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Formation du gouvernement

Adib ne veut pas dévier de sa mission, mais s'accorde un délai supplémentaire

Le Premier ministre désigné espère pouvoir compter sur "la coopération de toutes les parties".
Adib ne veut pas dévier de sa mission, mais s'accorde un délai supplémentaire

Le Premier ministre désigné, Moustapha Adib, reçu à Baabda, le 17 septembre 2020. Photo Nabil Ismaïl

Alors qu'une percée semblait avoir été enregistrée dans les tractations entourant la formation du gouvernement, concernant notamment le noeud du ministère des Finances auquel le tandem chiite est attaché, le Premier ministre désigné, Moustapha Adib, a annoncé jeudi qu'il allait s'accorder un peu plus de temps pour mener à bien sa mission. M. Adib était censé former, en quinze jours, un cabinet "de mission" composé de spécialistes indépendants et respectant le principe de la rotation des portefeuilles, conformément à l'engagement pris par les différentes formations politiques lors de la visite à Beyrouth du président français, Emmanuel Macron, le 1er septembre.

"J'ai expliqué au président Aoun les difficultés que nous rencontrons dans le processus de formation du gouvernement", a déclaré le Premier ministre désigné à l'issue d'un entretien avec le président, Michel Aoun, au palais de Baabda, sans préciser lesquelles. "Je suis pleinement conscient que nous n'avons pas le luxe du temps", a-t-il reconnu lors d'un point presse, alors que le Liban est confronté depuis près d'un an à un effondrement économique inédit exacerbé par la pandémie de Covid-19. Il a cependant annoncé s'être mis d'accord avec le chef de l'Etat pour "accorder un peu plus de temps aux tractations" et a espéré pouvoir compter sur "la coopération de toutes les parties". Cette décision intervient alors que la France avait accordé dans la matinée un nouveau délai pour la mise sur pied du cabinet, jusqu'à dimanche. L'Elysée aurait dans ce cadre pressé M. Adib de donner plus de temps aux tractations d'aboutir, ce délai n'étant pas encore écoulé, rapporte la chaîne LBC.

"Incompatible avec ma mission"
Selon les informations de notre correspondante à Baabda Hoda Chédid, qui cite des sources au fait de la réunion entre MM. Adib et Aoun, le délai accordé au Premier ministre désigné n'a pas été limité dans le temps. Le chef de l'Etat a demandé, selon ces sources, au Premier ministre désigné de poursuivre ses contacts en raison des "circonstances actuelles" qui nécessitent "une action de sauvetage rapide". Le chef de l'Etat a souligné son attachement à l'initiative française "dans toutes ses dispositions" et les deux hommes ont discuté des différentes façons possibles de "surmonter les obstacles". 

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Deux heures avant l'annonce de ce délai supplémentaire, Moustapha Adib avait toutefois critiqué la voie qu'est en train de prendre le processus gouvernemental, affirmant qu'il n'acceptait pas de dévier de sa mission, laissant ainsi entendre qu'il pourrait se récuser. Il avait rappelé, selon des propos rapportés par notre correspondante Hoda Chédid que sa mission était de former "un gouvernement de spécialistes non politique en un temps record et le début immédiat de la mise en œuvre des réformes, sur la base d'une entente de la majorité des forces politiques du pays. "Sur cette base, l'objectif n'est ni d'imposer un point de vue ni d'attaquer l'une des composantes politiques du pays, mais de former un cabinet de spécialistes. Toute autre proposition exigera une approche différente et cela est incompatible avec la mission qui m'a été confiée", avait-il ajouté.

Réunion avec les deux Khalil
Avant de se rendre au palais présidentiel, le Premier ministre désigné s'était réuni avec le bras droit du secrétaire général du Hezbollah, Hussein Khalil, et l'ancien ministre (Amal) Ali Hassan Khalil. Ce dernier a affirmé à l'issue de la réunion que les deux formations chiites étaient "en faveur de l'initiative française" concernant la formation du cabinet et les réformes, mais qu'elles restaient attachées au ministère des Finances. Selon des sources proches du tandem chiite citées par la chaîne locale d'informations LBCI, le blocage n'était pas uniquement lié à la question du portefeuille des Finances, mais au processus adopté par Moustapha Adib pour mettre sur pied son équipe, en écartant les formations politiques des tractations. 

Le Hezbollah a de son côté refusé que d'autres parties nomment les ministres chiites et a dénoncé, dans un communiqué publié dans l'après-midi, "les tentatives de certains d'utiliser les pays étrangers pour former un gouvernement faussement représentatif, ce qui vise à torpiller l'initiative française". Cette déclaration ciblait, sans la nommer, l'administration américaine, qui a récemment lancé des sanctions contre deux alliés du Hezbollah Ali Hassan Khalil (Amal) et l'ancien ministre Youssef Fenianos (Marada). 

