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Polémique

"Ce que vous avez fait est grave" : quand Macron s'emporte contre un journaliste français à Beyrouth

L'Orient-Le Jour a pu obtenir confirmation que la colère du président français a été provoquée par un article de Georges Malbrunot daté du 30 août et dans lequel il évoque des sanctions françaises contre la classe politique libanaise.

Le président français, Emmanuel Macron (d), s'adressant au journaliste français Georges Malbrunot, le 1er septembre 2020 à la Résidence des Pins à Beyrouth. Capture d'écran LCI

Mardi soir, après une conférence de presse du président français Emmanuel Macron à la Résidence des Pins à Beyrouth, à l'issue d'une visite de deux jours dans un Liban meurtri, une scène inédite est filmée par les caméras, notamment dans des images exclusives de la chaîne d'information française LCI.

Dans cette séquence, c'est un président en colère qui apostrophe le journaliste français du Figaro Georges Malbrunot. "Ce que vous avez fait là, compte tenu de la sensibilité du sujet, compte tenu de ce que vous savez de l'histoire de ce pays, est irresponsable. Irresponsable pour la France, irresponsable pour les intéressés ici, et grave d'un point de vue déontologique", lance le chef de l'Etat français, entouré de ses gardes du corps, au journaliste en face de lui. "Vous m'avez entendu défendre les journalistes. Je le fais toujours, mais je vous parle avec franchise : ce que vous avez fait est grave, non professionnel, et mesquin", poursuit M. Macron.

"Surpris"
L'Orient-Le Jour a pu obtenir confirmation que l'article qui a suscité la colère du président Macron est daté du 30 août et intitulé : Macron revient au Liban, face aux chefs de clans. Dans cet article, Georges Malbrunot, spécialiste du Moyen Orient et ancien otage de l'Armée islamique en Irak, affirme que "dans une indiscrétion au Figaro à la fin de sa visite éclair, le 6 août dernier, le président français a brandi la menace d’imposer des sanctions aux leaders politiques, réfractaires aux réformes (...)".

"Je suis très surpris de la virulence de cette attaque, qui est inacceptable et à laquelle j'ai répondu. Je me suis expliqué avec l'Élysée, pour moi l'incident est clos", a commenté Georges Malbrunot interrogé l'AFP. "Ce que le président lui a reproché, c'est de ne pas avoir donné à l'Elysée la possibilité de réagir à des informations qui le mettaient en cause", a de son côté réagi l'Elysée. "Nous avons échangé avec Georges Malbrunot et le Figaro. L'incident est clos".

Pendant la conférence de presse de mardi soir, Emmanuel Macron avait déjà épinglé l'article, sans le nommer, en critiquant ceux qui "écrivent les pires bêtises sur le sujet sans vérification aucune" et en les invitant à "lui poser directement la question". Interrogé sur l'hypothèse de sanctions individuelles contre les leaders libanais, il a ensuite démenti cette hypothèse, sans écarter complètement, à plus long terme, "un mécanisme de sanctions plus large".

C'est la première fois que le président français s'emporte publiquement contre un journaliste. Emmanuel Macron s'est efforcé depuis des mois d'apaiser ses relations avec les journalistes, très tendues au début du quinquennat. A Beyrouth, interrogé sur le procès de l'attentat contre Charlie Hebdo, il a d'ailleurs répété mardi son respect pour la liberté de la presse.


Mardi soir, après une conférence de presse du président français Emmanuel Macron à la Résidence des Pins à Beyrouth, à l'issue d'une visite de deux jours dans un Liban meurtri, une scène inédite est filmée par les caméras, notamment dans des

commentaires (7)

Cette altercation sent le théâtre à plein nez. Il n'y avait pas, en effet, de quoi fouetter un chat. Macron avait bel et bien - tout le monde a pu l'entendre - évoqué la possibilité de sanctions personnelles contre les dirigeants libanais. Il a voulu corriger ses propos en limitant cette éventualité au cas de corruption avérée ou de soutien au terrorisme (ce qui, en bonne logique, devrait s'appliquer dès maintenant aux membres du Hezbollah}. Malbrunot a simplement fait les frais de cette rectification.

Yves Prevost

07 h 40, le 03 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • Cette altercation sent le théâtre à plein nez. Il n'y avait pas, en effet, de quoi fouetter un chat. Macron avait bel et bien - tout le monde a pu l'entendre - évoqué la possibilité de sanctions personnelles contre les dirigeants libanais. Il a voulu corriger ses propos en limitant cette éventualité au cas de corruption avérée ou de soutien au terrorisme (ce qui, en bonne logique, devrait s'appliquer dès maintenant aux membres du Hezbollah}. Malbrunot a simplement fait les frais de cette rectification.

    Yves Prevost

    07 h 40, le 03 septembre 2020

  • L'article qui a fait sortir le président français de ses gonds repris par le site Middle East Transparent: https://middleeasttransparent.com/fr/macron-revient-au-liban-face-aux-chefs-de-clan/?fbclid=IwAR1erF5zcZ5M77BqnIYuf6kJElGI55UxG3-95IIj8TeV6EUy58ZJqRylJcc

    Fadi Harouny

    06 h 20, le 03 septembre 2020

  • Je pense que le Président s'est énervé car le journaliste a prouvé que l'Occident connaît la situation de la richesse des responsables et qu'il ne bloque pas leurs avoirs. Pire, Macron donne un signal aux politiques; faites les réformes et on vous laissera tranquille avec le "trésor de la corruption" que vous avez amassé. C'est très moche, presque indigne des grandes puissances occidentales.

    MGMTR

    00 h 29, le 03 septembre 2020

  • Le Président Macron ne mache pas ses mots, il a l’avantage d’être franc et clair en mettant les points sur les i . Les mauvaises langues en mal d’être qui débite tout et n’importe quoi ont eu une leçon qu’ils devront garder, tourner leurs langues 7 fois dans leur bouche avant de parler, les serviront dans la vie.

    Le Point du Jour.

    22 h 47, le 02 septembre 2020

  • Ya khabar! le journaliste a vexé les divins? Paaaaas bien!

    Je partage mon avis

    20 h 17, le 02 septembre 2020

  • Ils sont de connivence. L'essentiel est que le message soit sorti, for et clair, sans que Macron ne perde la face. Ceux qui ne sont pas sages en classe seront mis en retenue (ou plutôt ce qui compte le plus pour eux, leurs "économies" "honnêtement" "gagnées" "à la sueur de leur front"...

    Gros Gnon

    19 h 05, le 02 septembre 2020

  • Oui, oui, est-ce qu’un président devrait se prêter à ce jeu ? Difficile à comprendre ces scènes de ménages, et le même Macron cette année, à l’entrée d’une église à Jérusalem, qui rappelle le même genre d’incident de Chirac avec les gardes rapprochés. Dans un monde où l’on parle trop, ça part finalement en cacahuètes, mais c’est ce que finalement les gens gardent en mémoire, en prenant tout au pied de la lettre. Rien n’est laissé au hasard, des coups de com’ se reproduiront. Quand on perd son sang-froid, c’est qu’on est mal à l’aise face aux révélations, et surtout de l'aveu de M. Macron : ""l’histoire de ce pays"". Le président français continue son périple en Irak, mais il ne croisera aucun Gilet-jaune.

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    18 h 36, le 02 septembre 2020