Israël a fait état de « négociations directes ».

Quoi qu’il en soit, le Liban a bon espoir de délimiter sa frontière maritime avec Israël dans un « délai raisonnable », a affirmé le chef de la délégation libanaise, le général Bassam Yassine, exprimant son attachement à la délimitation de la frontière sur base du droit international, de la trêve signée en 1949 et des accords franco-britanniques de 1923. L’objectif des deux protagonistes étant de lever les obstacles à la prospection d’hydrocarbures et de régler le désaccord qui les oppose au niveau du bloc numéro 9, concernant une zone de 860 km2 qu’ils se disputent. Cruciales pour un Liban en faillite qui s’est lancé en 2018 dans la prospection d’hydrocarbures offshore, les négociations ont vu la réunion préliminaire entachée par les critiques du tandem chiite Hezbollah-Amal contre la composition de la délégation libanaise. Comprenant deux civils, elle serait, selon lui, contraire aux termes de l’accord-cadre conclu à cet effet.

L’administration US engagée pour le succès des pourparlers

Dans un communiqué commun, le gouvernement des États-Unis et le bureau du coordonnateur spécial pour le Liban de l’ONU ont annoncé « le lancement des discussions qui ont pour objectif d’aboutir à un consensus sur une frontière maritime commune israélo-libanaise ». « Durant cette rencontre initiale, les représentants ont tenu des discussions productives, et réaffirmé leur engagement à poursuivre les négociations dans le courant du mois », a ajouté le communiqué. De même, s’adressant hier à la presse, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a affirmé « l’engagement de l’administration US pour le succès de ces pourparlers ».

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Lors de ce premier round d’une série de rencontres, dont la prochaine est prévue le 26 octobre courant selon notre correspondante Hoda Chedid, le médiateur et facilitateur américain était représenté par le secrétaire d’État adjoint pour le Moyen-Orient, David Schenker, et par le diplomate John Desrocher qui doit bientôt prendre la relève, alors que l’ONU était représentée par le coordonnateur spécial des Nations unies au Liban, Jan Kubis. De son côté, la délégation israélienne était présidée par le directeur général du ministère de l’Énergie, Udi Adiri. Quant à la délégation libanaise, dirigée par le général Yassine, chef d’état-major pour les opérations, elle est composée du colonel Mazen Basbous, qui a occupé le poste d’adjoint du commandant des forces navales, et de deux civils, Wissam Chbat, président sortant du conseil d’administration de l’Autorité de l’énergie (LPA, principalement chargée de suivre le dossier des hydrocarbures offshore) et Nagib Massihi, expert en droit international et spécialiste du dossier des frontières maritimes, connu pour son travail dans le domaine de la cartographie auprès du commandement en chef de l’armée, le général Joseph Aoun.

Pour toutes les parties, c’est le bon moment

Le premier round des discussions, considéré comme une rencontre préliminaire, n’a duré qu’une petite heure. La délégation libanaise est arrivée de Beyrouth en matinée à bord de trois hélicoptères, et s’est ensuite rendue au palais présidentiel de Baabda où le général Yassine a informé le président de la République, Michel Aoun, de la teneur des négociations. Il en sera de même au terme de chaque étape.

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Rien n’a filtré de cette première rencontre, hormis les communiqués officiels. Mais selon l’experte en hydrocarbures Laury Haytayan et directrice de l’Institut de gouvernance des ressources naturelles, l’objectif d’une telle initiative, à trois semaines de la présidentielle américaine, est « éminemment politique ». « Pour toutes les parties, c’est le bon moment », affirme-t-elle. « D’une part, le Liban est faible et a besoin de cet accord pour la prospection de ses ressources. D’autre part, les États-Unis et Israël veulent maintenir la pression sur l’axe de la moumanaa (résistance), dans le cadre de leur politique de pacification du Moyen-Orient ». Quant à « la stratégie libanaise, elle devrait être dévoilée au fur et à mesure de l’avancée des pourparlers. Elle part toutefois du principe que les négociateurs libanais promettent de faire preuve d’exigence et de contester le tracé revendiqué par Israël en 2011 », estime Mme Haytayan.

Le camouflet au chef de l’État

Le Liban tout entier est accroché aux négociations sur la délimitation de sa frontière maritime avec l’État hébreu. Il n’en reste pas moins que les critiques du tandem chiite, à quelques heures du début des pourparlers, ne sont autre qu’un camouflet au chef de l’État, Michel Aoun, pourtant leur allié. Rappelons que la préparation de ces pourparlers avait été confiée au président du Parlement, Nabih Berry, également chef du mouvement Amal. Un camouflet, parce que la composition de la délégation libanaise avait été concoctée par le commandement de l’armée et approuvée par le président Aoun. Dans un communiqué commun, publié dans la nuit de mardi, le tandem chiite a rappelé que toute réunion se tenant entre les deux pays ne peut réunir « que des militaires ». Et ce sur base du document de cessez-le-feu de 1996 (qui avait mis un terme à un conflit armé entre Israël et le Hezbollah) et la résolution onusienne 1701. « La composition de la délégation libanaise comprend des civils, ce qui est contraire aux dispositions de l’entente de 1996 », selon le texte. Le Hezbollah et le mouvement Amal ont également critiqué la composition de la délégation israélienne qui comprend « majoritairement des personnalités politiques et économiques ». Ils ont aussi dénoncé « une atteinte à la résistance du Liban » et une « soumission à la logique israélienne, qui souhaite atteindre une certaine forme de normalisation ».

