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Assemblée générale de l'ONU

Aoun : Le Liban se débat dans une crise sans précédent, la situation "complètement ingérable"

Le pays s'est engagé à "mettre en œuvre un ensemble de réformes" visant à "faciliter le processus de redressement", rappelle le président dans son discours.

Aoun : Le Liban se débat dans une crise sans précédent, la situation

Le président libanais, Michel Aoun, lors d'une conférence de presse, le 21 septembre 2020 à Baabda. Photo AFP / HO / DALATI AND NOHRA

Le président libanais Michel Aoun a affirmé mercredi, lors de la 75ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, que le Liban "se débat dans une crise sans précédent", reconnaissant que la situation était devenue "complètement ingérable" après la double explosion du 4 août au port de Beyrouth qui a tué plus de 190 personnes et blessé 6.500 autres.

"Le Liban se débat dans une crise sans précédent. Il est victime des accumulations d’erreurs de gestion, d’une récession économique et financière sévère à laquelle est venue s’ajouter l’épidémie de Covid-19 qui a totalement bloqué la roue de l’économie. Le tout couronné par la catastrophe de l'explosion du port de Beyrouth qui a frappé le pays à tous les niveaux, rendant la situation complètement ingérable", a déclaré M. Aoun, lors d'un discours prononcé par visioconférence en raison de la pandémie du coronavirus.

"Beyrouth renaîtra de ses blessures"
Dans la foulée de la double explosion du 4 août, le gouvernement de Hassane Diab a démissionné. Un nouveau président du Conseil, Moustapha Adib, a été désigné, mais les responsables politiques tardent à se mettre d'accord sur la formation d'un nouveau gouvernement malgré la promesse faite le 1er septembre au président français Emmanuel Macron, venu à deux reprises à Beyrouth, de régler cette question en 15 jours.

Assurant que "Beyrouth renaîtra de ses blessures tout comme elle l’a fait tant de fois au cours de l’Histoire", le président Aoun a indiqué qu'après la double explosion du 4 août "les dégâts matériels sont sans précédent, sans compter que le port de Beyrouth, point de passage essentiel de l'activité économique du Liban, est presque totalement détruit". "Près de deux cent mille logements sont endommagés, dont certains sont inhabitables et trois cent mille personnes se retrouvent sans-abri à l'approche de l'hiver. À cela s'ajoutent de graves dommages subis par les infrastructures du pays dont le réseau électrique et les réseaux d'eau", a-t-il ajouté.

L'édito de Issa GORAIEB

Paveurs d’enfer

"Ces répercussions ne vont pas affecter seulement l'activité économique du Liban mais également peser sur le taux de pauvreté qui s'élevait à 45% avant l’explosion selon l'évaluation de la Banque mondiale. Celle-ci estime aujourd’hui la perte économique résultant de la tragédie du port à environ 3,5 milliards de dollars, les dommages matériels à environ 4,5 milliards de dollars et les besoins de reconstruction urgentes à environ 2 milliards de dollars", a noté le chef de l'Etat.

Reconstruction
Affirmant que "la prochaine étape est celle de la reconstruction", M. Aoun a indiqué que "l’unité des urgences va prendre en charge la restauration des logements et des commerces partiellement endommagés". "Cependant, la grosse difficulté réside au niveau des quartiers totalement détruits qui nécessitent une aide indispensable de la communauté internationale", a-t-il ajouté proposant que chaque pays prenne en charge une zone spécifique pour la reconstruction des quartiers dévastés. "Sans doute la solution la plus pratique consisterait à diviser les quartiers dévastés en multiples zones. Ainsi chaque pays souhaitant apporter son aide pourrait prendre en charge une zone spécifique et entreprendre directement la reconstruction", a-t-il expliqué.

En ce qui concerne l'enquête locale en cours sur le drame, M. Aoun a indiqué que "dès le premier jour de l’explosion, nous avons demandé une assistance technique internationale à la fois pour obtenir les images satellites de l’instant de l’explosion mais également pour connaître l'itinéraire et l’historique du navire chargé de nitrate d'ammonium depuis son affrètement jusqu'à son arrivée au port de Beyrouth". "Nous attendons toujours les informations quant au mystère entourant le navire ainsi que les images satellites pour lever toute ambiguïté sur cette partie de l'enquête", a-t-il noté. Le chef de l'Etat avait refusé une enquête internationale, au grand dam de la population, affirmant qu'une telle démarche "diluerait la vérité".

