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Double explosion de Beyrouth

Les recherches se poursuivent pour trouver un éventuel survivant, mais l'espoir s'amenuise

L'équipe de secouristes chiliens ne peut ni confirmer ni réfuter "jusqu'à présent" la présence ou pas d'un survivant ou de dépouilles, a indiqué son chef dans la soirée.
Les recherches se poursuivent pour trouver un éventuel survivant, mais l'espoir s'amenuise

Des membres de la Défense civile libanaise déblayant un bâtiment effondré à Mar Mikhaël, le 4 septembre 2020 au soir. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Les opérations de récupération de l'éventuel survivant sous les décombres d'un bâtiment dans un des quartiers de Beyrouth dévasté par la double explosion survenue au port il y a un mois se poursuivaient vendredi soir après une longue journée de recherches, mais les espoirs de retrouver une personne vivante se sont amenuisés avec les heures.

Mercredi soir, un chien renifleur utilisé par l'équipe chilienne Topos Chile, dépêchée à Beyrouth après le drame pour retrouver d'éventuels corps ensevelis, avait permis de repérer un bâtiment effondré dans le quartier de Mar Mikhaël, à la périphérie de la rue Gemmayzé sous lequel se trouveraient des corps humains. Des scanners thermiques sophistiqués avaient capté des signaux en provenance du site, révélant l'existence d'un ou deux corps sous les décombres. Selon le mohafez de Beyrouth Marwan Abboud, ces appareils ont détecté des "battements cardiaques".

Dans la soirée de vendredi, Fernando Lermanda, le chef de Topos Chile, a indiqué, lors d'un point de presse à l'issue d'une longue journée de travail, que les quatre tests effectués la veille prouvaient une "présence de vie", ajoutant toutefois qu'il ne communiquerait plus, jusqu'à nouvel ordre, sur la question "par respect pour les proches". Il a ajouté que l'équipe ne pouvait ni confirmer ni réfuter "jusqu'à présent" la présence ou pas d'un survivant ou de dépouilles. Et de préciser que cette confirmation ne pourra être donnée que lorsque le lieu où sont supposés se trouver les disparus sera ouvert. Il a estimé que cet objectif devrait être atteint approximativement d'ici 22h, et déterminerait la suite des opérations. Vers 21h, l'équipe chilienne a brièvement arrêté de travailler pour la soirée, avant de revenir, deux heures plus tard reprendre les travaux de déblaiement avec les membres de la Défense civile libanaise.

Plus tôt dans la journée, les secouristes avaient atteint l'emplacement où était supposé se trouver l'éventuel survivant, mais sans qu'aucune trace de cette personne ne puisse y être trouvée.

"Nous avons enlevé des décombres, mais nous ne sommes pas encore parvenus à un résultat", a déclaré à l'AFP le directeur des opérations de la Défense civile, George Abou Moussa. Un ingénieur civil français, Emmanuel Durand, participant aux efforts de sauvetage a, lui, indiqué à l'AFP que les scans cartographiques en 3D effectués sur le bâtiment endommagé n'avaient jusqu'ici montré "aucun signe de vie".

L'appareil d'aspiration (en jaune, au 2ème plan). Photo Mohammad Yassine

Appareils sophistiqués
Tout au long de la journée pourtant, les opérations de recherche, menées au moyen de divers appareils de l'organisation chilienne et à la force des bras des secouristes, ont tenu le pays en haleine. A plusieurs reprises pendant la journée, les sauveteurs avaient notamment utilisé un appareil télescopique laser à l'intérieur des gravats pour déterminer ce qui se trouve à l'intérieur, après avoir demandé aux personnes assistant aux opérations d'éteindre leurs appareils électroniques. En début d'après-midi, un drone a été envoyé à l'intérieur du bâtiment effondré. Selon notre journaliste sur place Nada Merhi, un engin d'aspiration de cailloux et de poussière pour dégager les blocs de béton entravant les recherches a également été amené et utilisé sur les lieux.