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Mais face aux pressions exercées par les deux partis chiites, lors de réunions avec le chef de l’État, visant à modifier la composition de la délégation libanaise, ce dernier avait souligné, mardi soir dans un communiqué, qu’il est « l’unique partie habilitée à mener des négociations », et qu’« il ne s’agit pas d’un traité international avec Israël, ni de normalisation, ni même de reconnaissance ». Cette divergence entre les deux alliés pourrait être guidée par « la peur du chef de l’État et de son gendre, Gebran Bassil, d’être touchés par les sanctions américaines », selon notre correspondant Mounir Rabih. Pour sa part, le tandem chiite adopte cette position « non seulement pour rassurer sa base, mais aussi pour montrer qu’il détient la clé du dossier et qu’aucun accord ne peut être adopté sans son consentement, au Parlement ou au gouvernement ».

Il n’en reste pas moins que « le Hezbollah n’a pas fermé la porte, car Washington pourrait hausser le ton et imposer de nouvelles sanctions à l’Iran », ajoute M. Rabih.

De son côté, l’analyste Kassem Kassir évoque les craintes du parti de Dieu que les pourparlers entre le Liban et l’État hébreu « deviennent des négociations civiles ou politiques ». « C’est en quelque sorte une réponse aux parties qui voudraient bien que ces négociations soient le point de départ d’une normalisation », affirme l’analyste, proche du Hezbollah.


Pour la première fois depuis plus de 37 ans, le Liban et Israël, officiellement en guerre, ont lancé hier, au siège de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) à Naqoura, des négociations qui portent sur le tracé de leur frontière maritime, sous l’égide de l’ONU et avec la médiation de Washington. Qualifiées « d’historiques » par leurs deux parrains, à trois...

commentaires (5)

Meme un office boy pourrait representer le Liban si il a les competences necessaires. Pour bien negocier il faut des gens competents et si des civiles sont competents pourquoi pas? Faudrait envoyer peut etre le General Aoun lui meme? Non mais c'est quoi cette histoire? Le Liban negocie avec ISRAEL. Nokta ala Sater. Pour cela il lui faut des gens aussi competents sinon plus que ceux de la delegation israelienne.

IMB a SPO

15 h 01, le 15 octobre 2020

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Commentaires (5)

  • Meme un office boy pourrait representer le Liban si il a les competences necessaires. Pour bien negocier il faut des gens competents et si des civiles sont competents pourquoi pas? Faudrait envoyer peut etre le General Aoun lui meme? Non mais c'est quoi cette histoire? Le Liban negocie avec ISRAEL. Nokta ala Sater. Pour cela il lui faut des gens aussi competents sinon plus que ceux de la delegation israelienne.

    IMB a SPO

    15 h 01, le 15 octobre 2020

  • "" UN CAMOUFLET, PARCE QUE LA COMPOSITION DE LA DELEGATION LIBANAISE AVAIT ETE CONCOCTEE PAR LE COMMANDEMENT DE L’ARMEE ET APPROUVEE PAR LE PRESIDENT AOUN."" Etonnant quand on connaît la complicité entre les deux Aoun, et que la délégation fera son compte rendu (et à chaque étape) au chef de l’Etat, je cite : ""ET S’EST ENSUITE RENDUE AU PALAIS PRESIDENTIEL DE BAABDA OU LE GENERAL YASSINE A INFORME LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, MICHEL AOUN, DE LA TENEUR DES NEGOCIATIONS. IL EN SERA DE MEME AU TERME DE CHAQUE ETAPE."" Tout cela nous ramène à la question essentielle : qui détient le pouvoir dans un système tricéphale quand on sait que l’annonce des pourparlers est faite par le président de la Chambre, en laissant aux autres non pas les miettes mais le soin de régler ce litige frontalier. A mon avis, le camouflet est plutôt au duo chiite, qui cache mal son embarras et sa faiblesse, (Israël n’est pas demandeur de réunion, selon les dernières informations), suivant un agenda américain avec un absent de taille, les Syriens. Nous verrons si les négociations aboutiront, mais là-dessus je m’autocensure.

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    14 h 56, le 15 octobre 2020

  • Les américanosionistrs sont des criminels impitoyables qui prennent les êtres humains pour des insectes . Ils auront notre richesse mais pas notre peau . Rira bien qui rira le dernier . L'apocalypse de SaintJean leur en fera voir de toutes les couleurs et de toutes les couleuvres !

    Chucri Abboud

    12 h 49, le 15 octobre 2020

  • ISRAEL PAR SON NOM AU GRAND DAM DES MERCENAIRES IRANIENS.

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    08 h 42, le 15 octobre 2020

  • Qu'ils aillent se voir ailleurs le tandem chiite…

    Fadi Chami

    07 h 42, le 15 octobre 2020

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