Contacts nocturnes
Pourtant, une avancée semblait avoir été enregistrée dans les tractations, après d'intenses contacts nocturnes entre les différentes parties prenantes. Ainsi, un entretien avait eu lieu mercredi tard dans la soirée l'ambassadeur de France, Bruno Foucher, le responsable des relations extérieures du Hezbollah, Ammar Moussaoui, et, en visioconférence, Bernard Emié, un des principaux membres de la cellule française chargée du dossier libanais, selon notre correspondant politique Mounir Rabih. Des contacts avaient également été menés avec le leader d'Amal, Nabih Berry. A l'issue de toutes ces discussions, Paris avait fini par accepter que le tandem chiite obtienne les Finances.

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Toujours selon Mounir Rabih, les discussions dans ce cadre se sont concentrées sur la recherche d'un spécialiste accepté par l'ensemble des parties pour occuper le poste de ministre des Finances, un portefeuille qui, dans une tentative de déblocage, ne sera plus soumis au principe de rotation. Cette proposition ouvre cependant la voie à d'autres éventuels nœuds : si le tandem chiite venait à garder le portefeuille des Finances, d'autres formations politiques pourraient réclamer des maroquins en particulier et demander à ce que ceux-ci aussi ne pas soient soumis au principe de rotation. Reste également à savoir ce que fera Paris, en contact depuis la nuit dernière avec la Maison du Centre, pour que le leader du courant du Futur, Saad Hariri, qui agit en coulisses avec les anciens Premiers ministres, concède les Finances au tandem chiite. Selon Mounir Rabih, ces derniers refusent de faire cette concession et veulent que Moustapha Adib se récuse. Dans ce cadre, la chaîne locale LBC, citant des sources proches du dossier, avait fait état de contacts de haut niveau entre Paris et Riyad, notamment après la dernière prise de position de Saad Hariri, proche du royaume. Le leader sunnite s'était prononcé, pour la première fois hier, sur le dossier, affirmant que "le ministère des Finances ainsi que les autres portefeuilles ne relèvent pas du droit exclusif d’une communauté bien déterminée".


Alors qu'une percée semblait avoir été enregistrée dans les tractations entourant la formation du gouvernement, concernant notamment le noeud du ministère des Finances auquel le tandem chiite est attaché, le Premier ministre désigné, Moustapha Adib, a annoncé jeudi qu'il allait s'accorder un peu plus de temps pour mener à bien sa mission. M. Adib était censé former, en quinze...

commentaires (14)

Aucun problème à ce que le ministre des finances soit chiite, boudhiste, athée, ou quoi que ce soit d’autre, à condition qu’il soit COMPÉTENT, et surtout INDÉPENDANT!

Gros Gnon

23 h 45, le 17 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (14)

  • Aucun problème à ce que le ministre des finances soit chiite, boudhiste, athée, ou quoi que ce soit d’autre, à condition qu’il soit COMPÉTENT, et surtout INDÉPENDANT!

    Gros Gnon

    23 h 45, le 17 septembre 2020

  • Si Aoun voulait vraiment faire avancer la formation du gouvernement il n’aurait pas convoqué le PM pour débattre des opinions des uns et des autres ni sur le mode de fonctionnement de M. Adib mais lui aurait demandé de présenter d’annoncer devant le parlement le nom des nouveaux ministres choisis pour sauver le pays pour avoir le vote de confiance et démarrer le chantier. Mais Aoun a reçu l’ordre de tout retarder pour obtenir l’aval du HB et Amal et affaiblir le PM. Son gendre menacé par les E.U ne pouvant plus s’exprimer, le beau père reprend son rôle d’empêché, et empêche la formation de ce qui peut mettre fin au calvaire des libanais. BRAVO, IL MÉRITE LA MÉDAILLE DE LA TRAHISON PUISQUE FIDÈLE À SES HABITUDES IL DIVISE POUR MIEUX RÉGNER MAIS SE FAIT PASSER POUR LA PAUVRE PETITE CHOSE QUI NE PEUT PAS TRAVAILLER PARCE QU’IL A LES MAINS LIEES ET PARCE QUE OCCUPÉ A EXÉCUTER PLUTÔT QU’À DÉCIDER ET REMPLIR LE RÔLE POUR LEQUEL IL EST PAYÉ. LORSQU’ON N’EST PAS A LA HAUTEUR DE LA TÂCHE ON SE CASSE.

    Sissi zayyat

    22 h 24, le 17 septembre 2020

  • "Adib ne veut pas dévier de sa mission" . S'il a accepté que le ministre des finances soit désigné par le tandem Berry-Nasrallah, il l'a déjà fait.

    Yves Prevost

    22 h 08, le 17 septembre 2020

  • Bravo pour M.Moustapha Adib, il tient sa parole et veut briser cette routine tribale ou chaque chef de tribu veut imposer le portefeuille à son ministre jouet .

    Antoine Sabbagha

    21 h 57, le 17 septembre 2020

  • Aoun, à travers son attitude les 3 derniers jours, à permis à la faction chiite de durcir sa position en voulant désigner elle-même, les ministres de la communauté. Trop, c'est trop. Aoun en est responsable. Au lieu de hâter la formation du cabinet en l'addressant au vote de confiance, et en respectant les prérogatives du premier ministre désigné par une bonne majorité, vote qui probablement, aurait été positif. Les libanais, notamment les chrétiens n'acceptent plus les débordements de quiconque pense posséder des privilèges par rapport aux autres communautés.

