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Nos lecteurs ont la parole

Une confédération multiconfessionnelle au Liban

Les Libanais sont fondamentalement des Phéniciens et des Arabes, musulmans ou chrétiens, rejoints par les populations des Monts qui ont donné leur nom et son emblème à leur pays. Leur système de démocratie multiconfessionnelle a fonctionné pendant une trentaine d’années sans avoir à rougir de la comparaison avec l’expérimentation concomitante d’un parlementarisme brouillon par la IVe République, ancienne puissance mandataire.

Le Liban a connu bien longtemps une capillarité sociale effective, bien que souvent sur un mode clanique. Le droit coutumier constitutionnel a été initié par le « pacte national » de 1943, année de la proclamation de l’indépendance avec le blanc-seing du général de Gaulle. Il donnait sa force organique à une mosaïque de familles politiques qui se répartissaient plutôt équitablement le pouvoir aussi bien au niveau régional que national. Dans un équilibre, il est vrai, toujours vulnérable aux ambitions partisanes.

Perfectible donc, ce modèle original de démocratie pluriconfessionnelle en terre arabe allait subir de plein fouet, et dans ce qu’ils avaient de plus horrible, les contrecoups du conflit israélo-palestinien, qui avait accédé à un stade avancé de contamination transfrontalière. Premier acte de la tragédie.

Se superposent une guerre civile aux fondements religieux d’une quinzaine d’années, une occupation par la Syrie d’une trentaine d’années, avec le combat d’arrière-garde héroïque du général Aoun, la chasse jusqu’à Beyrouth par l’armée israélienne de Arafat, finalement exfiltré par François Mitterrand vers la Tunisie, l’assassinat de plusieurs présidents et Premiers ministres… pour faire simple. Et bien sûr Sabra et Chatila. Ce qui a tenu, c’est le multiconfessionnalisme, même clanique, rattrapé par la corruption.

Reste à rajeunir rapidement le pacte national sans trop le badigeonner de très grands principes bien de chez nous.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Les Libanais sont fondamentalement des Phéniciens et des Arabes, musulmans ou chrétiens, rejoints par les populations des Monts qui ont donné leur nom et son emblème à leur pays. Leur système de démocratie multiconfessionnelle a fonctionné pendant une trentaine d’années sans avoir à rougir de la comparaison avec l’expérimentation concomitante d’un parlementarisme brouillon par la IVe République, ancienne puissance mandataire. Le Liban a connu bien longtemps une capillarité sociale effective, bien que souvent sur un mode clanique. Le droit coutumier constitutionnel a été initié par le « pacte national » de 1943, année de la proclamation de l’indépendance avec le blanc-seing du général de Gaulle. Il donnait sa force organique à une mosaïque de familles politiques qui se répartissaient plutôt...
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