Réformes
Au sujet des réformes que la communauté international réclame, M. Aoun s'est contenté de dire : "le Liban s'est engagé auprès de la communauté internationale à mettre en œuvre un ensemble de réformes administratives, financières et économiques visant à faciliter le processus de redressement auquel tout le monde aspire".

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Sur un autre plan, le chef de l'Etat libanais a une nouvelle fois appelé la communauté internationale à "intensifier les efforts afin de permettre un retour sûr et digne des déplacés syriens dans leur pays". "Jusqu'à ce que ce but soit atteint, et selon le principe de partage des charges et des responsabilités entre les États, le Liban (demande aux pays donateurs) de doubler leurs contributions financières et de les remettre directement aux institutions gouvernementales et aux communautés d'accueil libanaises, selon le plan établi par le Liban en coopération avec les Nations unies", a dit le président.

Pour finir, M. Aoun a salué la décision du Conseil de sécurité de prolonger le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Il a aussi réaffirmé l'attachement du Liban "à la résolution 1701 des Nations unies dans toutes ses composantes", qui a mis un terme à la guerre de juillet 2006 entre le Liban et Israël. "Le Liban réitère sa demande à la communauté internationale d'obliger Israël à s'acquitter pleinement de ses obligations et de mettre fin à sa violation de la souveraineté libanaise sur terre, mer et dans les airs et notamment d’arrêter d’utiliser l'espace aérien libanais pour frapper les territoires syriens (...)", a-t-il ajouté.

 "Le Liban confirme son plein droit à ses eaux territoriales, à ses richesses naturelles en pétrole et en gaz, ainsi que son attachement à l'ensemble de ses frontières maritimes conformément au droit international et attend avec intérêt le rôle des Nations unies et des pays amis pour asseoir de façon définitive ces droits, en particulier la médiation des États-Unis afin de mener les négociations nécessaires pour délimiter de façon définitive les frontières maritimes conformément au droit international qui préserve la souveraineté et les ressources libanaises", a par ailleurs déclaré le président Aoun. La question des ressources en hydrocarbures offshore fait l'objet d'un litige entre le Liban et Israël, notamment au sujet de la délimitation des frontières maritimes entre les deux pays. Washington tente de résoudre ce différend par les voies diplomatiques.


Le président libanais Michel Aoun a affirmé mercredi, lors de la 75ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, que le Liban "se débat dans une crise sans précédent", reconnaissant que la situation était devenue "complètement ingérable" après la double...

commentaires (11)

Il a aussi réaffirmé l'attachement du Liban "à la résolution 1701 des Nations unies dans toutes ses composantes", Ah oui? Et le desarmement du Hezbollah? Il ne fait pas parti de la resolution? Non mais .....

IMB a SPO

17 h 47, le 24 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (11)

  • Il a aussi réaffirmé l'attachement du Liban "à la résolution 1701 des Nations unies dans toutes ses composantes", Ah oui? Et le desarmement du Hezbollah? Il ne fait pas parti de la resolution? Non mais .....

    IMB a SPO

    17 h 47, le 24 septembre 2020

  • Le "père" du peuple n'est pas qualifié pour parler d'une situation devenue "complètement ingérable" après la double explosion du 4 août au port de Beyrouth, s'est il rendu , même en catimini , une seule fois sur place afin de s'enquérir des besoins de la population ? En outre il a l'outrecuidance de déclarer que le pays s'est engagé à "mettre en œuvre un ensemble de réformes" visant à "faciliter le processus de redressement, de quoi parle t il? Bien sur que Beyrouth renaîtra de ses blessures tout comme elle l’a fait tant de fois au cours de l’Histoire , mais ce sera sans lui. Le coefficient de résilience des Libanais étant inversement proportionnel à sa volonté d'agir...

    c...

