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Explosions de Beyrouth

Un ministre et deux hauts responsables de la sécurité convoqués

"S'il s'avérait qu'il y avait eu négligence" de la part de Michel Najjar et Tony Saliba, "ils pourraient alors devenir des suspects et être interrogés à ce titre". Abbas Ibrahim sera, lui, entendu comme témoin.

Un ministre et deux hauts responsables de la sécurité convoqués

Coucher de soleil au-dessus du port de Beyrouth, dévasté le 4 août par une double explosion. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Le juge d'instruction et procureur général près la Cour de justice, Fadi Sawan, en charge de l'enquête sur la double explosion du 4 août au port de Beyrouth, a convoqué en tant que témoins trois hauts responsables qui devront être entendus dans les prochains jours, rapportent des médias locaux et l'AFP.

Le juge Sawan a ainsi convoqué le ministre sortant des Travaux publics, Michel Najjar, le directeur de la Sécurité de l'Etat, le général Tony Saliba, et le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim. M. Najjar sera entendu jeudi, tout comme le chef de la Sécurité de l'Etat, a précisé à l'AFP une source judiciaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat. "S'il s'avérait qu'il y avait eu négligence de leur part, ils pourraient alors devenir des suspects et être interrogés à ce titre", a ajouté cette source. Lundi, c'est l'influent directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, qui sera entendu également comme témoin, d'après la même source.

De l'aveu même des autorités, la déflagration,  qui a fait au moins 192 morts, plus de 6.500 blessés et dévasté des pans entiers de Beyrouth, a été provoquée par une importante quantité de nitrate d'ammonium stockées depuis plus de six ans "sans mesures de précaution" dans un entrepôt du port. Quelque 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium avaient été initialement stockées. Mais, selon des informations relayées par certains médias citant des documents officiels, la quantité présente dans le hangar au moment de l'explosion aurait été beaucoup moins importante, notamment en raison de vols ces dernières années, facilités par l'existence d'une brèche dans l'entrepôt en question.

Les principaux dirigeants de l'Etat, en premier lieu le président Michel Aoun et le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab, avaient été avertis des dangers que représentait cette cargaison. Face à l'indignation provoquée par la tragédie du 4 août, les responsables se sont rejeté la responsabilité. Dans un communiqué après l'explosion, la Sécurité de l'Etat a rappelé avoir alerté les autorités dans un rapport détaillé, citant un chimiste, selon lequel les quantités de nitrate d'ammonium stockées pourraient, en cas d'inflammation, provoquer une énorme explosion.

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Jusque-là, Fadi Sawan a émis 25 mandats d'arrêt, entre autres contre des employés et responsables du port, dont son ancien directeur général Hassan Koraytem, le directeur général des douanes, Badri Daher, le directeur général du transport maritime et terrestre, Abdel Hafiz al-Kaïssi, et quatre officiers. Il y a aussi parmi eux trois travailleurs syriens ayant effectué des travaux de soudure, quelques heures avant l'explosion, dans l'entrepôt abritant le nitrate d'ammonium. C'est lors de ces travaux que se serait déclaré l'incendie. Lundi, le juge a interrogé quatre témoins et rejeté la demande de libération de trois personnes sous le coup d'un mandat d'arrêt mais dont les noms ne sont pas précisés.

L'affaire Naddaf
Dans le prolongement des arrestations effectuées, celle du commandant Joseph Milad Naddaf soulève de plus en plus de vagues sur les réseaux sociaux et parmi ses proches, indignés de voir l’officier sanctionné pour avoir alerté les autorités. Le commandant Naddaf est l’officier qui a transmis le rapport circonstancié à la Sécurité de l’Etat sur la dangerosité du nitrate d’aluminium stocké dans le hangar 12, précisant que l’explosion de cette quantité d’une matière qui peut être utilisée à des fins militaires "pourrait détruire Beyrouth".

À la lecture de ce rapport, le directeur général de la Sécurité de l’Etat, Tony Saliba, était entré en contact avec Khodr Taleb, le conseiller du Premier ministre Hassane Diab, qui avait décidé de se rendre en personne au port pour évaluer la situation. Toutefois, M. Diab avait changé d’avis à la veille de son déplacement et renoncé à sa visite d’inspection, s’étant fait dire que la matière stockée n’était tout simplement que des engrais chimiques. L’ancien Premier ministre a été interrogé la semaine dernière par M. Sawan à ce sujet.
Toujours est-il que la Sécurité de l’Etat avait alors décidé de transmettre le rapport du commandant Naddaf au Conseil supérieur de défense qui, 14 jours avant la catastrophe, avait décidé des dispositions à prendre pour sécuriser la présence du stock. Trop tard, hélas. Outre le commandant Naddaf, le juge Sawan a ordonné l’arrestation de trois autres officiers : Antoine Salloum (renseignements de l’armée), et Charbel Fawaz et Daoud Fayad (Sûreté générale).


Le juge d'instruction et procureur général près la Cour de justice, Fadi Sawan, en charge de l'enquête sur la double explosion du 4 août au port de Beyrouth, a convoqué en tant que témoins trois hauts responsables qui devront être entendus dans les prochains jours, rapportent des médias locaux et l'AFP.

Le juge Sawan a ainsi convoqué le ministre sortant des Travaux publics,...

commentaires (5)

ENQUTE INTERNATIONALE POUR NOMMER LE RECEPTIONNAIRE EFFECTIF DU NITRATE DONT DES TONNAGES DIVERS SE SONT RETROUVES A CHYPRE ET AILLEURS DANS LES MAINS DE HEZBOLLAHIS.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 18, le 08 septembre 2020

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Commentaires (5)

  • ENQUTE INTERNATIONALE POUR NOMMER LE RECEPTIONNAIRE EFFECTIF DU NITRATE DONT DES TONNAGES DIVERS SE SONT RETROUVES A CHYPRE ET AILLEURS DANS LES MAINS DE HEZBOLLAHIS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 18, le 08 septembre 2020

  • "... la dangerosité du nitrate d’aluminium stocké dans le hangar 12 ...", ça rime, mais ça n'est pas ça...

    Gros Gnon

    17 h 27, le 08 septembre 2020

  • "S'il s'avérait qu'il y avait eu négligence" de la part de Michel Najjar et Tony Saliba... Il y a négligence de la part de MICHEL AOUN, il l'a dit, sans scrupule, devant les caméras qu'il était au courant !

    Algebrix

    16 h 54, le 08 septembre 2020

  • Tout à fait d’accord , cessons de tourner en ronds .

    Nour Georges

    16 h 33, le 08 septembre 2020

  • Énième article pour ne rien dire l'OLJ, nous savons tous ce qu'il en est.

    Je partage mon avis

    16 h 01, le 08 septembre 2020