Depuis quelques semaines, le monde assiste, ébahi, à la tuerie autour de la région du Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Pourtant, cette enclave avait toujours demandé, à travers l’histoire, son indépendance. Dans les années 80, elle faisait déjà l’objet de vifs conflits entre les deux pays. À l’époque, l’URSS était entrée dans le jeu de ses satellites jusqu’à encourager la Géorgie frontalière de l’Azerbaïdjan à s’immiscer. Le conflit fut aussi sanguinaire que maintenant probablement, voire plus. Mais comme il s’agissait des affaires internes de l’URSS, personne n’avait réellement accordé de l’importance. Au final, Gorbatchev avait eu le prix Nobel de la paix, laissant un pays éclaté et chacun tirant de son côté pour avoir son indépendance.
Trente ans plus tard, la tragédie du Haut-Karabakh reprend de plus belle, à la seule différence que nous sommes face à deux pays souverains avec leurs propres armées, ne bénéficiant pas des aides providentielles de leurs voisins russe, iranien et géorgien.
La région, enclave à majorité arménienne d’Azerbaïdjan en puissance, est d’une importance géostratégique capitale. Domaine montagneux proche de la frontière arménienne, la région pourrait être utilisée éventuellement pour des opérations militaires d’envergure et pour l’espionnage. De plus, il est aisé de se cacher, le relief étant plutôt escarpé.
En vertu d’un traité de paix datant de 1994, les deux pays s’étaient engagés à respecter l’autonomie du Haut-Karabakh, et l’Azerbaïdjan n’y exerçait plus son emprise politique. Mais de qui la région relève-t-elle exactement ?
La zone est internationalisée du fait même de l’accord de paix, violé depuis deux semaines par les parties. Pourtant, aucun des deux pays n’y a réellement droit, vu qu’un problème autour de son autonomie, voire de son indépendance, perdure depuis un peu moins d’une trentaine d’années. Si l’Arménie cherche à protéger ses « ressortissants » (bien qu’ils ne le soient pas vraiment et vivent dans un milieu azéri depuis des générations), l’Azerbaïdjan ne fait que combattre pour une terre qui est théoriquement à lui ou qu’il considère comme telle.
En fait, il n’y a pas de solution réelle au conflit. De deux choses l’une : soit la zone est internationalisée sous l’égide de l’ONU, le problème du commandement persistant, soit on accorde à la région son entière autonomie avec des élus locaux et des personnes aptes à les gouverner dans leur région, processus qui risque de prendre plusieurs années.
La question va rester entière. Qui pour gouverner le Haut-Karabakh? Ou faut-il laisser à la population le soin de choisir, avec le problème crucial des minorités qui n’est pas à omettre ?
On le saura dans les prochains jours.
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