    Esber

    20 h 54, le 17 septembre 2020

  • Mr Adib si vous voulez un future Politique !! Démissionnez vous allez pouvoir revenir plus fort après .... et NON LE KELUN Ya3neh KELUN n’a pas de valeur ... (loi des Aouniste déçus on les entendaient déjà il y a 2-3 ans juste pour ne pas donner raison à ceux qui étaient contre la politique Aouniste) .... de plus on ne bâtit pas un pays sur la carcasse des personnes qui ont été fidèles et qui ont les mains propres de la corruption !! .... CE SLOGAN DE KELUN 3YANE KELUN ET ENTERRER UNE FOIS POUR TOUTE ... car on bâtit une nation JUSTE SUR DES BASES SOLIDES ... je ne suis pas contre par contre tte a ce que tous oui tous passe par des enquêtes et ainsi déterminer qui a voler et qui été complice

    Bery tus

    20 h 19, le 17 septembre 2020

  • En dehors de ça M. Adib à l’air de ne pas couver l’échine et il sait que si ces gens n’acceptent pas les règles de la république ils n’auront plus à traiter avec lui mais avec des gens qui parlent leur langage. On ne peut que l’encourager à persévérer et à «l’appuyer. Enfin un homme digne qui en a dans le ventre et pas seulement. BRAVO MONSIEUR.

    Sissi zayyat

    20 h 15, le 17 septembre 2020

  • Si les barbus obtiennent gain de cause avec l'assentiment de la france s'en est finit du Liban chacun peut faire ses valises pour permettre aux iraniens de venir vivre au Liban.

    Zeidan

    19 h 58, le 17 septembre 2020

  • "Le chef de l'Etat a souligné son attachement à l'initiative française "dans toutes ses dispositions". Il doit donc refuser que le ministère des finances soit confié à un chiite et encore plus que le ministre soit nommé par le binôme Berry-Nasrallah. Sinon il ne reste plus rien de cette "initiative française ". Pire desormais, la mainmise de Amal et du Hezbollah sur les finances, est consacrée pour l'éternité! Quant à Adib, si on veut lui imposer cette formule , il doit jeter l'éponge.

    Yves Prevost

    19 h 44, le 17 septembre 2020

  • Ce que que veut le HB en fait c’est prendre le poste du PM en plus de tout ce qu’on lui accorde. Ça veut dire quoi que eux choisiront les ministres qui doivent les représenter au gouvernement? Autant dire qu’ils veulent tout absolument tous les postes et que tous les autres doivent acquiescer sinon c’est la guerre et la destruction. Ils téléguide les président de la république officieusement et maintenant ils veulent que ça soit officiellement et que personne ne s’oppose. Pour arriver à ça nous n’avons besoin d’aucun pays fort pour l’exécution, nous aurions pu le faire sans l’intervention de qui que soit. Maintenant on répète à qui veut l’entendre. JAMAIS, PLUS JAMAIS NOUS N’ACCEPTERONS QUE CE PAYS RESTE DANS LES MAINS DE GENS DÉPOURVUS DE TOUT SENTIMENT PATRIOTIQUE ET QUI SONT VENDUS À DES PAYS QUI VEULENT DÉTRUIRE NOTRE PAYS. MÊME SI LE MONDE ENTIER ACCEPTE, LES LIBANAIS SERONT LA POUR REFUSER CE RÉGIME DIABOLIQUE ET ASSASSIN.

    Sissi zayyat

    19 h 34, le 17 septembre 2020

  • Mousse, que les choses soient claires. Tout gouvernement qui contiendra au moins UN ministre nommé par au moins UN parti politique sera rejeté par la rue, au nom de la loi "kellon ya3ni kellon" du 17 octobre 2019. Pigé?

    Gros Gnon

    19 h 29, le 17 septembre 2020

  • Cher Mr Adib: On nomme des ministres qui savent quoi faire indépendament de n'importe qui et sans se retourner vers qui que soit! des sponsors. n'imorte lesquels ne doivent pas être acceptés. La moindre concession à ces fauteurs de troubles, tel ue hizballah, amal, futur, éwouèts, psps etc... tout sera perdu!!

    Wlek Sanferlou

    19 h 02, le 17 septembre 2020

  • MACRON TITI TITI MITEL MA REHTI MITEL MA JITI....HIZZI YA NAWAEM KHASRIKI EL HARIR KHA......

    Gebran Eid

    18 h 55, le 17 septembre 2020

  • Avec des tergiversations à n'en plus finir (spécialité libanaise rare, donc très chère), le monde civilisé va se lasser : adieu l'empathie, adieu les aides. Foukhkhar y kasser ba'do.

    Illico Presto

    18 h 47, le 17 septembre 2020