    11 h 35, le 24 septembre 2020

  • NOUS AUTRES CITOYENS LIBANAIS NOUS RAPPELLERONS DE CE DICTON ARABE : IL ME FRAPPE & C'EST LUI QUI PLEURE ET ME DEVANCE EN M'ACCUSANT MOI ! LES INSTANCES INTERNATIONALES ELLES SE DIRONT: MAIS ALORS QUI SONT LES RESPONSABLES SI CE N'EST LUI LE CHEF TELLEMENT PUISSANT ET PAPA DE TOUS LES LIBANAIS ?

    gaby sioufi

    10 h 15, le 24 septembre 2020

  • Ça ne sert à rien de se plaindre, maintenant. Il fallait bien penser avant de briguer un mandat présidentiel, dans le contexte non démocratique de votre élection forcée par ceux-là mêmes qui vous ont abusé dès votre accession à la tête de l'Etat.

    Esber

    07 h 51, le 24 septembre 2020

  • A l’entendre parler on coirait qu’il s’agit d’un observateur independant qui n’a rien a voir avec la situation dramatique de notre pays. Comment peut-il etre pris au serieux par la communaute internationale quand il a couvert le hezbollah a fond pour des raisons purement et bassement politiciennes. Quand ses proches et tres proches ont honteusement profite des deniers de l’Etat reduisant la population a mendier, quand, comme les autres comparses, il n’a pris aucune mesure pour prevenir l’explosion criminelle du port afin de ne pas indisposer la milice armee, quand il a gele la formation du cabinet durant des mois pour y inclure son lieutenant de gendre, quand ses commanditaires ont ferme le parlement plus de deux ans pour imposer sa funeste election…et j’en passe . Quand on veut parler au nom d’un pays la moindre des choses est d’avoir une certaine credibilite !

    Goraieb Nada

    07 h 09, le 24 septembre 2020

  • Aveu d'un échec? D'autres auraient démissionné pour bien moins que ça... après des années au pouvoir, en arriver là ne peut avoir qu'un seul sens... vous avez tous foiré, la situation ingérable (on en doute pas, vous l'avez prouvé) est le fruit de votre avidité de pouvoir et de votre absence d'interêt vis à vis de ce qu'on appelle "LE PEUPLE" (ça vous dit quelque chose, le mot peuple?) et de la facilité avec laquelle vous avez vendu votre pays pour accéder au pouvoir. Car c'est beau le pouvoir, c'est prestigieux d'être président de la république, eh bien, votre mandat restera à jamais gravé dans l'histoire. A présent vous demandez des réformes? On dirait que vous venez à peine d'arriver sur la scène du pouvoir et que vous lancez le mot qui va tout changer. Pitoyable... le peuple vous hait à ce point..non, il vous méprise à ce point (et toute la classe dirigeante avec vous, TOUS). Dégoût.

    Claudine EL KHOURY

    06 h 03, le 24 septembre 2020

  • L’ingérable et qui savait, a preparé une feuille de route à l'usage de la communauté internationale, même pas peur, même pas honte.

    Je partage mon avis

    02 h 19, le 24 septembre 2020

  • La situation est devenue ingerable car vous avez aider et permis que le Hezbnollah infiltre tous les roages de l'etat. Il est devenu arrogant fort de ses armes que personne ne peut lui arracher des mains. Vous etes le 1er coupable.

    Jean Michael

    23 h 40, le 23 septembre 2020

  • En gros, encore un appel a des dons et du support. Pour les reformes, nous verrons bien plus tard... Pathétique

    Bashir Karim

    22 h 33, le 23 septembre 2020

  • N’attendez rien cher président des pays étrangers , ni images satellites , ni itinéraire du bateau.... VOUS connaissez toute l’histoire de A à Z .... qui en est responsable , à qui appartient la cargaison, qui a fait pression sur les services de l’Etat pour arriver à ses fins ! La reconstruction passe en premier par le désarmement du Hezbollah, condition nécessaire mais non suffisante pour que le pays commence à exister à nouveau !!

    LeRougeEtLeNoir

    21 h 51, le 23 septembre 2020

  • “... Aoun : Le Liban se débat dans une crise sans précédent, la situation "complètement ingérable" ...” -.- Gros Gnon : Le Liban se débat dans une crise sans précédent, les gestionnaires "complètement incompétents”. Et toc!

    Gros Gnon

    21 h 31, le 23 septembre 2020