« Écris tes pensées, repose-les sur un papier », me dit-il.
Une fille de onze ans me demande quel âge j’ai.
« J’ai 30 ans. »
« Tu as 9 ans de plus que mon frère qui est décédé. »
Je n’ai pas de mots.
Mes amis de chaque coin du monde m’envoient des messages de soutien.
Je pense à toi.
Je pense à vous.
Je suis là pour toi.
Je suis là pour vous.
Vous êtes dans mes pensées.
Je suis émue, leur amour a fait toute la différence ces dernières semaines.
Quelle magnifique tragédie d’être libanais et d’avoir des amis un peu partout.
Ma collègue me demande le lendemain matin de l’explosion de lui envoyer un document inutile.
La vie n’a pas pris la peine de s’arrêter pour tout le monde.
J’ai eu envie de tout plaquer.
Les politiciens sont toujours là, tous comme des vautours sur nos cadavres.
Beyrouth est détruite, blessée, pauvre, en détresse, mais elle est la nôtre.
Mon petit village de Qartaba, mon village caché entre les montagnes, a dû dire ses adieux aux trois pompiers de la même famille, le même jour.
Ce lundi, le ciel a pleuré des artifices et des balles.
Les bénévoles de ce pays sont mon espoir, aucun passe inaperçu. Un homme qui gère son temps entre son travail et l’ONG qu’il dirige insiste, lors d’une réunion tard la nuit : « On donnera un message d’espoir, comme une grand-mère libanaise qui vous offre du café et des raisins. »
Nos parents ont compris toutes ces émotions. Ils n’avaient pas, eux non plus, les mots, mais nous ont serrés dans leurs bras un peu plus fort que d’habitude.
Je suis fascinée depuis toujours par les petites histoires, par les phrases qui nous bouleversent en quelques mots.
Beyrouth, tu nous racontes toutes tes histoires en un seul mot.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine