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Politique - Crise des réfugiés

Nouveau rapport sur le retour en Syrie : le grand obstacle est d’ordre sécuritaire

Pour la première fois depuis le début de la crise, les déplacés s’expriment sur les conditions de leur retour.

Nouveau rapport sur le retour en Syrie : le grand obstacle est d’ordre sécuritaire

Neuf ans après le début du conflit en Syrie, les réfugiés ne font plus confiance à la communauté internationale ou encore aux institutions internationales.

Parallèlement à l’adoption, le 14 juillet, par le gouvernement de son plan provisoire consacré au retour des réfugiés syriens dans leur pays et préconisant une collaboration avec l’État syrien, l’Association syrienne pour la dignité du citoyen (SACD) a publié le 21 juillet un rapport sur les conditions de ce retour, élaboré à partir du point de vue des principaux concernés, les réfugiés syriens eux-mêmes. Selon ce document, intitulé « Nous sommes la Syrie », la condition principale serait liée à des impératifs d’ordre sécuritaire. Un autre obstacle qui entraverait le retour massif des réfugiés serait l’absence d’un processus de réconciliation et de paix civile à l’intérieur de la Syrie.

Le rapport de la SACD se base sur un sondage effectué auprès de 1 100 individus parmi les réfugiés, soit à l’intérieur même de leur pays, dans des régions où ils ont été déplacés, soit dans les pays d’accueil suivants : la Turquie, le Liban, la Jordanie, l’Égypte, la Suède, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France. Réalisé via des entretiens personnels avec les réfugiés, le sondage a eu lieu entre les années 2011 et 2019.

« C’est la première fois depuis le début de la crise des réfugiés que la parole est donnée aux réfugiés eux-mêmes pour exprimer leurs inquiétudes quant à un retour dans leur pays », précise Haya el-Atassi, responsable du département des relations médias au sein de l’association. Selon elle, le retour des réfugiés syriens dans leur pays ne saurait être décidé sans que les premiers concernés ne soient impliqués dans le débat autour de la question. Pour la SACD, ce rapport devrait servir de base à toute solution envisagée pour résoudre la crise des populations syriennes qui se sont vues contraintes de se déplacer soit dans leur propre pays soit en dehors des frontières nationales pour fuir les hostilités en cours sur leur territoire.

Selon le rapport intitulé « Nous sommes la Syrie », la condition principale à un retour serait liée à des impératifs d’ordre sécuritaire (Photos Dr)

La dissolution des appareils sécuritaires

Selon les résultats du sondage, les raisons sécuritaires constituent 86 % des motifs ayant poussé les Syriens à trouver refuge dans des pays voisins alors que les mauvaises conditions de vie sociales et économiques ne constituent que 38 % et 33 % des raisons de leur déplacement. « Ces chiffres viennent confirmer que l’obstacle principal au retour des réfugiés restera toujours d’ordre juridique et sécuritaire », souligne Mme Atassi. Le rapport, qui reproduit les témoignages de réfugiés, cite entre autres Amina, âgée de 29 ans et originaire de Damas : « J’ai payé la somme de 1 800 dollars pour quitter le pays avec mon mari notamment parce que nous avions peur qu’il ne soit arrêté », raconte-t-elle.

Ceux qui ont participé au sondage ont classé les obstacles à leur retour par ordre d’importance. Le pouvoir absolu des appareils sécuritaires occupe la première place (73 %). Les conditions politiques (67 %), le sort des détenus (64 %) et la situation sécuritaire en général (63 %) figurent également parmi les cinq obstacles les plus importants aux yeux des réfugiés syriens. La situation économique dans le pays arrive à la cinquième place (58 %). Concernant la situation dans le pays, 83 % des personnes ayant participé au sondage réclament la dissolution des appareils sécuritaires.

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Derrière le plan pour le retour des réfugiés, une tentative de normalisation ?

En outre, le rapport montre que neuf ans après le début du conflit en Syrie, les Syriens ne font plus confiance à la communauté internationale ou encore aux institutions internationales. Selon les chiffres publiés, plus de 80 % des réfugiés interviewés affirment ainsi que la chute du régime Assad et de toutes ses ramifications est une condition première à une solution politique dans le pays et, par conséquent, à leur retour. En revanche, 12 % des participants estiment que la chute du président Bachar el-Assad est suffisante pour instaurer la paix dans le pays.

Commentant le plan du gouvernement libanais et son intention de coordonner avec l’État syrien pour assurer le retour des réfugiés, Mme Atassi estime qu’il s’agit d’un plan « pour le rapatriement forcé de ces derniers et non pas pour leur retour volontaire et sûr dans leur pays ». Le plan adopté par le cabinet prévoit notamment un retour échelonné des réfugiés syriens.

« Tant qu’un tri démographique est réalisé par le biais du décret 10 (sur l’expropriation, qui permet au gouvernement de Damas de saisir des propriétés privées pour les besoins de projets immobiliers, en échange d’actions dans ces programmes, et accorde aux propriétaires un délai de 30 jours pour prouver leur droit de propriété à partir du lancement officiel du projet urbain) qui donne à tous les déplacés syriens un délai très serré pour réclamer leurs biens ; tant que le service militaire obligatoire est imposé aux hommes de 17 à 24 ans, mais également aux plus âgés, cela veut dire que le régime syrien refuse et entrave le retour de ses citoyens dans leur pays », explique Mme Atassi. Et de conclure : « En élaborant un plan pour le retour des réfugiés, il faut toujours garder en tête que le régime qui a été la raison pour laquelle les citoyens ont fui leur terre ne pourra jamais présenter des garanties sûres à leur retour. »


Parallèlement à l’adoption, le 14 juillet, par le gouvernement de son plan provisoire consacré au retour des réfugiés syriens dans leur pays et préconisant une collaboration avec l’État syrien, l’Association syrienne pour la dignité du citoyen (SACD) a publié le 21 juillet un rapport sur les conditions de ce retour, élaboré à partir du point de vue des principaux concernés,...

commentaires (3)

LAISSONS A CE FAMEUX BUREAU DE COORDINATION LIBANO SYRIEN LE SOIN DE TROUVER LA SOLUTION A CE PROBLEME. APRES TOUT LE SIEUR KHOURY RESPONSABLE DE CE BUREAU DEVANT L'ETERNEL EN A MARRE DE NE RIEN FOUTRE !

Gaby SIOUFI

15 h 28, le 29 juillet 2020

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Commentaires (3)

  • LAISSONS A CE FAMEUX BUREAU DE COORDINATION LIBANO SYRIEN LE SOIN DE TROUVER LA SOLUTION A CE PROBLEME. APRES TOUT LE SIEUR KHOURY RESPONSABLE DE CE BUREAU DEVANT L'ETERNEL EN A MARRE DE NE RIEN FOUTRE !

    Gaby SIOUFI

    15 h 28, le 29 juillet 2020

  • Ils rentreront le jour ou la Syrie aura choisi un vrai président. Donc d’un côté le 8 Mars veut de débarrasser des réfugiés au plus vite, de l’autre ils contribuent tant qu’ils peuvent à ce qui empêche ce retour, à savoir le maintien du régime odieux à Damas. Je me demande si le peu de supporters orange qui restent comprennent cela ou bien ils attendent la parole divine sans chercher à comprendre.

    Liban Libre

    13 h 52, le 29 juillet 2020

  • Comme on les comprend.

    Je partage mon avis

    08 h 19, le 29 juillet 2020

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