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Nos Lecteurs ont la Parole

Nos prières sincères ne seraient-elles que des espoirs menteurs ?

Entre le Liban et d’autres pays ravagés par des gouverneurs assoiffés de gloire et dépourvus de toute compassion, quelles différences ? Entre notre démocratie et leurs régimes autoritaires ou leurs républiques fédérales, deux points communs : corruption et destruction fatales. Comment espérer ? À qui prier ? Tout semble perdu, ruiné...

Nous souhaitons qu’un miracle soit sur le point de se réaliser, oui. Mais quel en serait le prix ? Le sang de nos martyrs n’a toujours pas séché, mais les roses qui couvrent leurs tombeaux ont déjà fané...

Pourtant, nous sourions, nous nous disons que nous ne sommes pas seuls. Que la bataille entre le bien et le mal se déroule dans notre pays, sur ses terres sacrées dominées par des dirigeants qui ont trahi leurs partisans, notre peuple et nos enfants. Ils se serrent les mains ostensiblement, ces audacieux... Ils supposent que la délivrance du peuple ne parviendrait que des cieux. Ils se moquent du karma ou du bon Dieu. Ils ont peut-être raison...

C’est notre peuple qui vend à ses confrères des aliments périmés. Ce sont nos propriétaires de générateurs qui ne nous procurent plus d’électricité. Ce sont nos rues qui se manifestent brutalement contre d’autres. Ce sont nos employeurs qui renvoient cruellement des centaines de travailleurs. Ce sont nos proches qui échangent des dollars au marché noir.

Pourquoi espérons-nous ?

Nous sommes démunis mais nous cassons nos tirelires afin d’aider les autres. Nos établissements scolaires les plus raffinés risquent de faire faillite mais consultent leurs étudiants avant de prendre toute décision. Nos experts économiques les plus réputés admettent que le Liban est une cause perdue, mais que c’est notre cause perdue. Nous sommes prêts à sauver ce Phénix coincé sous le poids d’un mauvais sort.

Sortons donc de nos maisons. Soyons l’espoir qui campe à la place des Martyrs et qui remplit cœurs et rues. Encourageons ces artistes qui décorent nos murs et nos pensées. Réalisons les vœux de Gibran, de Samir et de May Ziadeh. Félicitons ces ex-partisans qui ont finalement décider de choisir le Liban. Répétons tous ensemble cette prière :

« Aujourd’hui, je te choisis,

Je fais un pas pour ma patrie,

Pour mon pays délaissé par les grands,

Et qui fait pleurer vieux et adolescents.

Je vous en supplie, partez-en. Au nom des jeunes et de leurs parents

Gardez vos maudites pièces en argent.Vous avez condamné toute une nation,

Certains ne désirent que prendre l’avion.

Mais mon Liban et son soleil,

Ses montagnes et sa mer

C’est mon petit paradis sur terre

Partez donc, nous vous pardonnons,

Prenez avec vous vos ignorants, l’exil est plus doux que le parcours du combattant, Mais nous reconstruirons notre Liban. »

Nous sommes à bout de souffle.

Mais nous persévérons encore.

Serait-ce un espoir menteur ? Peu importe. L’espoir est là. Ce n’est certainement pas vous. L’espoir, c’est nous.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Entre le Liban et d’autres pays ravagés par des gouverneurs assoiffés de gloire et dépourvus de toute compassion, quelles différences ? Entre notre démocratie et leurs régimes autoritaires ou leurs républiques fédérales, deux points communs : corruption et destruction fatales. Comment espérer ? À qui prier ? Tout semble perdu, ruiné...

Nous souhaitons qu’un miracle...

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