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Explosion de Beyrouth

Musée Sursock : le bâtiment principal n’est plus qu’une carcasse, un squelette...

La directrice, Zeina Arida, estime que le coût des dégâts s’élève à plusieurs millions de dollars.

Musée Sursock : le bâtiment principal n’est plus qu’une carcasse, un squelette...

Les vitraux de la façade principale du musée Sursock ont volé en éclats suite à la double explosion du port de Beyrouth.

Situé en plein cœur d’Achrafieh, à 800 mètres du port, le musée Sursock fait partie des nombreuses victimes de la double déflagration qui a dévasté Beyrouth mardi dernier. Pas de victimes sur les lieux, le musée ayant fermé ses portes dix minutes avant les déflagrations. Il n’y avait ni visiteurs ni membres du personnel. Dans les bureaux, la directrice, Zeina Arida Bassil, Elsa Hokayem, Marie Nour, Malek sont sortis indemnes par miracle. Dans le café, sur le parvis du musée, une femme et sa fille ont été blessées. Sur le plan matériel, les dégâts sont lourds.

Les dégâts dans le « Salon arabe » du musée Sursock.

« Le bâtiment principal, fait de pierres, est aujourd’hui une carcasse, un squelette. Tout le reste a explosé, les verres, les vitraux, le métal, les cages d’escalier, toutes les portes du rez-de-chaussée jusqu’au 3e étage, les portes anti-feu… », rapporte Zeina Arida. Outre les éléments de l’infrastructure qui ont été soufflés lors de l’explosion, de nombreuses œuvres n’ont pas été épargnées. « Beaucoup de toiles ont été endommagées. Au 1er étage, l’exposition des pastels de Georges Corm comporte plusieurs tableaux abîmés. Au 2e étage, la collection permanente a été un peu moins touchée. Le problème c’est qu’elle comporte quelques œuvres n’appartenant pas au musée. Il y a des prêts issus de collections privées, mais ce ne sont pas les œuvres les plus touchées », explique la directrice du plus prestigieux musée d’art moderne de Beyrouth. Au total, elle a déjà pu constater au moins une vingtaine d’œuvres abîmées, dont le fameux portrait de Nicolas Ibrahim Sursock réalisé par l’artiste hollandais Kees van Dongen en 1930. Avec une perte totale : la destruction complète d’une céramique de Simone Fattal.Dans la majeure partie des cas, ce sont les éclats de verre et de vitraux qui ont provoqué la détérioration des toiles. « On n’a plus de toit au deuxième étage, il y a des murs entiers qui sont tombés, l’éclairage est décroché. Les œuvres endommagées l’ont été souvent par des éclats de verre », déplore Mme Arida. Mais les dégâts auraient pu être pires, sans l’utilisation d’un système d’accrochage particulier qui a empêché les toiles de se décrocher des murs sur lesquels ils étaient fixés, comme l’explique Zeina Arida : « Grâce à notre système d’accrochage sécurisé spécial, qui implique la nécessité d’utiliser une clef pour décrocher une œuvre, la plupart des tableaux ne sont pas tombés des murs. »

Au 1er étage, l’exposition des pastels de Georges Corm comporte plusieurs tableaux abîmés. Photo Rowina Bouharb

Plusieurs millions de dollars

Si Zeina Arida considère que les œuvres abîmées sont restaurables, quoiqu’elle dise n’avoir pas encore pu faire les constats d’état, le travail n’en sera pas moins immense : « Les dégâts s’évaluent à plusieurs millions de dollars », lance-t-elle. Comble d’ironie, le musée sortait à peine d’un chantier au cours duquel il s’était fait peau neuve. Le bâtiment, initialement construit en 1912 pour être la résidence privée de Nicolas Ibrahim Sursock, venait en effet d’être restauré en 2015 pour la modique somme de 16 millions de dollars… Or la question que tout Libanais se pose est la suivante : comment se procure-t-on de pareilles sommes dans un pays où les banques n’autorisent pas les déposants à avoir accès à leur argent et où les dollars se sont évaporés ?

Au 2e étage, la collection permanente a été un peu moins touchée malgré les dégâts tout autour. Photos Rowina Bouharb

« On fait appel à la solidarité internationale, qui a déjà d’ailleurs commencé à se manifester par divers moyens. J’ai déjà été contactée par exemple par le Centre Georges Pompidou à Paris, par une attachée de la British Library, par l’ambassade des États-Unis, et par de nombreuses autres institutions à travers le monde… La communauté internationale des musées s’est énormément manifestée. Localement aussi, on parle entre musées libanais, on est en contact avec les associations, avec la Direction générale des antiquités... », souligne la directrice. Cette dernière avance par ailleurs que des réunions entre musées vont bientôt voir le jour « pour évaluer ensemble les dégâts et faire appel à des financements supplémentaires ». Le financement, comme l’on aurait pu s’en douter, ne viendra probablement pas du gouvernement, ni du ministère de la Culture, qui n’a toujours pas contacté le musée Sursock pour s’enquérir de son état suite à la catastrophe...


Situé en plein cœur d’Achrafieh, à 800 mètres du port, le musée Sursock fait partie des nombreuses victimes de la double déflagration qui a dévasté Beyrouth mardi dernier. Pas de victimes sur les lieux, le musée ayant fermé ses portes dix minutes avant les déflagrations. Il n’y avait ni visiteurs ni membres du personnel. Dans les bureaux, la directrice, Zeina Arida Bassil, Elsa...

commentaires (1)

Cet illustre musée sera le symbole Phœnix de Beyrouth, ville de la culture, car il renaîtra ainsi que Beyrouth de leurs cendres et leurs malheurs grâce à tout un libanais de partout de cette patrie de l'extrême nord à l'extrême sud de la barrière avec la Syrie jusqu'aux portes de la Méditerranée!!!

Wlek Sanferlou

18 h 41, le 08 août 2020

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Commentaires (1)

  • Cet illustre musée sera le symbole Phœnix de Beyrouth, ville de la culture, car il renaîtra ainsi que Beyrouth de leurs cendres et leurs malheurs grâce à tout un libanais de partout de cette patrie de l'extrême nord à l'extrême sud de la barrière avec la Syrie jusqu'aux portes de la Méditerranée!!!

    Wlek Sanferlou

    18 h 41, le 08 août 2020