Selon notre journaliste, la respiration de la personne repérée mercredi soir sous les gravats, qui était autour de 18 respirations par minute, est tombée à deux respirations par minute, ajoutant qu'on ne savait pas s'il s'agissait d'un enfant. L'annonce d'un éventuel survivant ravive l'espoir d'en retrouver d'autres, même si cela reste peu probable quatre semaines après le drame. Sept personnes sont toujours portées disparues, selon l'armée libanaise.

Dans la matinée, la présidence a fait savoir que le chef de l'Etat, Michel Aoun, suivait les opérations et qu'il avait demandé à la Défense civile de poursuivre les opérations de recherche.

Le bâtiment où ont lieu les recherches s'était partiellement effondré après la double explosion qui a détruit de nombreux quartiers de Beyrouth, faisant 191 morts et blessant plus de 6.500 personnes, selon le dernier bilan officiel communiqué jeudi par le ministère de la Santé. La déflagration a été causée par d'énormes quantités de nitrate d'ammonium stockées sans mesures de précaution depuis des années au port.

Suspension de deux heures
Jeudi soir, les opérations avaient été momentanément arrêtées sur décision des autorités libanaises, provoquant les protestations des riverains qui suivaient les opérations et qui réclamaient qu'une grue soit amenée sur les lieux. "Je suis venu à deux heures du matin", a raconté Johnny à notre journaliste sur place Nada Merhi. "L'armée nous a dit de rentrer chez nous alors qu'il y a encore un espoir de retrouver des survivants. Cela nous a beaucoup déçus. Nous avons répondu que nous étions prêts à poursuivre les recherches à mains nues", a-t-il ajouté, critiquant notamment l'armée et l'absence du chef de l'État Michel Aoun "qui n'est pas aux côtés du peuple après cette tragédie".

C'est notamment grâce à la mobilisation de Melissa Fathallah et Maroun Karam, fondateurs de Beitna Baytak et également membres de Base Camp, que la grue a été amenée et que les recherches ont pu reprendre.

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Dans la matinée, l'armée libanaise a publié un communiqué au sujet de la suspension momentanée des opérations de recherche. Elle précise que les secouristes libanais et chiliens ont suspendu les opérations à 23h30 jeudi soir "en raison du danger d'effondrement d'un mur endommagé du bâtiment, ce qui constituait une menace directe pour la vie des sauveteurs". L'armée précise avoir envoyé sur les lieux une équipe d'ingénieurs et que deux grues ont été acheminées pour écarter les dangers et assurer la poursuite des recherches qui ont repris à 1h30 du matin.

Selon plusieurs médias locaux, des engins de levage et de déblayage ont été acheminés dans la nuit sur place, notamment pour enlever le toit de l'immeuble en ruines et déblayer les remblais. Après la mise à l'écart des gros blocs, les opérations ont repris tard dans la nuit. Les secouristes chiliens ont repris leurs recherches à la main et en utilisant notamment des appareils à ultrasons et laser.


Les opérations de récupération de l'éventuel survivant sous les décombres d'un bâtiment dans un des quartiers de Beyrouth dévasté par la double explosion survenue au port il y a un mois se poursuivaient vendredi soir après une longue journée de recherches, mais les espoirs de retrouver une personne vivante se sont amenuisés avec les heures.

Mercredi soir, un chien renifleur...

commentaires (1)

C,EST TRES EMOUVANT. ON SOUHAITE BON COURAGE AUX SECOURISTES ET UNE FIN HEUREUSE ET VIE INCHALLAH AUX VICTIMES SURVIVANTES.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

09 h 41, le 04 septembre 2020

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Commentaires (1)

  • C,EST TRES EMOUVANT. ON SOUHAITE BON COURAGE AUX SECOURISTES ET UNE FIN HEUREUSE ET VIE INCHALLAH AUX VICTIMES SURVIVANTES.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 41, le 04 septembre 2020